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[Sortir à Bordeaux] Le Musée rêvé, une semaine autour d’Alexandre Lenoir

7 fév

Oyez oyez, Bordelaises, Bordelais. Un autre rapide article pour vous inciter à  aller voir une exposition organisée par l’association Campus Dynamique, Le Musée Rêvé – Une semaine autour d’Alexandre Lenoir

Cette exposition est organisée dans le cadre du programme Art & Fac 2012. Depuis 2008, Art&Fac est un projet des étudiants du Master Régie des Œuvres et Médiation de l’Architecture et du Patrimoine de ma vénérable université, Bordeaux 3. Cette année, dans le cadre d’une célébration nationale faite l’année dernière sur la figure d’Alexandre Lenoir, premier conservateur du Musée des Monuments de France (l’actuelle Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris), Art&Fac s’attache à faire découvrir qui est ce mystérieux monsieur Lenoir. Cet homme a crée un catalogue du Musée, où sont présentés les oeuvres de l’institution. C’est véritablement un précurseur dans le domaine de la mise en scène des oeuvres dans un musée et un homme passionné, mais controversé dans sa volonté de fabriquer une histoire nationale grâce à des objets sauvées de la Révolution. Un homme qui a également inspiré de nombreux musées de Province de part son travail. L’exposition veut apporter un éclairage sur toutes les facettes de cet homme que, je vous avoue, je ne connaissais pas avant d’avoir entendu parler de cette exposition.

Bref, un gros travail a été fait pour cette exposition, avec de nombreuses pièces exposées, de nombreuses conférences et ateliers. Un programme assez varié. On ne peut que saluer la volonté des organisateurs de proposer un programme qui essaie de plaire au plus grand nombre. Je vous renvoie au programme officiel que vous pouvez trouver ici. Pour ma part, ne pouvant aller au vernissage de ce soir, j’irai sûrement y faire un tour jeudi.

L’exposition est ouverte jusqu’à dimanche (le 12 donc), de 10 heures à 19 heures, avec possibilité de visites guidées (10 heures/12 heures 14 heures/18 heures, départ toutes les trente minutes). Elle est au marché de Lerme, très bien restauré il y a peur, près des vestiges du Palais-Gallien. Certes, il n’y a pas de tramway à proximité, mais des bus. Et sinon, vous pouvez y aller en vélo ou à pied ! Même s’il fait froid, ça fait du bien ! (Encore plus de détails sur comment aller au marché de Lerme sur cette page.)

Bonne visite !

Mise à jour rapide : les travaux du tramway de Bordeaux

20 déc

En attendant la publication d’un article plus complet sur un sujet vidéoludique (mais pas un “Et pour quelques bits de moins”), un très court article pour vous annoncer quelques modifications mineures sur la page spéciale Tramway du blog, à savoir :

- La mise à jour des informations sur la ligne D, avec en prime les noms provisoires des futures stations

- Le lien vers le nouveau site spécial de la CUB sur les travaux du Tramway. Bien plus clair, il y a pas mal de ressources intéressantes dessus, dont les documents d’études pour les travaux qui ne vont pas tarder à commencer. Il ne manque plus qu’un flux RSS et ce sera parfait.

Pour toute autre question, vous n’hésitez pas à laisser un commentaire, je me ferais un plaisir de vous répondre !

Bordeaux, au temps du projet du VAL…

1 nov

 

 

 

 

Attention, cette note n’est pas là pour jeter de l’huile sur le feu, ni à dire que de toute façon, le VAL c’est trop de la merde etc. Bien qu’étant pro-tram, il est très agréable d’avoir un débat intéressant, avec des idées, avec un pro-métro. Non parce qu’en ce moment, dans Sud-Ouest par exemple, c’est un peu la chasse au “le Tram fut une grosse erreur” et tout ça… Bref, je vous conseille notamment d’aller vers ce forum, où des internautes avec pas mal de bonnes idées et de bons arguments font des propositions de métro (notamment le membre MiKL-One). Vous voyez, même les pro-tram sont ouverts à la discussion !

Non, ce rapide article est là pour vous parler justement du projet que la CUB a longuement débattu, jusqu’en 1994, pour ensuite se tourner vers la solution tram. Avec quelques images à l’appui, je m’en vais vous conter les tenants et aboutissants d’un des derniers grands projets de la municipalité Chaban. Pour enore plus d’infos, je vous conseille de lire les ouvrages que j’ai utilisé pour réaliser cet article : l’Histoire des tramways, omnibus, trolleybus et autobus à Bordeaux, d’Hervé L’HOST, Guy TRECOLLE et Richard VERGER aux éditions du Cabri et Voyages dans Bordeaux, créé par l’association Trans’CUB.

Tout d’abord, il faut remonter en 1958, date de la disparition du dernier tramway. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’ancien tramway n’avait vraiment rien de commun avec l’actuel, celui-ci était vraiment vétuste et inconfortable. Néanmoins, en le modernisant et en mettant de l’argent en plus dans sa conservation, cet ancien réseau de tramway pourrait toujours être en service aujourd’hui, du moins sur quelques sections. Pour vous donner une petite idée de l’étendue du réseau, voici une petite image :

Plan, en 1940, des Tramways Electriques et Omnibus de Bordeaux, issu de l'Histoire des Tramways et omnibus à Bordeaux.

En effet, un réseau de tramways très étendu, mais vétuste. Et ce réseau fut emporté par l’arrivée massive des autobus à Bordeaux, qui étaient véritablement un symbole de la modernité. En 1958, les derniers tramways sont retirés de la circulation et roulez jeunesse ! La nouvelle CGFTE (qui remplace l’ancienne compagnie TEOB) exploite alors un grand réseau de bus, tout droit hérité de l’ancien tramway. Mais bien évidemment, l’arrivée massive des voitures particulières, les préoccupations environnementales, la saturation excessive des réseaux routiers… et voici une CUB asphyxiée dans les années 1980. Un ordre d’idée : en centre ville, à cette époque, la moyenne de vitesse d’un autobus est de… 8 km/h. Pour donner un peu d’air, il faut un projet conséquent de TCSP. En 1986, le maire de Bordeaux (notre bon vieux Chaban) propose un VAL pour décongestionner tout cela, tout en laissant la place en surface à l’automobile. A contrepied de ce qui s’était fait à Nantes et à Grenoble.

Le principe du VAL est voté à la mairie de Bordeaux, mais aussi à la CUB et c’est en 1987 que le premier tracé est dévoilé : Deux lignes, l’une Gare Saint Jean – Sainte Catherine – Comédie – Quinconces – Les Aubiers et l’autre Quinconces – Gambetta – Mériadeck – Tripode. La facture prévisionnelle de cette première phase est de 3,6 milliards de francs de l’époque et la mise en service en 1996. D’autres phases auraient envoyé le métro au campus, à l’aéroport, au parc des Expos et à Lormont. Mais cela bien plus tard…

Si la CUB se lance à corps perdu dans le projet VAL, consulte Matra (créateur du VAL) et lance la revue “Flash Métro”, les opposants au projet commencent eux-aussi à se lever contre ce projet, au rang desquelles on peut notamment mentionner Trans’CUB, qui va fortement militer contre ce projet, préconisant plutôt un métro léger (un tramway en fait, mais le mot était encore fortement négatif dans la tête des Bordelais pour l’employer. C’est en 1991 que des avancés dans le projet VAL se font sentir : faute d’argent, on va réduire les projets de lignes mais on va enfin desservir la rive droite. Une ligne pour faire Quinconces – Gare Saint Jean (avec prolongement futur à Ravezies) et une autre Galin – Mériadeck (puis le Tripode plus tard). Une autre ligne en projet compte envoyer le métro à Pessac-Centre. Cependant, comme le trajet fait une traversée de la Garonne, on augmente le tarif à… 5,9 millards de Francs de l’époque. Mise en service prévue en 2000.

Un joli dessin pour tout bien expliqué, que l'on doit encore une fois aux auteurs de l'Histoire des Tramways et omnibus à Bordeaux.

De plus, en cette année 1991, l’on va désigner à la CUB le concessionnaire de ce beau réseau métro ! Matra, la CGFTE et quelques banques sont désignés pour exploiter et gérer le futur réseau. Dans le même temps, une exposition allées de Tourny va vanter les mérites de ce future et beau métro que l’on attend tellement… Si ce n’est que jusqu’en 1994, les associations, Trans’CUB en tête, et la CUB vont jouer au chat et à la souris au tribunal administratif, les opposants faisant annuler les décisions prises en conseil de CUB. Et en 1994, patatras, la déclaration d’utilité publique est annulée et la CUB jette l’éponge. C’est la fin définitive du projet VAL à Bordeaux. Quelques mois plus tard, Alain Juppé gagne les élections municipales et va lancer un projet de tramway… La suite, vous la connaissez…

Le plan du tram, tel que publié dans le premier numéro du journal d'information du tram "1,2,Tram !" de 2000

Enfin voilà, encore une fois, je vous engage à vous documenter sur ce sujet, aux Archives ou à la Bibliothèque, en espérant que ce petit article vous ait plu ! Je vous ai mis juste à la fin de cet article deux liens vers deux vidéos du site de l’INA, sur le métro de Bordeaux !

http://www.ina.fr/economie-et-societe/environnement-et-urbanisme/video/RBC06068054/val-futur-metro-a-bordeaux.fr.html

http://www.ina.fr/economie-et-societe/environnement-et-urbanisme/video/BXC86100306/gironde-le-futur-metro-de-bordeaux.fr.html

 

P.S. : Dernière chose… Je laisse ici une étude amateur faite par le fameux MiKL-One, dont j’ai parlé au début. Etude sur la faisabilité d’un métro à Bordeaux. Très très intéressant et vraiment bien écrit ! les-transports-en-commun-de-la-communaute-urbaine-de-bordeaux

[Bordeaux] Présentation du nouveau Grand Stade

18 juil

Petit intermède bordelais, au milieu de la série estivale Et pour quelques bits de moins… En effet, aujourd’hui a eu lieu à Bordeaux la désignation du projet lauréat du futur Grand Stade, qui est l’un projets les plus importants des prochaines années dans l’agglomération girondine. Cet article va être construit de manière à ce que les non-bordelais et les non-fans de football y trouvent également leur compte.

Revenons un peu en arrière, plus précisément le 29 mai 2010. L’UEFA, l’organisation qui réglemente le football en Europe, doit rendre une décision importante : quel pays va organiser le championnat d’Europe en 2016 ? Trois pays sont en lice : l’Italie, la Turquie et la France. L’Italie est éliminée au premier tour, et finalement c’est la France qui remporte l’organisation de l’évènement, après la Coupe du Monde de foot en 1998 et la Coupe du Monde de rugby en 2007. A travers la France, plusieurs villes sont sélectionnées : Paris, St-Denis, Lyon, Marseille, Lille, Lens, Toulouse, Saint-Etienne, Nancy, Nice… et donc Bordeaux.

A Bordeaux, on se creuse la tête. Le stade municipal ne peut pas accueillir de nouveaux matchs. Le stade Chaban-Delmas, ex-Parc Lescure, commence à se faire très vieux. Il a été inauguré en 1938 pour la structure actuelle, dans un style Art-Déco et accueille depuis son ouverture le club de foot des Girondins de Bordeaux. Il a accueilli des matchs de deux Coupes du Monde de foot, d’une Coupe du Monde de rugby et pendant de très nombreuses années, une demi-finale annuelle du Top 14. Mais le stade n’est plus reconnu par l’UEFA, la LNR n’organise plus de demi-finale et il commence à tomber en lambeaux, des blocs de bétons s’étant déjà détachés de la toiture. Malgré tout, il est en plein centre-ville, desservi par le tramway et beaucoup de supporters l’aiment bien…

Vue panoramique de l'intérieur de Lescure, un jour d'affluence. Crédit photo : TaraO pour Wikipédia

A la fin de l’année sportive 2009/10, Bordeaux est en liesse car les Girondins gagnent le championnat de France (Si, si, à cette époque, on avait une bonne équipe à Bordeaux ! ;-) ) et dans la joie qui s’ensuit, le président du club, Jean-Louis Triaud, et l’actionnaire principal, à savoir M6, annoncent que si le projet de Grand stade évolue, ils sont prêts à mettre de l’argent sur la table. Bon, dire que ça a été simple est faux, car le feuilleton “Financement du Grand Stade” a tenu en haleine pendant de nombreux mois les Bordelais. En effet, comment trouver 160 millions d’euros pour une ville et une agglomération qui a déjà sur le feu l’Arena, deux ponts routiers, une refonte de la Gare et de son quartier, la LGV Tours-Bordeaux, les extensions du tramway… entre autres ? Ajoutez à cela que le conseil général de la Gironde ne souhaite pas payer pour cette nouvelle dépense, et l’on a bien cru que le grand Stade ne verrait jamais le jour.

Finalement, aujourd’hui, le projet a été dévoilé et le financement a été bouclé. Sur deux modèles : un partenariat Public/Privé (comme la LGV Tours-Bordeaux), où un groupe de BTP se charge de la construction du stade et la ville verse un loyer, et le naming : une entreprise va verser de l’argent chaque année pour sponsoriser le stade. C’est un peu triste mais ce n’est que mon avis !

Trois cabinets d’architectes, associés à trois groupes de construction, ont rendu leurs projets : Il s’agit du groupe Eiffage avec des architectes locaux, Luc Arsène-Henry et Alain Triaud, qui ont construit la tour de contrôle de l’aéroport de Mérignac, le cinéma Mégarama ou le nouveau siège de Sud-Ouest, Bouygues et le cabinet Denis Valode et Jean Pistre responsables déjà du CAPC et du Technocentre de Renault, et enfin le groupe Vinci et les architectes Herzog et de Meuron, à qui l’on doit notamment l’Allianz Arena de Munich, la Tate Modern de Londres ou le “Nid d’oiseau” à Pékin. Et c’est ce dernier projet qui a remporté le concours avec un projet… original.

Vue projeté du futur grand Stade, trouvée sur le site du journal Sud-Ouest

Original, c’est le mot. En effet, ce stade ne ressemble pas aux stade que l’on a pu voir jusqu’alors. C’est vrai qu’on reconnait la patte du cabinet d’architectures, habitués aux stades sortant de l’ordinaire. Par exemple, le magnifique Nid d’oiseau de Pékin montre que l’on pouvait faire des stades différents et néanmoins beaux. Il va pouvoir contenir jusqu’à 43 500 places et serait totalement aux normes de l’UEFA. Il va se situer dans le quartier du Lac, en pleine reconstruction. Grosso modo, il va se situer juste à côté du Parc des Expositions. Il sera donc un peu excentré du centre ville, mais sera au pied du pont d’Aquitaine et près de la Rocade.

Tout autour, il y aura de la verdure car le projet se veut écologique et en symbiose avec les préceptes du développement durable. Le Lac comprend déjà un projet d’énorme implantation de panneaux solaires, au dessus du parking du Parc des Expositions, et la construction, actuellement, d’un “éco-quartier”, nommé Ginko. L’environnement du stade, outre le Parc des Expos, est composé de bureaux, du Lac de Bordeaux et du centre commercial du Lac, dont le Auchan est classé par le magazine Linéaires 20ème plus gros hypermarché de France.

Voici la vidéo remise par Vinci au comité de sélection du Grand Stade, et révélée aujourd’hui.

Côté transports, la connexion avec le tramway sera assurée. En effet, la station “Parc des Expositions”, futur terminus de la ligne C, sera juste à côté su grand Stade. Ce qui va poser problème, c’est la connexion routière. Au vu de l’affluence attendue, surtout pour l’Euro 2016, les rues existantes ne seront pas forcément suffisantes pour écouler le trafic de la rocade au Grande Stade.

Ce qui pose surtout question, c’est l’avenir du parc Lescure. Beaucoup pensent qu’il est trop vétuste, et n’étant pas un grand utilisateur du stade, je ne peux pas dire. Mais c’est un exemple typique du style Art-Déco à Bordeaux et il continent certaines pièces très intéressantes. D’autre part, c’est l’un des plus vieux stades de France et je suis farouchement contre l’idée émise par certains de le détruire. Ce serait une grande erreur en termes d’histoire de la ville. L’idée de faire le nouveau stade de rugby ne marche pas car l’équipe est celle de Bègles-Bordeaux et pour l’instant, Bègles veut garder l’équipe dans son stade André-Moga. Alors, que faire de Lescure ? Déjà, le classer aux Monuments historiques me paraît une idée intéressante. Ensuite ? Et bien… il faut réfléchir.

Voilà mes premières impressions sur ce futur stade. Je ne vais pas rentrer dans le débat “fallait-il un stade ou non” car ce débat est maintenant tranché. Maintenant, à vous de vous forger une opinion ! Je vous renvoie vers le page dédiée sur le site de la ville de Bordeaux, l’un des nombreux articles du journal Sud-Ouest (n’hésitez pas à retourner souvent sur le site du journal) et cet excellent article du site Chez les Girondins, extrêmement fourni, précis et complet, pour tout comprendre sur le financement et les à-côtés du Grand Stade.

A très bientôt,
Antoine

[Réseau TBC] Mon beau bateau, qui navigue sur l’eau…

18 mai

Il y a fort, fort longtemps, depuis, au moins, avant l’arrivée du tramway à Bordeaux, quand la TBC s’appelait encore la CGFTE, l’entreprise avait lancé une ligne de transport bien particulière, appelée le Bus du Fleuve. Cette ligne était composée de bateaux qui faisait un trajet régulier sur la Garonne. La ligne faisait le trajet entre le ponton de Bordeaux-Richelieu (en face de la porte Cailhau) et le ponton Lormont-Aristide Briand (en face de la place du même nom, au pied des piles du pont d’Aquitaine). J’ai réussi à retrouver en pdf les plans aux arrêts du bus du fleuve : PLAN_BUS_DU_FLEUVE_HIVER.

Cependant, quelques temps après l’arrivée du tramway, le Bus du fleuve a été arrêté. D’une part parce que ça coûtait trop cher, au vu des fréquences en dents de scie du service. De plus, lors de l’inauguration du tramway, il y a eu le fameux double effet Tramway : tout le monde se rue dans le nouveau tramway, si beau, si fort, si propre et délaisse les autres moyens de transport en commun. Le Bus du fleuve a donc coulé (sans mauvais jeu de mots) et ce fut la fin des liaisons fluviales dans Bordeaux.

Or, à la fin de l’année dernière, la CUB a annoncé le retour du Bus du Fleuve, dans une configuration néanmoins différente.

Plan fourni par la CUB lors de la présentation du projet "Navettes fluviales"

Du transport en commun fluvial, ça existe en France. Nantes avec ses Navibus et Paris avec son Voguéo (enfin mauvais exemple, Voguéo va s’arrêter en juin, sur fond de tractations entre le préfet, la région et le Stif…). Bordeaux veut donc se doter de trois lignes, que l’on peut séparer en deux groupes.

Dans ce premier groupe, on peut place deux liaisons qui seront mis en place aux heures de pointe, du lundi au vendredi, de 7h à 10h et de 16h à 19h. Des trajets rapides qui ont pour ambition de fluidifier le trafic et aussi de désengorger le tramway. La premier reliera le ponton Lormont-Aristide Briand au ponton Claveau, qui sera mis en correspondance avec le tram B. La deuxième, contrairement à ce que montre l’image ci-dessus, relira la place Stalingrad (correspondance tram A) et le ponton Jean-Jaurès (correspondance tram C à peu près). Le ponton original devant se trouver place des Quinconces, mais Alain Juppé a refusé cet emplacement, arguant du fait que cela allait gêner la halte des paquebots de croisières.

Dans le deuxième groupe, on trouve la ligne de “cabotinage”, qui elle va tourner du lundi au dimanche, de 10h à 16h, avec un départ tous les 45 minutes. La ligne aura le trajet suivant : Lormont <-> Stalingrad via Claveau, les Hangars et Jean-Jaurès. On est ici dans une ligne de plaisance, qui va permettre de visiter Bordeaux d’un point de vue original et agréable, pour peu que le temps soit de la partie.

C’est bien joli tout ça, mais… pour l’usager, ça va coûter combien ? Et bien, à priori (je dis bien à priori), les navettes seraient intégrées dans la grille tarifaire TBC. En clair, vous pourrez, avec votre tickarte que vous utilisez en tram et bus, prendre la navette sans surplus. Et si vous êtes abonnés, vous pouvez utiliser votre abonnement sans surcoût. Si cela se confirme, ce serait très bien.

En tout cas, l’appel d’offre est lancé pour les bateaux. Côté ponton Jean-Jaurès, les travaux ne devraient pas tarder à commencer. Personnellement, cette idée me plaît, mais il faudra voir à modifier les correspondances de certains arrêts. je pense au ponton de Lormont, où peu de bus de bus passent… En tout cas, si cela vous intéresse, je vous invite à lire cet article de Sud Ouest.

A très bientôt,

Antoine.

[Tramway de Bordeaux] Visite du Dépôt-Atelier de la Bastide et du PCC Tram

24 avr

Un rêve s’est enfin réalisé ! Enfin bon, un “rêve”, c’est beaucoup dire, mais j’ai pu visiter un site que je voulais voir depuis très très longtemps. Je ne l’ai peut être pas mentionné sur ce blog, mais depuis le début d’année, je suis Ambassadeur TBC. Le concept, c’est que je mets un badge quand j’emprunte le réseau de transports en commun de Bordeaux et, si les usagers ont des questions, je leur réponds et les aide. En tant que passionné des transports en commun, cette opportunité m’a séduit et donc, me voilà membre de cette grande famille des ambassadeurs !

Et voilà que l’on nous a proposé de visiter le principal dépôt et ateliers du tramway de Bordeaux, situé à la Bastide ! Alors vous pensez bien que j’ai sauté de joie et accepté d’emblée ! Et nous nous sommes retrouvés, un petit groupe d’ambassadeurs, mais joyeux, vendredi dernier à 10h30 devant le dépôt de la Bastide.

L'entrée du Dépôt de la Bastide

Bon, je vous avoue que cet article sera plus un article photo, avec légendes. Mais j’espère que cela vous plaira de voir l’envers du réseau, et de voir comment sont rangés et entretenus les rames du tramway de Bordeaux. Bonne lecture !

Une rame à la station service, passage obligé pour toutes les rames qui rentrent de service

A l'intérieur de la station service. On vérifie l'état des pantographes et des patins APS, remet du sable dans les rames et on les aspire.

Sur ce tableau sont accrochés toutes les clés des rames du réseau. A leur prise de service, les conducteurs prennent les clés de la rame qui leur est assignée et commencent leur trajet.

Si à la fin de la journée, un problème est apparu sur la rame, le conducteur accroche les clés sur ce panneau "Rames immobilisées". Ainsi, elle ne repartira pas tant que le problème n'est pas résolu.

Vue du bâtiment des ateliers, depuis la voie d'essais.

Un bout des voies de garage des rames. C'est ici qu'elles dorment la nuit !

On entre dans les ateliers. Voici les rames, soulevées au-dessus du sol ! Normalement, on les place au dessus de fosses, mais comme la place manquait, il a fallu trouver un autre moyen...

Petite vue générale des ateliers

Un tramway en pleine révision...

Un morceau des réserves de roues pour les rames. On ne dirait pas, mais ça s'use très très vite !

Les fosses de réparation dont je vous ai parlé précédement. Et dire que l'on est passé en dessous !

Le fameux patin APS, qui prend l'énergie quand on est sur la section APS. Il y en a deux par rame.

Et enfin, un morceau du fameux Poste de commande centralisé (PCC). Ce grand écran représente de façon schématique le réseau tram, la situation des rames, leur temps de retard ou d'avance, l'alimentation électrique...

Et voilà, en espérant que ces quelques explications vous ont plu ! Si vous avez des questions, les commentaires sont là !

A très bientôt,

Antoine.

Bordeaux-Euratlantique, résultats du concours pour le quartier Saint-Jean/Belcier

10 avr

En ce dimanche maussade (à Bordeaux en tout cas), tranchant avec les splendides journées que nous avons eu la semaine dernière, j’ai décidé de sortir un peu et d’aller voir l’exposition “Bordeaux-Euratlantique, concours d’urbanisme pour Saint Jean/Belcier” qui est programmée en ce moment à Arc en rêve, le centre d’architecture de la ville.

Euratlantique est l’un des projets les plus importants en cours à Bordeaux et les communes limitrophes. Il a été lancé en 2009 et est prévu de se dérouler jusqu’en 2025. Mais qu’est-ce donc ? Et bien, vous n’êtes pas sans savoir que si le TGV va bien jusqu’à Bordeaux – St-Jean, il ne roule pas à une vitesse TGV sur tout le trajet, la ligne qu’il emprunte étant la ligne classique Paris-Austerlitz – Bordeaux, qui date de la compagnie de Paris-Orléans.  La ligne à grande vitesse (LGV) n’est là qu’à partir de la gare de Saint-Pierre-des-Corps (Tours TGV). A partir de Tours, le TGV roule à grande vitesse.

En 2016 (si tout se passe bien et si le temps le permet bien sûr), va être réalisée la LGV “Sud Europe Atlantique”, à savoir la LGV Tours/Bordeaux via Poitiers et Angoulême, mais évitant Libourne. Sachant qu’après devraient être réalisés les LGV Bordeaux/Toulouse et Bordeaux/Espagne, la CUB et la mairie de Bordeaux ont jugé que le trafic vers Bordeaux va exploser et ont décidé de créer un grand quartier d’affaires, de logements et d’équipements divers, nommé Euratlantique. Il va s’étendre sur les communes de Bordeaux, de Bègles et de Floirac. Un établissement public d’aménagement, Bordeaux-Euratlantique, a été formé et des concours d’urbanisme sont lancés pour les différents quartiers de ce projet. Quatre quartiers ont été formés : Saint-Jean/Belcier, Garonne Eiffel, Bègles-Sud et Bègles-Garonne.

Le sigle de l'EPA Bordeaux-Euratlantique

Il faut voir que ces quartiers sont en pleine mutation. A St-Jean/Belcier, il y a toutes les friches SNCF et Paludate à réhabilite. A Garonne-Eiffel, c’est la passerelle que l’on doit réhabiliter, et Floirac veut refaire les quais de Garonne pour préparer l’arrivée de l’Arena. Et à Bègles, les cités descendent, le quartier Terre Sud se construit, le pont Jean-Jacques-Bosc va se réaliser le MIN se refait et les anciens abattoirs sont affectés à un autre usage. Autant dire que ce projet va nécessiter énormément de concertation, de créativité et de… patience !

Donc, le concours pour St-Jean/Belcier est fini, les résultats rendus publics. Le concours pour Garonne-Eiffel est en cours. Pour Bègles, ce sera un poil plus tard.

Ainsi, le lauréat du concours St-Jean/Belcier a été dévoilé. Quatre projets avaient été déposés, par quatre agences différentes : KCAP (Rotterdam), OMA (Rotterdam), Reichen et Robert & Associés (Paris) et Rogers Stirk Harbour + Partners (Londres). Tous quatre avaient une conception différente de ce que devait  être le futur quartier. De bons points dans chaque projet, c’était vraiment intéressant. Les quatre projets sont donc exposés à Arc en rêve. Et c’est le projet de Reichen et Robert & Associés qui a remporté le concours.

Logo de l'agence Reichen et Robert & Associés, issu de leur site web.

Comme je n’ai pas de belles images à vous présenter, je vais reprendre le texte de la plaquette offerte à l’exposition. “Alliant des réflexions sur le patrimoine et les paysages, la forme urbaine et les déplacements, Reichen et Robert & Associés (NdAntoine : on va abréger en RR&A) proposent un schéma de composition urbaine organisé autour d’un système d’espaces publics ouverts, lui-même articulé aux réseaux de transports publics. Des principes d’éco-aménagement déclinés en une multitude d’interventions concourent à domestiquer la nature autant que l’urbain : réduction de la place de l’automobile au profit des autres modes, restitution d’une structure végétale et des milieux aquatiques, reconquête du paysage fluvial et des quais de Garonne. La ville dense cultive la ville verte. L’intensité des échanges ne limite pas les lieux de calme. La grande vitesse se combine aux déplacements lents.C’est au prisme de la qualité des espaces publics que le projet recherche les équilibres d’un urbanisme subtil, de l’échelle du piéton à celle du territoire métropolitain. En retenant cette équipe, Bordeaux-Euratlantique a fait le choix d’un esprit et d’une méthode alliant étroitement le souci de l’environnement au développement d’une vie de quartier.

“Plus de mobilité sans trafic supplémentaire.” L’objectif es clairement exprimé : réduire d’un tiers les déplacements motorisés et doubler l’utilisation des transports en commun et modes doux. Cette réduction drastique s’envisage par un processus progressif qui implique des offres de services innovantes, une gestion du stationnement par mutualisation et la réalisation d’une nouvelle génération de parkings. Il s’agit également de prévoir la localisation des activités génératrices de déplacements au plus proche des lieux d’échanges : c’est ainsi que les programmes de bureaux se développent sur le site Amédée, à proximité de la gare. Penser un urbanisme des déplacements implique également de concevoir un système de mobilité complet combinant l’accessibilité métropolitaine – le TGV et ses 20 millions de voyageurs par an l’horizon 2020 – et la mobilité des courtes distances. Long de quelques kilomètres, un anneau VIP (Vélos, intermodalité, piétons) réunit ainsi les neuf domaines définis par le projet et relie les principaux équipements et lieux de vie du futur quartier. Ce “ring” qu’un piéton parcourt en une demi-heure permettrait de doubler le territoire accessible à 30 minutes. Sa fonction ne se résout pas aux déplacements : conçu comme un parc linéaire, il structure le projet paysager et constitue en lui-même un système écologique : recueil des eaux pluviales et jardins filtrants, boucle de chaleur et d’eau tempérée, lieux d’aménité et de biodiversité. A ce travail fin sur les écosystèmes s’ajoutent des perméabilités visuelles vers le fleuve et, in fine, la réalisation d’un parc des berges en guide d’invitation à la reconquête. Quant aux formes urbaines et architecturales, elles répondent au souci d’une densité justement calibrée pour accueillir différentes strates de fonctions et d’usages. Générique, spécifique ou alternative, l’architecture doit produire un tissu mixte et diversifié, instaurant un dialogue entre constructions neuves et réemploi du patrimoine bâti. Les règles d’architecture appliquées à ce plan-guide valorisent le sol autant que le ciel, l’ensoleillement des rez-de-chaussée et le traitement  d’émergences dans la silhouette urbaine comme autant de points de repères.”

Après ce bloc de texte, voici mes impressions. Il y a pas mal de points positifs : la place laissée au Bus à haut niveau de service, la réhabilitation des abattoirs en “pôle nuit” avec les boîtes de nuit, la FRAC, les jardins sur les quais, prolongeant les quais déjà refaits, le centre des congrès devant la passerelle Eiffel.  Mais un point noir subsiste : la fracture nette entre St-Jean et Belcier, symbolisée par les voies de la SNCF. Pas assez de connexions entre ces deux quartiers. Moi, j’avoue avoir préféré le projet de Rogers Stirk Harbour + Partners, qui avait vraiment innové. En effet, une dalle au dessus des voies, avec bureaux, habitats et coulées vertes, fonctionnait comme un lien entre les deux quartiers. Dans le projet KCAP, j’avais adoré la réutilisation de la passerelle St-Jean, en voie cyclable et promenade piétonne. Quand au projet OMA, celui que j’aimais le moins, l’idée du grand centre de congrès, imposant, à l’entrée de la passerelle Eiffel, était intéressante.

Bref, je vous engage à visiter l’expo pour vous faire votre propre idée. Elle est ouverte du 1er avril au 29 mai, du mardi au dimanche de 11h à 18h, 20h le mercredi sauf jours fériés.L’entrée est gratuite. Arc en rêve se situe dans les locaux du CAPC, à l’entrepôt Lainé. Arrêt de tram B : CAPC – Musée d’art contemporain.

Et les liens utiles : le site de Bordeaux-Euratlantique, les plans du projet de RR&A pour St-Jean/Belcier et comme toujours le site de la CUB.

A très bientôt,

Antoine

 

Et tel le phoenix, la gare d’Orléans-Bastide renaît de ses cendres…

10 avr

Cet article est en cours de réécriture. Pour en savoir plus sur la gare d’Orléans, je vous renvoie au très bon livre qui a inspiré cet article, La Gare d’Orléans, écrit par Alain Cassagnau et Youenn Bernard et édité par l’association Histoire(s) de la Bastide. Je vous renvoie également au site internet de cette association : http://www.histoire-la-bastide.net/ . Vous retrouverez ce lien dans la liste des liens favoris.

A très bientôt,
Antoine.

Mais au fait, qui était Peixotto ?

27 mar

Je pense que ça nous l’a tous fait, pas seulement à Bordeaux. Quand on utilise des systèmes de transport de masse (Tram, Métro), on passe à travers de nombreuses stations portant un nom de personne. Et alors là, impossible de savoir qui était ce haut personnage, ce qu’il a fait de sa vie. Par exemple à Paris, quand on passe à la station Oberkampf, on est persuadé que c’est un maréchal ou un homme de guerre… Et bien pas du tout ! C’est le créateur de la manufacture de Jouy-en-Josas, là où l’on fabriquait la fameuse toile de Jouy !

Comme j’ai un peu de temps et de l’envie, comme je me débrouille pas mal en terme de tramway de Bordeaux, je me suis dit que cela vous plaira peut-être, chers lecteurs, si j’essayais de savoir à quoi correspondait le nom des arrêts de tramway de Bordeaux. Mes recherches ont été globalement concluantes et je vais vous en faire part dans cet article. Vous allez donc pouvoir épater vos amis en leur expliquant la signification de tel arrêt et ainsi, briller en société. Ne me remerciez pas, c’est tout naturel !

Un livre m’a particulièrement aidé, c’est l’excellent Dictionnaire des rues de Bordeaux, d’Annick Descas, aux éditions Sud Ouest. Si vous êtes un amoureux de la ville, je vous en conseille l’achat au plus vite, c’est une mine d’or et d’informations. Je me suis aussi aidé de Bordeaux secret et insolite, de Philippe Prévôt et Richard Zéboulon, aux éditions Les Beaux Jours, autre excellent livre sur la Ville.

Par contre, je préfère vous prévenir de deux-trois choses : 1) Je ne traiterais ici que des stations se rapportant à des personnes. Les autres feront peut-être partie d’un autre article. 2) Je ne suis pas sûr de certaines significations d’arrêts en périphérie. Par exemple, pour l’arrêt Saige, je me suis basé sur la définition de la rue de Saige à Bordeaux, en supposant que c’était la même personne. 3) Je n’ai pas réussi à trouver la signification de certains arrêts. Je ne sais pas qui est le doyen Brus et je suis persuadé que Carriet ou Bougnard sont des personnes… Si vous avez des informations, je les attends avec impatience dans les commentaires ! Et 4) Je laisse de côté les noms de saints. Bref, c’est parti !

Ligne A :

Pierre Mendès France : Homme politique français (1907-1982). Classé à gauche, il fut président du Conseil entre 1954 et 1955.

Alfred de Vigny : Homme de lettres français (1797- 1863). On lui doit notamment de nombreux poèmes et Les Destinées

François Mitterrand : Homme politique français (1916-1996), président de la République entre 1981 et 1995

Stade Chaban-Delmas : A sa mort, on a donné au stade municipal le nom de Jacques Chaban-Delmas (1915-2000), ancien député-maire de Bordeaux et Premier Ministre. Cependant, les supporters des Girondins vont toujours “au Parc Lescure”, le nom original du stade.

Gaviniès : Le nom de l’arrêt vient de la place Gaviniès où il est situé. Elle est baptisé en l’honneur de Pierre Gaviniès (1728-1800), violoniste, fondateur de l’Ecole Française de violon, professeur dès 1794 au Conservatoire national de musique.

Mériadeck : Quartier moderne honni par de nombreux Bordelais, ce quartier date néanmoins de 1769. Il est baptisé du nom de l’archevêque de Bordeaux Ferdinand-Maximilien Mériadec, prince de Rohan-Guémené, duc de Montbazon. Cet archevêque donna des terres à lotir, qui devinrent le quartier Mériadeck. Il est connu pour avoir construit un nouvel archevêché, le palais Rohan, aujourd’hui l’Hôtel de Ville de Bordeaux.

Thiers-Benauge : Si la Benauge est le nom du quartier proche de cette station, le Thiers fait référence à la monumentale avenue Thiers, baptisée du nom d’Adolphe Thiers (1797-1877), homme politique français, connu surtout pour son”Manifeste de Thiers”, par le fait qu’il fut le premier président de la IIIème République… et qu’il réprima sévèrement la Commune de Paris.

Galin : Situé près de la rue Galin nommée ainsi en l’honneur de Pierre Galin (1786-1821), professeur de mathématiques et instituteur à l’école des Sourds et muets de Bordeaux.

Jean Jaurès : Je pense que tout le monde connaît le député Jean Jaurès (1859-1914), directeur de l’Humanité et assassiné par Raoul Villain à cause de ses prises de positions contre la Grande Guerre.

Carnot-Mairie de Cenon : Avant la grande montée des Quatre-Pavillons, se situe cette station, le Carnot faisant référence à Sadi Carnot (1837-1894), 4ème président de la IIIème République, assassiné à Lyon.

Palmer : Du nom de Charles Palmer, un major anglais qui acheta en 1814 un grand domaine à Cenon. Ce qu’il en reste aujourd’hui est le grand Parc Palmer, maintenant propriété de la ville.

Pelletan : Un peu plus avant dans Cenon, on retrouve l’avenue Pelletan, référence à Camille Pelletan (1846-1915), archiviste, journaliste, député radical et sénateur. Il a fondé la revue La Renaissance Littéraire et Artistique.

Jean Zay : L’arrêt se situe en face du collège Jean Zay, à Cenon. Jean Zay (1904-1944) fut notamment Ministre de l’Education sous le Front Populaire. Il fut assassiné par des miliciens.

Ligne B :

Saige : Si l’on se réfère à la signification bordelaise de la rue Saige, il s’agit ici de Ferdinand-Armand de Saige (1734-1793). Avocat général au Parlement de Bordeaux, négociant, commandant des Gardes nationaux de Bordeaux en 1789, maire de Bordeaux en 1791… guillotiné en 1793.

Montaigne-Montesquieu : Entre les deux soeurs ennemies, les universités de Bordeaux III et IV, on trouve cette station, qui sont des références aux écrivains Michel de Montaigne (1533-1592) et Charles Louis de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu (1689-1755).

François Bordes : En plein coeur du campus, cette station porte le nom de François Bordes (1919-1981), préhistorien et écrivain de science-fiction. Il permit, par ses travaux, de mieux comprendre le paléolithique.

Peixotto : L’entrée du campus, si vous venez de Bordeaux. Peixotto fait référence au parc et château Peixotto, près de l’arrêt, qui est maintenant l’Hôtel de Ville de Talence. Il fait référence à Samuel Peixotto, banquier fortuné et fantasque, qui se convertira au XVIIIème siècle au catholicisme pour devenir Charles, Paul, Joseph Peixotto de Beaulieu.

Roustaing : Pour cette station, je n’ai pas de certitues. J’ai uniquement trouvé une occurrence sur Wikipédia sur un certain Louis de Roustaing, qui possédait au XVIème siècle le domaine du Château La Mission Haut-Brion, qui se trouve à Talence. Comme l’arrêt se situe sur la commune de Talence, c’est peut-être lui…

Bergonié : On célèbre ici le nom de Jean-Alban Bergonié (1857-1925), docteur en médecine, spécialiste d’électricité médiévale. Il a fondé le premier centre anticancéreux de France, qui est aujourd’hui l’institut Bergonié, l’un des centres les plus réputés, à quelques pas de l’arrêt de tram.

Gambetta : Encore un homme politique ! Ici, on parle de Léon Gambetta (1838-1882). Il joua un grand rôle dans la consolidation de la IIIème République, fut président de la Chambre des Députés et ministre des Affaires Etrangères.

Rue Achard : A l’entrée de Bacalan, cette longue rue traverse ce quartier du nord de Bordeaux. Baptisée ainsi du nom de Philippe Adrien Achard (1814-1890), avoué à Lesparre-Médoc et député de la Gironde en 1879. Il a favorisé, en 1880, la création du 14 Juillet en tant que fête nationale.

Brandenburg : Si, comme moi, vous pensiez qu’on faisait référence à la porte de Brandenburg de Berlin, ou au Land allemand du même nom… et bien pas du tout ! Le boulevard Brandenburg fait référence à Albert Brandenburg (1835-1886), juge au tribunal de commerce, puis maire de Bordeaux, entre 1878 et 1884.

Claveau : Le terrain qui allait accueillir la cité Claveau fut acquis par la mairie après la Seconde Guerre Mondiale, où elle réalisa son projet de cité-jardin. Claveau fait référence au peintre bordelais Pierre-Eugène Claveau (1820-1902).

Ligne C :

Carle Vernet : Renommée en 1866, la rue à proximité de l’arrêt est baptisée du nom de Antoine-Charles-Horace Vernet, dit Carle Vernet (1758-1836). C’est un peintre d’histoire, de chiens et chevaux, grand prix de Rome.

Belcier : Tout proche de la gare, le quartier Belcier fait référence à François de Belcier, qui fut premier président du Parlement  de Bordeaux entre 1519 et 1544 et fut chargé d’écrire la coutume de Bordeaux.

Tauzia : On sait peu de choses sur Anne de Tauzia, dame de Brezets. Toujours est-il qu’en 1619, son legs est destiné à construire un hôpital destiné à recueillir les pauvres et les orphelins.

Place Paul Doumer : On arrive dans le quartier des Chartrons. Paul Doumer (1857-1932) fut un président de la République, le 13ème de la IIIème République. Son assassinat produisit une immense émotion, c’est pour cela que la place fut rapidement baptisée en son nom.

Camille Godard : Camille Godard (1832-1881) était négociant dans les vins et spiritueux. Très fortuné, il fit don de toutes ses possessions à la ville de Bordeaux, à la condition, notamment que la ville utilise utilement son legs comme par exemple “la création de squares, les embellissements des promenades, l’ouverture de grandes voies, la création d’écoles  de cours publics, de bibliothèques, de prix…”. C’est grâce à son don que fut acheté et aménagé le Parc Bordelais.

Emile Counord : Emile-Pierre Counord (1842-1927) a été conseiller général républicain et créateur d’une scierie à Bordeaux.

Place Ravezies-Le Bouscat : Pour finir cette balade, il faut évoquer le négociant Ravezies (1795-1877) qui fit don de nombreux terrains à la mairie du Bouscat, dont cette fameuse place Ravezies.

Le tramway vient de quitter la station Saint Bruno-Hôtel de Région et va rejoindre la station Mériadeck. Crédit photo : Spsmiler pour Wikipédia

Et voilà ! J’espère sincèrement que cela vous aura plu. Gageons que les extensions du tramway vont nous permettre de continuer cette exploration des noms de stations !

A très bientôt,

Antoine.

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