[Chronique Livre] La Horde du Contrevent, Alain Damasio

Je sais que je ne vais pas me faire que des amis avec cette critique.

Le livre est sorti quand même depuis un certain temps (2005 pour l’édition princeps, 2007 pour le poche), mais je ne l’avais pas encore lu. Et pourtant, il m’a été chaudement recommandé par bon nombre de personnes. Des amis, des sites internet, le directeur littéraire de Folio SF qui avait adoré le livre (c’est d’ailleurs pour cela qu’il l’a publié !). Il fallait donc que je le lise, les retours étant tellement excellents.

Pour mémoire, La Horde du Contrevent est un un livre de l’auteur français Alain Damasio. C’est son deuxième après La Zone du Dehors. L’édition grand format est donc sortie en 2005, aux éditions La Volte. Le livre est d’ailleurs très joli, vendu avec un CD qui est en fait une sorte de « bande originale » du livre. Il a été édité en poche chez Folio SF en 2007. La Horde du Contrevent a été acclamée par la critique et a reçu des prix, comme par exemple le Grand Prix de l’Imaginaire en 2006.

Alors… il fallait que je le lise. Ce que j’ai fait. Je précise que je l’ai fini il y a déjà plusieurs mois.

La couverture de l'édition princeps, chez La Volte

Pour le résumé, je vais utiliser Wikipédia, une fois n’est pas coutume. « Ils sont vingt-trois, forment la trente-quatrième Horde du Contrevent et ont entre vingt-sept et quarante-trois ans. Dans un monde balayé par les vents, ils ont été formés depuis l’enfance dans un seul but : parcourir le monde, d’ouest en est, de l’Aval vers l’Amont, à contre-courant face au vent, à travers la plaine, l’eau et les pics glacés, pour atteindre le mythique Extrême-Amont, la source de tous les vents.

Tous différents mais tous unis, ils forment une horde autonome et solidaire, qui avance dans un seul objectif, luttant constamment contre le vent. Profitant du savoir et de l’expérience de huit siècles d’échecs, on la dit la meilleure et l’ultime Horde, celle qui atteindra enfin l’Extrême-Amont.

Mais quel est le sens de cette quête du bout du monde ? »

Deux particularités sautent aux yeux assez rapidement : d’une part, la numérotation est à l’envers. C’est à dire que la première page porte le numéro 700 et la dernière le numéro 1. Ensuite, le style de narration. A chaque paragraphe, c’est un narrateur différent, un membre de la Horde, qui parle. Un symbole spécifique à chaque membre est placé au début du paragraphe pour savoir qui est en train de raconter sa version de l’histoire.

Il ne faut pas se mentir. Le gros point fort du roman, c’est l’écriture de Damasio. Dans la façon dont il manie la langue, les mots, la rythmique, les rimes… Sur ce point là, rien à dire. C’est vraiment magnifique, et ça faisait bien longtemps que je n’avait pas pris autant de plaisir à lire un texte aussi beau. Chaque personnage possède son style, son langage, son vocabulaire… Le travail de l’auteur sur ce point est faramineux et super agréable. La scène du combat d’éloquence, avec le troubadour Caracole, est tout simplement hallucinante. Lire La Horde du Contrevent, c’est un régal littéraire du point de vue textuel. Pour ça, un énorme bravo à Damasio.

Mais là où ça pêche à mon sens, c’est que c’est long… Mais long… Ca se traîne en longueur plus d’une fois. Si ce n’est pas super gênant au milieu de l’histoire, sur la fin, ça devient vraiment lourd. Et même la beauté du texte ne parvient pas à faire oublier que l’action, finalement, elle avance pas beaucoup sur la fin. Les cent dernières pages, c’est vraiment, vraiment long. Et je ne parle pas de la fin du livre qui est… décevante, pour ne pas dire plus. On dirait que Damasio a fait une superbe oeuvre, un magnifique travail de texte, de syntaxe, de littérature pour finir sur un pétard mouillé. J’enrage encore en y pensant !

Couverture de l'édition poche, chez Folio SF

Alors voilà, on est typiquement devant un livre dont on ne sait pas quoi penser. Bien sûr, je vais le recommander car c’est quand même un bon livre, on ne peut pas dire le contraire. Mais tant de qualités au service d’une fin si misérable qu’elle ruine tout le roman,c’est rageant et dommage. Mais c’est néanmoins un livre à lire, une valeur sûre, ne serait-ce que pour le talent d’écrivain d’Alain Damasio.

A bientôt,

Antoine.

P.S. : Vous pouvez lire une autre critique, en forme de réponse à mon article, sur le blog de Kokoro.

Publicités

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s