Carnets de Voyages en vallée de la Loire. Chapitre 3 : Chambord, ou le rêve de François Ier

Mieux vaut tard que jamais, dit le proverbe. Non pas que j’avais oublié cette série inaugurée il y a plus d’un an, mais l’envie de poster autre chose m’a fait retarder la suite. Voici donc le troisième volet des Carnets de Voyages en vallée de la Loire, consacré à l’un des châteaux les plus célèbres de France, j’ai nommé Chambord. Transportons nous donc en Loir-et-Cher.

Logo du conseil général de Loir-et-Cher. On retrouve une double référence à Chambord, par la silhouette du château d'une part, et la salamandre, emblème de François Ier d'autre part.

Depuis Blois, faisons route à l’est, et au bout de 14 kms, nous arrivons dans le village de Chambord. Un tout petit village mais qui a une petite particularité. En effet, ce village est possédé en propre par l’Etat français, qui l’a englobé dans le Domaine de Chambord, bien connu pour être une réserve pour les chasses présidentielles françaises. Mais Chambord n’est pas connu uniquement pour son domaine, mais surtout pour son château, qui est considéré par beaucoup comme l’un, sinon LE plus beau des châteaux de la Loire.

Vue générale du château. Patrick Gireau pour Wikipedia.

« Comme une femme dont le vent aurait soufflé en l’air la chevelure »  disait Châteaubriand. En effet, les nombreuses cheminées et toits en pointe peuvent faire croire à une chevelure, une magnifique chevelure de pierre… Au soleil couchant, la lueur des rayons de soleil les éclaire en une sorte de scénographie naturelle si belle… Bref, je m’égare !

Chambord est, à l’origine, comme Versailles, c’est-à-dire un simple relais de chasse. Et il deviendra le symbole de toute une vallée… Chambord est bien entendu associé au roi qui l’a si ardemment désiré : François Ier.

François Ier, roi de France entre 1515 et 1547. Peinture de Jean Clouet, Musée du Louvre.

François Ier voulait alors créer un château empreint des acquis de la Renaissance, dont il avait amené d’Italie l’un de ses plus fameux représentants, Léonard de Vinci. Si celui-ci meurt peu avant le début des travaux, en 1519, beaucoup d’historiens aujourd’hui lui attribuent une bonne partie de l’inspiration du plan du château. Celui-ci s’articule autour d’un corps principal en carré, avec les tours à chaque point cardinal, et un quadrilatère reprenant le même principe. Le château possède un plan rigoureusement symétrique.

Le point d’orge de cette magnifique construction est l’escalier central, dit escalier « à vis » ou « à double révolution ». Il y a deux volées de marches, ne se croisant jamais, mais aboutissant à une grande terrasse. Au-dessus de cet escalier, une tour-lanterne reconnaissable à la fleur de lys qui orne son sommet.

Chambord : l'escalier à double révolution. Helac pour Wikipedia.

L’ironie de l’histoire est que finalement, François Ier ne passa que peu de temps à Chambord. C’est de l’ordre de six semaines. Pour quelques parties de chasse et pour recevoir son invité Charles Quint, qui fut ébahi par la beauté du château. Chambord était donc une splendide vitrine pour la monarchie absolue française.

Hélas, après la mort de François Ier, Chambord est abandonné par la cour. Seul Louis XIV va faire des travaux importants et restaurer un peu ce joyau. Il sera ensuite propriété du père de la femme de Louis XV, l’ancien roi de Pologne Stanislas Leszczynski. Puis de propriétaires en occupants, le château va de plus en plus se dégrader. Si l’Etat acquiert le château en 1932, ce n’est vraiment qu’à partir de 1947 qu’on va essayer de lui redonner sa gloire et le laisser aussi beau que voulu par François Ier.

Résultat de cette histoire mouvementée : si Chambord est magnifique d’extérieur, il fait très vide à l’intérieur, une grande partie du mobilier d’origine ayant été vendu à la Révolution. Le château manque un peu d’animation dans ses murs. Aussi, c’est bien plus pour son architecture que son intérieur que Chambord est visité.

Chambord : la Chambre d'apparat Louis XIV. Tango7174 pour Wikipedia.

Qu’importe ! Chambord reste encore aujourd’hui un symbole, celui d’une vallée des Rois, d’une vallée de la Loire constellée de châteaux. Il est, avec Chenonceau, le plus connu de ces vaisseaux de pierre qui ont élu domicile dans le jardin de la France. Et même si je craque plus pour Langeais ou Chenonceau, quelle joie de me promener dans les jardins du château et de voir, devant moi, sa parfaite symétrie, sa splendeur intacte 500 ans après sa construction.

A très bientôt,

Antoine.

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