[Et pour quelques bits de moins…] Conker’s Bad Fur Day, Nintendo/THQ

Pour ce quatrième épisode de notre chronique estivale, penchons nous ensemble sur un véritable OVNI vidéoludique, sorti sur Nintendo 64 par l’un des développeurs les plus en vue à cette époque. Ce jeu reste méconnu pour beaucoup de joueurs, mais est resté culte pour ceux qui l’ont eu entre les mains. Un jeu qu’il ne faut pas mettre entre toutes les mains… J’ai nommé Conker’s Bad Fur Day !

Jacquetteaméricaine du jeu, trouvée sur Wikipédia. Je crois que tout le monde a compris que ce n'est pas pour les enfants...

Souvenons nous de cette époque, et replaçons Conker dans son contexte. Le studio responsable de son développement était Rareware, alias Rare. Rare, c’était LA compagnie de la Nintendo 64. On leur doit Donkey Kong 64, Diddy Kong Racing, Banjo-Kazooie, mais surtout Perfect Dark et Goldeneye 007. C’est l’un des studios les plus importants dans le PVL (Paysage Vidéoludique, oui, j’invente des sigles !). Rare avait déjà sorti quelques temps auparavant sur Game Boy un jeu nommé Conker’s Pocket Tales. Un jeu d’aventures tout mignon tout plein, avec comme héros Conker le gentil petit écureuil. Rare planifie alors Conker 64, qui aurait dû être un prolongement de Conker’s Pocket Tales. Cependant, le Conker 64 projeté risquait d’être cannibalisé par la propre production de Rare : en effet, qu’apporterait-il de plus à des jeux comme Donkey Kong 64 ou Banjo-Kazooie ? Rien du tout. Alors, Conker 64 s’est caché et est revenu en un Conker’s Bad Fur Day, au contenu nettement plus adulte, fait rare sur la Nintendo 64.

L’histoire de CBFD est assez simple et absurde. La cinématique d’ouverture nous montre Conker sur un trône, avec une couronne sur la tête. Et il nous dit « Et bien, nous y voilà : le roi Conker ». Il va donc se mettre en tête de relater la journée qu’il vient de passer et qui l’a propulsé roi.
Premier volet de l’histoire : Conker se bourre la gueule dans un bar avec ses amis. Au bout d’un moment, il essaye de rentrer chez lui, mais il se perd et ne retrouve pas son chemin. Il va donc essayer de rentrer chez lui, en sauvant sa copine Berri qui, on l’apprend rapidement, a été enlevé.
Dans le même temps, le deuxième volet de l’histoire s’ouvre : dans son château, le roi Panthère convoque son savant fou, le professeur VonKripelspac. Le roi est excédé car l’un des pieds de sa table basse s’est cassé, ce qui entraîne la destruction de tous les verres de lait qu’il pose dessus. Il faut donc y remédier. Le professeur fait de multiples calculs et arrive à la conclusion suivante : pour réparer la table, il faut utiliser un écureuil. Or, Conker est tout désigné, car c’est un écureuil à la bonne taille.
Enfin, troisième volet de l’histoire, la guerre est déclarée ! En effet, c’est une guerre sans merci et sans pitié qui va opposer les écureuils aux méchants ours en peluche, les terribles Tediz. Guerre à laquelle Conker sera, à un moment ou à un autre, mêlé.

Conker devra donc sauver sa copine, se débarrasser du roi Panthère et essayer de faire gagner la guerre aux écureuils. Vaste programme.

Vue du monde de Conker's Bad Fur Day, par Gamespot. Vu cet univers mignon et coloré, on ne dirait pas que ce jeu est horriblement obscène.

Parlons du jeu en lui-même. Conker se présente comme un jeu d’aventures somme toute assez classique. La maniabilité est bonne, calquée un peu sur la série Banjo-Kazooie. Conker possède un super saut, qui lui permet de planer quelques instants en faisant tourner sa queue en l’air. Le jeu fait également appel à des zones appelées « Context sensitive ». En gros, pour résoudre certaines énigmes, il faudra utiliser la Context Sensitive qui déclenchera un évènement inattendu ou fera apparaître un objet spécial, comme une fronde, de la bière, de l’aspirine ou encore des rouleaux de papier toilette. La barre de vie de Conker est symbolisée par une tablette de chocolat à six carrés. Conker peut la régénérer en mangeant des carrées de chocolat anti-gravité, inventés par le professeur VonKrippelspac. Les vies que vous possédez sont symbolisés par des queues d’écureuils. Sauf au tout début, où la première fois que vous décédez, vous allez rencontrer Gregg, the Grim Reaper, qui va vous expliquer le système des queues d’écureuils.

Pour avancer dans le jeu, il vous faudra résoudre les énigmes qui vont seront proposées, aider des gens afin de pouvoir continuer le jeu. Ainsi, vous devrez aider la reine des abeilles à récupérer sa ruche-mitrailleuse, arranger un rendez-vous entre le roi des abeilles et une fleur qu’il aimerait « poliniser », tuer le Gros Tas de Caca chantant dans l’entreprise des bousiers, détruire un robot Terminator à l’aide d’une fourche dépressive, aller dans une boîte de nuit de l’époque des hommes préhistoriques, se sortir d’un cimetière peuplé de zombie avec l’aide d’un tromblon, tuer un comte qui ressemble à s’y méprendre au comte Dracula, gagner la guerre contre les Tediz… entre autres. Certaines zones ne seront accessibles que si vous avez assez d’argent, car vous trouverez plusieurs liasses de billets dans le monde de Conker car, il faut l’avouer, Conker est vénal.

Le ton du jeu est résolument provocateur. Rien que le personnage de Conker, alcoolique, obsédé, vénal, est rare dans les productions sur consoles Nintendo; tout le jeu est doté de cet humour obscène, où seul quelques mots sont bippés. Le jeu est également bourré de références intelligemment placées. C’est à dire que le niveau n’est pas construit de telle manière à ce que la référence ne tombe pas à plat, mais la référence est intelligemment placée dans le niveau, lui apportant encore plus de sel et d’humour. On croisera donc des références, à Terminator, Matrix, le Parrain, les Dents de la Mer, les Affranchis, Gladiator, Il faut sauver le soldat Ryan… C’est ce cocktail de bon jeu, d’humour, de références qui rend CBFD  si indispensable, culte et nécessaire. je ne peux que vous conseiller d’y jouer pour vous faire une idée.

A notre que sur N64, le jeu est entièrement en anglais, voix et texte compris. Pour une traduction, il faut vous reporter au remake que Rare a fait sur Xbox, appelé Conker : Live and Reload, qui a de plus beaux graphismes, une traduction française, mais un peu plus de censure.

A très bientôt !
Antoine.

Fiche technique :
Conker’s Bad Fur Day
De 1 à 4 joueurs
Editeur : Nintendo (USA)/THQ (Europe)
Développeur : Rareware
Date de sortie : 5 mars 2001 (USA), 6 avril 2001 (Europe)

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3 commentaires

  1. T’arrive presque à me donner envie de jouer aux oldies que je n’aimais pas du tout (du tout !) dans mon enfance. D’un autre côté, je pense que jouer maintenant à la N64 doit faire assez mal à la maniabilité…

    (Bon, faut pas déconner, t’arriveras jamais à me faire jouer à Banjo ***ie)

  2. Au risque d’être rabat-joie, je n’ai pas aimé conker… L’humour et l’ambiance sont géniales et bien cradingues à souhait, et ça en fait une super première accroche. Néanmoins, j’ai trouvé le jeu un peu lourdingue à la longue et, finalement, pas si maniable que ça…

    Celà dit, il doit bien sûr être testé par tout possesseur de la console parce qu’il est résolument original et ça, ça poutre.

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