« Dans le Quid, il y a tout sur tout. Et un peu plus que tout. »

Pour nous qui avons vécu l’avant-Internet pour tous et même l’avant-ADSL, le principal changement fut l’accès aux connaissances. Aujourd’hui, on peut considérer que Wikipédia est devenue une source crédible pour plein de sujets mais à notre époque, ça n’existait ou alors, ce n’était pas assez crédible. Alors on se débrouillait autrement. Les nantis avaient chez eux l’onéreuse Encyclopédie Universalis. Les chanceux avaient le droit, sur leur ordinateur, à Microsoft Encarta. Et sinon, il y avait le couteau suisse de l’encyclopédie, avec le meilleur rapport qualité-prix. Couteau suisse que d’ailleurs, j’utilise toujours. Il s’agit du Quid.

Ma modeste collection : les Quid de 1988, 1996 et 2001

Alors, pour ceux qui ne connaissent pas : c’est quoi le Quid ? Imaginez un pavé de 2078 pages en papier très fin, couverts de caractères Times New Roman taille 6 ou 8, avec énormément d’abréviations et un index énorme qui vous renvoie à une page et à une colonne pour éviter que vous vous perdiez. Bah en gros, c’est ça le Quid. En gros, le but de cette encyclopédie-couteau suisse était de rassembler le maximum d’informations en un minimum de place, tout ça pour un prix modique. En effet, le dernier Quid que je possède dans ma bibliothèque (millésime 2001) était vendu à 210 francs, soit environ 32 €.

L’ordre des sections changeait chaque année. Les auteurs (Dominique et Michel Frémy) avaient expliqué qu’ils agençaient les rubriques selon les dates auxquelles ils recevaient les données, notamment Sports et Finances. Mais la masse d’infos contenues dans ce livre était monstrueuse. Jugez par vous même (je reprends la Table des Matières de l’édition 2001) : Le Monde (Astronomie, Astronautique, Sciences de la Terre, Météorologie), La Vie (Origines de l’homme, Géographie humaine, Biologie, Médecine, Santé, Zoologie, Botanique), Sciences (Mathématiques, Physique, Chimie, Unités de mesures, Mesure du Temps, Grands savants), Lettres et Arts (Lettres, Cinéma, Danse, Théatre, Musique, Architecture, Dessin, Peinture, Sculpture, Arts divers), Religions, Société (Noblesse, Ordres et décorations, Franc-Maçonnerie, Cercles et Clubs), La France (Géographie physique, Géographie humaine, Histoire de France, Institutions françaises, Justice), Régions Françaises, Politique (Tendances, Organisations internationales, Union Européenne), Etats, Informations, Enseignement, Sports et Jeux, Agriculture, Forêts, Pêche, Environnement, Vie pratique (Abréviations, Alimentation, Associations, Assurances, Economie ménagère, Famille, Femmes, Formalités, Logement, Oeuvres, Sécurité civile, Sécurité sociale, Syndicats, Travail, Usage, Postes et Télécommunications, Défense du consommateur), Transports, Défense Nationale, Energie, Finances (Grandes Fortunes, Salaires dans le monde, Finances publiques françaises, Fiscalité) et Economie (Principaux secteurs, Sociétés principales, Commerce et distribution, Situation économique, Tiers-Monde, Informatique). Ouf !

Quand je vous dis que c’est écrit petit, ce n’est pas un euphémisme !

En gros, une foule énorme d’informations en tout genre se trouvaient dans le Quid. On pouvait y trouver l’organisation des Clergés du monde puis de suite après, trouver le classements des meilleurs films de tous les temps selon diverses revues, consulter un texte de loi, se demander comment sont répartis les gains de la Française des Jeux, savoir dans quelle proportion les Espagnols consomment de la drogue, qui sont les plus belles femmes du XXe siècle pour les Français (réponse : Romy Schneider, Grace Kelly et Marilyn Monroe), qu’en Angleterre avant 200, i:l était interdit de danser le dimanche, apprendre que 5% d’oiseaux survivent à un démazoutage ou encore qu’en algonquin, ordinateur se dit « Katikashtataumisinihichhabiich ». Des infos utiles ou non, mais tellement indispensables. Surtout que si j’ai commencé avec les Quid en noir et blanc, les Quid couleurs sont arrivés après et c’était quand même bien plus lisible. Quoique. Je sais qu’à la maison, si mon père et moi déchiffrions sans peine les caractères, ma mère avait toujours besoin d’une loupe pour les lire, tellement c’était petit.

Malheureusement, le Quid 2007 fut le dernier. En effet, le contrat liant la société qui fabriquait le Quid et les éditions Robert Laffont ne fut pas renouvelé et le site internet, pas franchement fameux, disparut au fil du temps. Il faut dire qu’avec, justement, la démocratisation massive d’Internet, les ventes annuelles du Quid se sont effondrés et l’entreprise n’était plus viable. Néanmoins, le Quid 2001 m’accompagne toujours. Je m’en suis servi pas plus tard que la semaine dernière, quand ma douce et tendre avait besoin de renseignements historiques et religieux. Encore une fois, Quid est venu à ma rescousse. En tout cas, je ne vais pas le lâcher, même si je suis un énorme utilisateur de Wikipédia !

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