[NHL] Poker menteur entre Glendale, Québec, Seattle… et Las Vegas

Revenons un peu au monde impitoyable de la NHL, alors que se déroule actuellement la finale de la coupe Stanley, entre Boston et Chicago. Il se joue en ce moment une histoire à multiples rebondissements : la vente de l’équipe des Coyotes de Phoenix. Encore une fois, je vais essayer d’être le plus simple possible. Je vous renvoie également à l’article que j’avais publié à propos du déménagement des Trashers d’Atlanta à Winnipeg.

Une équipe en grande difficulté

C’est en 1996 qu’arrive en Arizona l’équipe des Jets de Winnipeg. La concession est achetée par un groupe d’investisseurs mené par le propriétaire des Suns de Phoenix, équipe NBA, et va déménager l’équipe en Arizona, qui prend alors le nom de Coyotes de Phoenix, où ils jouent dans le même aréna que l’équipe de basket des Phoenix Suns. En 2003,  les Coyotes déménagent dans une nouvelle patinoire flambant neuve, le Glendale Arena, nommé aujourd’hui Jobbing.com Arena, située à Glendale, dans la banlieue de Phoenix. Le déménagement de l’équipe en Arizona fait partie d’un plan conçu par Gary Bettman, le commissaire de la NHL. Bettman considère que le hockey sur glace n’est pas assez présent sur le marché américain, qui serait plus lucratif que le marché canadien. En arrivant à Phoenix, ville où sont déjà établies nombres d’équipes sportives professionnelles, la NHL espère capter une partie de la population, intéresser les habitants au hockey et ainsi tirer de nouveaux profits.

Logo actuel des Coyotes de Phoenix (Toutes les images de cet article viennent de Wikipédia)

Logo actuel des Coyotes de Phoenix (Toutes les images de cet article viennent de Wikipédia)

Cependant, les affaires ne sont pas aussi florissantes dans le désert. En mai 2009, le propriétaire de l’équipe à ce moment, Jerry Moyes, annonce la banqueroute de l’équipe, écrasée sous le poids des créances. Les Coyotes se placent alors sous le chapitre 11 de la loi sur les faillites américaines. La Ligue cherche alors des personnes intéressés par l’achat de la concession… et de son maintien à Glendale. Le problème, c’est que personne ne se manifeste pour garder l’équipe en Arizona. Cependant, en novembre 2009, le propriétaire vend l’équipe à la  NHL elle-même, qui va chercher des investisseurs. Pendant ce temps de recherche, la franchise sera possédée par la Ligue dans une situation qui, normalement, devait être temporaire…

« Devait » être, puisqu’à ce jour, les Coyotes de Phoenix sont toujours propriété de la NHL. Cependant, un certain nombre de signes indique une dénouement proche. La ville de Glendale, qui a déjà mis à la main à la poche pour aider les Coyotes, commence à ne plus vouloir financer une équipe qui n’est pas rentable. De plus, si quelques investisseurs ont voulu acheter l’équipe, les négociations capotent toujours quand vient sur la table la question du Jobing.com Arena. Si le bâtiment est propriété de la ville, les futurs acheteurs deviendraient les opérateurs de l’aréna et demandent pour faire ce job une compensation à la municipalité. C’est sur ce point que les négociations échouent, les éventuels investisseurs demandant généralement un prix bien plus élevé que ce que Glendale souhaite donner.

Actuellement, des négociations sont en cours avec un groupe d’acheteurs intéressés. Si un accord est trouvé entre la ville et ce groupe, les Coyotes joueront à Phoenix la saison prochaine. Si non, la franchise sera très probablement déménagée.  Le problème, c’est où relocaliser en un minimum de temps l’équipe. Trois solutions peuvent s’offrir à la NHL.

L’attente de la Belle Province

A Québec, on suit de très près l’avancée du dossier des Coyotes. En 1995, le déménagement de l’équipe locale, les Nordiques, pour Denver dans le Colorado a été vécue comme un véritable crève-cœur pour la ville, qui attend depuis le retour d’une équipe. Depuis quelques temps, on s’active de plus en plus : construction lancée d’un nouvel amphithéâtre, appels du pied marqués de la part de la municipalité et du groupe Québécor… Québec se présente comme une solution parfaite pour l’hébergement des Coyotes en cas de déménagement forcé. Même si le nouvel aréna n’est pas encore construit, la patinoire du Colisée Pepsi, ancienne glace des Nordiques et actuelle maison des Remparts de Québec, peut accueillir provisoirement la concession. En théorie, c’est la destination idéale.

Logo que les Nordiques de Québec auraient dû utiliser s'ils n'avaient pas déménagé...

Logo que les Nordiques de Québec auraient dû utiliser s’ils n’avaient pas déménagé…

Cependant, beaucoup pensent que dans ce dossier, Québec se montre « trop » intéressée. La ville, en cas de négociations avec la NHL, serait en position de faiblesse par rapport à la Ligue, puisqu’il est de notoriété publique que Québec serait prête à beaucoup de concessions pour retrouver une équipe de haut niveau. De plus, il serait plus intéressant pour la Ligue d’accorder à la ville canadienne une équipe dans le cas d’une expansion, où les droits d’entrée sont plus élevés que la cadre d’une simple vente…

Seattle sur les rangs

D’autant que depuis quelques mois un plan B se profile pour la NHL. A Seattle, un pool d’investisseurs (dans lequel on trouve le dirigeant de Microsft, Steve Ballmer) s’est mobilisé pour racheter une équipe de NBA, les Kings de Sacramento. Seattle possédait une franchise NBA jusqu’en 2008, les Seattle Supersonics, mais elle fut vendue et déménagée à Oklahoma City, où elle est toujours actuellement. Dans l’optique d’un retour de la NBA à Seattle, le groupe d’investisseurs est en train de construire une salle pour accueillir une équipe. Mais il aimerait également qu’outre une équipe de NBA, une équipe de NHL réside dans la nouvelle aréna. L’idée à de quoi séduire Gary Bettman, puisqu’une franchise à Seattle permettrait de toucher un nouveau public. Avec le Canada tout près, cela peut déboucher sur une concession lucrative ou tout du moins ne perdant pas d’argent.

Dernier logo des Seattle Supersonics

Dernier logo des Seattle Supersonics

Cependant, le projet a été fortement secoué par l’échec de la vente des Kings de Sacramento au groupe d’investisseurs de Seattle, puisqu’après un vote en mai 2013, les propriétaires des franchises NBA ont voté contre un déménagement vers Seattle. Cependant, le projet d’aréna est toujours d’actualité. En cas de déménagement des Coyotes et en attendant la livraison du nouvel amphithéâtre, l’équipe de hockey pourra jouer au KeyArena, l’ancien parquet des Supersonics. D’ailleurs, la semaine dernière, RDS croyait savoir que Seattle était le plan B de la NHL en cas de relocalisation.

Las Vegas en outsider

En mars, la presse se faisait l’écho d’une grande avancée dans le projet d’aréna à Las Vegas, sous l’impulsion d’AEG (qui gère le Staples Center à Los Angeles ou encore l’O² Arena à Londres) et MGM Resorts, propriétaire notamment du MGM Grand à Las Vegas. La volonté de ce nouvel aréna est de dynamiser un peu la ville, pour qu’elle soit attractive autrement que pour ses casinos et sa possibilité de se marier vite. Cependant, pour animer la salle, ce serait bien qu’une équipe y réside, voire deux. C’est pourquoi AEG et MGM Resorts sont intéressés par l’achat d’une concession NBA ou NHL. Un nouveau marché, voilà ce qui pourrait intéresser la ligue…

Ohhhh... Las Vegas...

Ohhhh… Las Vegas…

En tout cas, le dossier n’est pas fini, on en reparle très bientôt !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s