Réflexions

L’héraldique des clubs de football

Héraldique : adj. et n.f. 1. Relatif au blason 2. L’héraldique : connaissance des armoiries
– Le Petit Robert

Osons aujourd’hui faire un parallèle un peu étonnant. Il faut convenir qu’aujourd’hui, l’étude des blasons et autres armoiries de villes ou de familles nobles n’intéresse plus que certains érudits ou passionnés. Auparavant, la place du blason était pourtant centrale : elle signalait les armées sur le champ de bataille et montrait qui vous étiez (au moins un personnage extrêmement important), elle vous identifiait. Et si les tournois et le système de blasons ont disparu de nos jours, on pourrait se dire que cela a été largement réutilisé par les clubs de football.

On peut partir du principe qu’un match de football est comme un champ de bataille médiéval, le sang et les morts en moins. Or, pour s’identifier et encourager leur équipe préférée, les supporters s’attachent à certains éléments principaux du club, notamment leurs couleurs. Cette dernière était une composante importante de la compréhension du blason et pour certaines équipes, la couleur de leur maillot les identifie immédiatement. Ne parle-t-on pas des Reds de Liverpool, des Blues de Chelsea, des Canaris de Nantes, des Sang et Or de Lens ou encore des Verts de Saint-Etienne (car qui c’est les plus forts, évidemment c’est les Verts) ?

Il y a également une histoire d'étoile, mais on y reviendra un peu plus bas

Il y a également une histoire d’étoile, mais on y reviendra un peu plus bas

Or, outre la couleur, l’équipe de football est également représentée par son écu. Beaucoup d’équipes utilisent aujourd’hui un logo plus marketing pour s’identifier, mais certaines continuent à laisser une représentation proche du blason dans leur écu. C’est flagrant pour celui du Football Club de Barcelone, mais encore pour le nouvel écu de l’OGC Nice, celui de West Ham ou, dans versions plus reliftées et marketing, ceux d’Arsenal ou du FC Nantes.

Outre celles sur les maillots, la couleur joue un rôle capital dans un blason de football. Il est fréquent que les couleurs utilisées soient celles de la ville où le club réside ( à l’instar de l’Olympique Lyonnais ou du Paris Saint-Germain, qui utilise les couleurs bleu et rouge de Paris et désormais la fleur de lys pour Saint-Germain en Laye. Que dire des couleurs rouge et jaune catalanes fièrement exhibées par le FC Barcelone ou les armes bavaroises du Bayern de Munich ?) ou bien de l’entreprise qui a fondé le club (le vert stéphanois rappelant le vert du groupe Casino).

L'ancien écu du PSG était inétressant à plus d'un titre, car outre les couleurs et la Tour Eiffel pour Paris, on y voyait le blason de St Germain en Laye : la fleur de lys et le berceau de Louis XIV

L’ancien logo du PSG était inétressant à plus d’un titre, car outre les couleurs et la Tour Eiffel pour Paris, on y voyait le blason de St Germain en Laye : la fleur de lys et le berceau de Louis XIV

Couleur et forme, on assiste également à a la présence d’éléments sur les blasons, évoquant encore une fois les armoiries du Moyen-Age. La présence d’animaux est souvent remarquée, soit pour commémorer le surnom des joueurs du club (le Dogue du Lille OSC en est un parfait exemple), un lien de sponsoring important (le lion Peugeot pour le FC Sochaux-Montbéliard)  ou plus prosaïquement pour se rattacher à la ville (le lion héraldique pour l’OL ou Chelsea). La végétation n’est pas en reste, pour preuve le chardon trônant en bonne place sur le blason de l’AS Nancy Lorraine. Certains éléments spécifiques, liés généralement à l’histoire du club, peuvent être présents : on pensera aux marteaux ornant l’écu de West Ham FC ou les deux flammes du Liverpool FC commémorant les morts de la tragédie de Hillsborough.

Le blason de Liverpool reste l'un des plus chargés en symboles

Le blason de Liverpool reste l’un des plus chargés en symboles

Enfin, l’élément le plus sujet à controverse concernant sa signification reste l’étoile, pour la simple raison que chacun fait un peu ce qu’il veut. Par convention, une étoile représente dix titres de champion national, ce choix ayant été fait pour l’étoile stéphanoise et les deux de la Juventus de Turin. L’Allemagne a un système codifié et gradué, expliquant la présence de quatre étoiles sur le maillot du Bayern de Munich. D’autres clubs frappent d’une étoile leur blason en cas de victoire en Ligue des Champions (celle de l’Olympique de Marseille en est un exemple). Enfin, il faut souvent chercher dans l’histoire et le palmarès du club la raison de l’étoile… ou pas (les trois étoiles du blason de Manchester City sont purement esthétiques).

Ici, l'étoile dorée symbolise la ligue des Champions gagnée par l'OM

Ici, l’étoile dorée symbolise la ligue des Champions gagnée par l’OM

Ce n’est qu’une première approche et de nombreux éléments ne sont pas traités ou alors très vaguement. Mais vous le voyez, l’analyse héraldique d’un blason de club de foot peut se révéler fort instructif et intéressant. N’hésitez pas à vous documenter si cela vous intéresse (On citera notamment certains articles des Cahiers du Football ou la rubrique Héraldique Tribune du Moustache Football Club).

Des liens entre équipes sportives et entreprises,histoire et sponsoring

Dans quelques sports, au football notamment, certains supporters dénoncent la place de plus en plus prépondérante  que tient le sponsoring dans la vie économique des clubs. Il est vrai que beaucoup ont l’impression que les joueurs ne sont devenus que des panneaux publicitaires ambulants, vu le nombre d’entreprises représentés sur les maillots. Le recours de plus en plus fréquent au « naming » des stades, pratique consistant à donner à l’enceinte sportive le nom d’une firme en échange de sous, est au centre d’un véritable débat, entre volonté de laisser au stade une identité vierge de marketing et les impératifs économiques d’un club. Néanmoins, il ne faut pas oublier que certaines grandes entreprises sont à l’origine de la création et/ou du développement de grands clubs renommés, en France ou dans d’autres pays. Dans cet article, je souhaite donc évoquer avec vous, à travers plusieurs exemples, les liens qui existent entre le sport et les entreprises entre « simple » sponsoring et histoire fortement liée.

– L’entreprise liée fortement au club, financièrement, visuellement et/ou historiquement

Je ne pouvais pas commencer cet article sans parler de mon club de rugby de cœur  à savoir l’ASM Clermont Auvergne. Vous vous en doutez, l’histoire du club est fortement liée à l’entreprise dominante de la ville de Clermont-Ferrand, à savoir Michelin. C’est en 1911 que la manufacture Michelin fonde l’Association Sportive Michelin (ASM), qui a pour but de divertir les employés des usines clermontoises. C’est un club omnisport qui certes possède une équipe de rugby, mais aussi des sections football, basket-ball ou encore athlétisme. Cependant, en 1922, l’ASM doit changer de nom pour se conformer à une directive de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) qui interdit aux équipes de posséder le nom d’une entreprise dans leur nom, afin de lutter contre la publicité. Michelin décida alors de changer l’Association Sportive Michelin en Association Sportive Montferrandaise, Montferrand étant le nom d’un quartier de Clermont où se situaient à l’époque les installations du club. Aujourd’hui, l’ASM existe toujours, mais je vous avoue que je ne sais pas si le club de rugby à XV fait toujours partie du club omnisport, ni quelle est la participation de Michelin. L’équipe de rugby s’est rebaptisée ASM – Clermont Auvergne en 2004. Le sponsoring de Michelin ne représente plus que 11% du budget du club, mais ce dernier joue toujours au stade… Marcel-Michelin !

Cet écusson reste encore aujourd'hui celui de l'Association Sportive Montferrandaise.

Cet écusson reste encore aujourd’hui celui de l’Association Sportive Montferrandaise.

Dans l’est de la France, un autre club, de football cette fois, possède des liens très forts avec une grande multinationale. Il s’agit du Football-Club Sochaux-Montbéliard, actuel pensionnaire de Ligue 1. Pour ceux qui ne connaissent pas ces villes, c’est ici que se situent le berceau et le siège historique de Peugeot. En 1928, deux salariés des usines des automobiles Peugeot fondent le club du FC Sochaux. Très vite, le directeur de Peugeot Automobile, Jean-Pierre Peugeot, décide de prendre activement part au club, voulant reproduire la recette de l’AS Valentigney. Ce club s’était constitué autour de l’usine des cycles Peugeot. Jean-Pierre Peugeot va alors développer le FC Sochaux, notamment en salariant certains joueurs dans ses usines, prémices d’un professionnalisme affiché. Aujourd’hui encore, un certain lien existe entre Peugeot et le club puisque le vice-président du club est un membre de la famille Peugeot. De plus, c’est bel et bien le loge de l’entreprise qui est représenté sur l’écusson du club, le lion symbolisant Peugeot, mais aussi la Franche-Comté.

En effet, le Lion du FCSM fait énormément penser à une certaine marque de voitures...

En effet, le Lion du FCSM fait énormément penser à une certaine marque de voitures…

Transportons nous maintenant outre-Rhin. Il m’est nécessaire de faire un rappel historique pour bien comprendre le lien unissant une grande entreprise allemande au VfL Wolfsbourg (VfL Wolfsburg en version originale). Dès l’accession au pouvoir du parti nazi, en 1933, Hitler souhaite moderniser l’Allemagne, notamment dans le domaine automobile. Une grande campagne de construction d’autoroutes est alors lancée. Mais pour utiliser ces autoroutes, il faut bien que les Allemands puissent acheter une voiture. Le pouvoir confie alors à Ferdinand Porsche la tâche de créer une voiture à moins de 1000 marks. La voiture sera nommée KdF-Wagen (la voiture KdF, pour Kraft durch Freude, la Force par la joie, un organisme nazi) et une ville entière, Stadt des KDF-Wagen, sera construite près du village de Wolfsbourg pour construire la nouvelle voiture et loger les ouvriers. C’est plus tard que la KdF-Wagen sera renommée en Volkswagen, ce modèle précis étant appelée Coccinelle en France. Volkswagen est depuis les années 1950 étroitement liée au club du VfL Wolfsbourg. Leur stade, le Volkswagen Arena, se situe près des usines. De plus, dans le rapport d’activité 2009 du groupe Volkswagen, il est noté que le VfL fait partie du groupe. C’est donc une importante histoire qui lie le constructeur automobile à l’équipe.

L'apport majeur de Volkswagen à l'équipe de Wolfsbourg ne se voit pas dans leur logo.

L’apport majeur de Volkswagen à l’équipe de Wolfsbourg ne se voit pas dans leur logo.


Si l’on reste en Allemagne, un autre acteur du football germanique illustre parfaitement le lien entreprise/club. Cela se passe dans la ville de Leverkusen. Dans cette ville se trouve l’entreprise Bayer. C’est une multinationale chimique et pharmaceutique, connue notamment pour l’aspirine. En 1904, des ouvriers de l’entreprise demande à Bayer de les soutenir pour créer un club omnisports, demande acceptée par ce dernier. C’est alors la fondation du TuS der Farbenfabriken vorm. Friedrich Bayer & Co 1904 in Leverkusen, équipe plus connue sous le nom actuel de Bayer Leverkusen. Bayer fait ici totalement partie du club, étant présent dès sa création, présent également dans son nom et son logo. Le club est toujours aujourd’hui la propriété du groupe Bayer.

Le logo de la firme pharmaceutique est l'élément central de l'écusson du Bayer Leverkusen.

Le logo de la firme pharmaceutique est l’élément central de l’écusson du Bayer Leverkusen.

Pour finir avec cette partie, il faut parler d’un club de football néerlandais qui a suivit à peu près la même trajectoire que Leverkusen. Il s’agit du PSV Eindhoven. PSV signifie Philips Sport Vereinging pour Association sportive de Philips. En effet, la multinationale fut fondée à Eindhoven dès 1891. En 1913, pour fêter le centenaire de l’indépendance des Pays-Bas, Philips décide de créer une équipe de football, le PSV Eindhoven, qui restera réservée aux salariés de Philips jusque dans les années 1930. Le club fête cette année ses cent ans et appartient toujours à Philips.

La mainmise de Philips n’apparaît pas sur le logo du PSV

La mainmise de Philips n’apparaît pas sur le logo du PSV

– L’entreprise présente dans le club dans un but de sponsoring et de marketing

Si les équipes que nous avons cités précédemment possèdent des liens historiquement fort avec les entreprises, d’autres ont été totalement phagocytés par des entreprises dans un but de promotion et de visibilité. En France, on peut citer l’Evian – Thonon – Gaillard Football Club. Cette équipe est une descendante directe de l’équipe de Croix-de-Savoie est compte comme actionnaire principal le groupe Danone. Si l’arrivée du groupe en 2006 a permis d’assainir les finances, Croix-de-Savoie ayant dû faire face à de gros problèmes financiers, beaucoup de supporters ont dénoncé les actions de Danone. D’une part, la création de nouveaux maillots roses, assortis au logo de la marque d’eaux Evian, propriété de Danone. D’autre part, la présence d’Evian dans le nouveau nom de l’équipe. En effet, le siège social de l’ETG est à Thonon et l’équipe joue ses matchs à Annecy. Or, Evian n’est là que pour faire de la publicité à la marque d’eaux minérales, le nom Evian étant d’ailleurs écrit avec le même logotype que celui présent sur les bouteilles d’eaux. Certains s’inquiètent des ambitions de Danone à long terme. En effet, si le groupe décide de se retirer du sport professionnel, qui sait ce qu’il adviendra de l’ETG ?

Si le logo de l'ETG reorend celui de Croix-de-Savoie, il rajoute le logo d'Evian au-dessus

Si le logo de l’ETG reorend celui de Croix-de-Savoie, il rajoute le logo d’Evian au-dessus

Retournons outre-Rhin, mais dans un sport totalement différent : le hockey sur glace. Le vénérable club de la ville de Düsseldorf, le Düsseldorfer EG (DEG) fut fondé en 1935. Il fait partie aujourd’hui de l’élite du hockey allemand, la Deutsche Eishockey Liga. En 2001, une grande entreprise de la ville décide de sponsoriser le club. Il s’agit du groupe Metro, propriétaire des magasins de gros du même non. Sous l’impulsion de l’entreprise, le club change de nom en DEG Metro Stars qui restera son nom jusqu’en 2012. Cette année là, Metro décide de se désengager et le club passe tout près de la disparition, ne trouvant pas de nouveaux sponsors. Un grand nombre de joueurs part alors. Cependant, le DEG réussit à se sauver financièrement et participe à la saison 2012/13. Las, les résultats sont catastrophiques et l’équipe finit bon dernier de la DEL. Le sponsoring de Metro n’a jamais permis au club de remporter un titre.

Le logo du DEG à l'époque du sponsoring avec Metro

Le logo du DEG à l’époque du sponsoring avec Metro

Mais l’entreprise qui fait de plus en plus parler d’elle dans le monde sportif, c’est bien Red Bull. Le fabricant de boissons énergisantes possède en effet un grand nombre d’équipe sportives à travers le monde. Si la plus connue est la Team Red Bull en Formule 1, on la retrouve au football (Red Bull Salzbourg, Red Bull New York, Red Bull Brazil, Red Bull Ghana, RB Leipzig) ou encore au hockey sur glace (Red Bull Salzbourg, Red Bull Munich). On sait qu’une grande partie des revenus de la marque est liée à la publicité, la stratégie de Red Bull est donc de sponsoriser le plus grand nombre de clubs. Ce mouvement peut néanmoins paraître inquiétant. Si d’aventure les revenus de Red Bull chutaient, les clubs ne seraient-ils pas condamnés ? De plus, cela conduit à une standardisation des clubs, qui possèdent le même logo, la même stratégie… Ne deviennent-ils pas alors des clubs banals ?

Le logo des Red Bulls de New-York. Le logo des autres équipes possédées par Red Bull suit ce modèle.

Le logo des Red Bulls de New-York. Le logo des autres équipes possédées par Red Bull suit ce modèle.

 

Ce tour d’horizon m’inspire une réflexion. S’il est nécessaire pour une équipe sportive de haut niveau d’avoir des sponsors pour boucler leur budget, il reste dangereux qu’une entreprise possède totalement une équipe. La débâcle du Düsseldorfer EG après le retrait de Metro en est un parfaite illustration. Il faudrait réussir à arriver à un certain équilibre entre les partenaires. A contrario, les clubs liés depuis leur fondation aux entreprises tirent un force de cette histoire. Les liens sont solides et participent à une pérénité de l’équipe, l’entreprise se sentant plus responsable de son existence.

Si vous voyez des erreurs dans cet article, n’hésitez pas à les corriger dans les commentaires. Vos réflexions sont également les bienvenus !

 

De l’apparence des châteaux de princesses dans le logo de Walt Disney Pictures

Parlons aujourd’hui d’un sujet d’importance. Mais d’un sujet d’un importance tellement capitale qu’il permet à la Terre de tourner, aux étoiles de briller et à Star Academy de passer sur NRJ 12. Parlons… du logo des studios Walt Disney.

Oui, ce sujet est complètement inutile et ne va pas révolutionner votre vie, mais figurez vous que l’année dernière, j’avais lu une mention sur Wikipédia que le château du nouveau logo des studios Walt Disney était le château de Cendrillon, alors que je pensais que c’était celui de la Belle au Bois Dormant. Et en partageant cette info sur Facebook, il s’en est suivit une longue discussion sur les châteaux dans les logos de Walt Disney. Aujourd’hui, grâce à l’aide massive de Wikipédia, je vais pouvoir faire le point sur la question et vous enrichir d’une info inutile, donc indispensable.

Reprenons l’ancien logo de Walt Disney Pictures :

Un logo mythique pour ma génération, trouvé sur Wikipédia.

Un logo mythique pour ma génération, trouvé sur Wikipédia.

Ah oui, ce logo avec cette musique si mythique qui ouvrait chaque dessin animé de la firme de l’oncle Walt. Et pour peu qu’on entende tout de suite après « Nuits d’Arabie » ou « L’Histoire de la vie », il y a de quoi vous donner des frissons… Enfin bref, ce logo. Le château qui y est représenté n’est autre que celui de… la Belle au Bois Dormant. J’avoue que lorsque j’ai appris cela, je fus un peu déboussolé. En effet, dans mes souvenirs, le château de la Belle dont je me souvient le plus, c’est celui qui se trouve dans le parc Disneyland de Paris. Un magnifique château élancé et vraiment « de conte de fées », qui n’a rien à voir avec le château de ce logo. Or, cette version du château a été conçu spécialement pour le parc français. Walt Disney Company voulait que le château se rapproche plus de l’imaginaire européen et a décidé de faire une version du château différente de l’originale.

Car la première version du Sleeping Beauty Castle est celle qui se trouve dans le premier parc Disneyland, ouvert à Anaheim en Californie (oui oui, la ville qui abrite les Ducks d’Anaheim…). Et cette version originale est en tout point conforme au logo de Walt Disney Pictures. Là où la version de Paris ressemble vraiment à un château de conte de fées, celui d’Anaheim est beaucoup plus « européen », les influences du créateur de cet édifice étant le château de Neuschwanstein en Allemagne ainsi que Notre-Dame-de-Paris. C’est cette même version qu’on retrouve dans le parc d’Hong-Kong Disneyland. Voilà un premier mystère résolu : l’ancien logo de Walt Disney Pictures est bien celui de la Belle au Bois Dormant, mais dans sa version d’Anaheim.

Sleeping Beauty Castle, au parc Disneyland d'Anaheim

Sleeping Beauty Castle, au parc Disneyland d’Anaheim, via Wikipédia

En 2007, la Walt Disney Company décide de changer l’animation du logo de Walt Disney Pictures. Animation beaucoup plus moderne, avec la même musique qu’avant, mais réorchestrée. On décidé également de changer l’apparence du château du logo. Voici à peu près ce que ça donne :

Logo actuel de Walt Disney Pictures, Wikipédia encore

Logo actuel de Walt Disney Pictures, Wikipédia encore

Dans mes souvenirs, c’est lors de la projection de Pirates des Caraïbes – Jusqu’au bout du monde que je l’ai vu pour la première fois. Je me souviens l’avoir trouvé vraiment réussi et de m’avoir dit « Ah, enfin, on le reconnaît le château de la Belle au Bois Dormant ! ». Sauf que, hélas pour moi, ce n’était plus le château de Belle que l’on voyait à l’image, mais… le château de Cendrillon.

En fait, il faut savoir qu’il n’y a pas que le château de la Belle au Bois Dormant dans les parcs Disney. Si c’est celui-ci que l’on retrouve à Disneyland Anaheim, Disneyland Paris et Hong-Kong Disneyland, c’est celui de Cendrillon que l’on retrouve à Walt Disney World (à Lake Buena Vista en Floride) et à Tokyo Disneyland. Il faut savoir que ces châteaux ne sont pas l’exacte réplique de ceux des dessins animés, mais sont retravaillés selon le concept du parc d’attractions. Cependant, s’il existait des différences flagrantes selon les versions pour le château de Belle, celui de Cendrillon est assez similaire qu’il soit à Walt Disney World ou à Tokyo. Et c’est donc ce château qui est présent dans le logo actuel des studios Disney.

Le Château de Cendrillon, à Walt Disney World, Wikipédia

Le Château de Cendrillon, à Walt Disney World, Wikipédia

Voilà pour cet article explicatif. C’est vrai qu’il est intéressant de suivre l’historique des logos de studios de cinémas. mais celui de Disney en particulier méritait vraiment qu’on s’y attarde !

La télévision régionale en France et en Allemagne

Parlons régions, France et Allemagne aujourd’hui. Pourquoi, me direz vous ? Parce que. Il n’y a pas de raisons particulières. Vous savez déjà que l’histoire de la radio et de la télévision me passionne en tant qu’amateur. Et puis, nous venons tout juste de fêter les 40 ans de France 3, qui fut créée le 31 décembre 1972. France 3 reste la chaîne des régions en France, de par sa structure spéciale qui lui permet d’avoir des bureaux d’information dans tout le pays. Mais au lieu de faire un simple historique de France 3, je me suis dit que ça pouvait être intéressant de voir comment ça se passe en Allemagne, autre pays à la culture régionale forte. Vous allez le voir, c’est très, très différent !

En France, France Régions 3

Dernier logo de FR3, avant le changement de nom (via le site de Cyril Bourreau)

Dernier logo de FR3, avant le changement de nom (via le site de Cyril Bourreau)

La troisième  chaîne de l’ORTF (c’est son nom officiel de baptême) fut créée donc le 31 décembre 1972. C’était une chaîne totalement en couleur et qui, à ses débuts, n’avait que trois heures de diffusion quotidiennes. Surtout, la Troisième chaîne s’appuyait sur les télévisions locales que l’ORTF avait ouvert un peu partout en France. La plus ancienne est Télé-Lille, fondée en 1950 et qui existe toujours aujourd’hui, sous le nom de France 3 Nord- Pas de Calais. Cependant, l’existence de cette troisième chaîne puisque dès janvier 1975, l’ORTF est dissoute. La troisième chaîne change alors de nom pour celui de France Régions 3, plus communément appelée FR3.

FR3 va également conserver les chaînes locales, par exemple Télé-Bordeaux va muer en FR3 Aquitaine. 22 stations régionales vont alors fabriquer des programmes pour la grande chaîne nationale. Ce que l’on sait peut, c’est qu’en  1975, FR3 garde également les stations de radio locales, qu’elle conservera jusqu’en 1982. A cette date, les radios régionales seront cédées à Radio France et se feront appeler « Locales de Radio France », puis aujourd’hui France Bleu. Enfin, en 1992, FR3 va changer de nom pour devenir France 3, nom sous laquelle on connaît encore aujourd’hui la chaîne.

Premier logo de France 3, 1992 (via Wikipédia)

Premier logo de France 3, 1992 (via Wikipédia)

Aujourd’hui, France 3 est organisée en 24 antennes métropolitaines qui permettent de fabriquer les reportages de proximité en région, notamment pour les tranches d’information de la chaîne. C’est d’ailleurs en grande partie l’information locale qui a fait le succès de la chaîne. Outre l’information, les antennes locales concoctent certaines émissions à portée locale, qui change selon la région dans laquelle on se trouve. Cependant, le décrochage régional (ces plages horaires où ce sont les émissions locales qui sont diffusées et non le programme national) reste minoritaire par rapport au programme national, qui est le même quelque soit la région. En fait, France 3 est une chaîne nationale avec des touches régionales.

 

En Allemagne, l’ARD

De l’autre côté du Rhin, cela ne se passe pas du tout de la même façon. En fait, il faut se souvenir que l’Allemagne est un pays fédéral, c’est-à-dire qu’un pouvoir bien plus important est octroyée à leurs régions, les « Länder », qu’à nos régions françaises. De fait, la culture n’est pas un domaine du ressort de l’Etat allemand, mais des Länder. D’ailleurs, lorsque le gouvernement de Willy Brandt a voulu créer une chaîne nationale d’Etat (qui deviendra la ZDF), il y a eu une énorme polémique. C’est pourquoi le fonctionnement des chaînes régionales allemandes est bien différent de celui de France 3. L’acteur de la télévision régionale allemande est la Communauté de travail des établissements de radiodiffusion de droit public de la République fédérale d’Allemagne (Arbeitsgemeinschaft der öffentlich-rechtlichen Rundfunkanstalten der Bundesrepublik Deutschland), plus couramment nommée ARD.

Le logo actuel de l'ARD, emprunté à Wikipédia

Le logo actuel de l’ARD, emprunté à Wikipédia

Derrière ce nom à rallonge se cache l’entreprise qui regroupe les chaînes locales allemandes. Là où sur France 3, on a une chaîne nationale avec décrochages locaux, en Allemagne on change de télévision locale selon là on l’on se trouve dans le pays. La chaîne locale de Berlin n’est pas la même que celle de Hambourg. En fait, si les chaînes ne sont pas les mêmes, c’est pour que chaque média local puisse montrer les diversités culturelles de sa région et s’adapter à un public local.

L’ARD fut créée en 1950. Aujourd’hui, neuf entreprises locales la composent : Bayerischer Rundfunk (BR, qui couvre le territoire de la Bavière), Hessischer Rundfunk (HR, qui est reçue en Hesse), Mitteldeutscher Rundfunk (MDR, qui couvre la Saxe, la Saxe-Anhalt et la Thuringe), Norddeutscher Rundfunk (NDR, reçue à Hambourg, en Basse-Saxe, en Schelwig-Holstein et en Meklenbourg-Poméranie Occidentale), Radio Bremen (RB, située à Brême), Rundfunk Berlin-Brandenburg (RBB, émet à Berlin et dans le Brandenbourg), Saarländischer Rundfunk (SR, la locale de Sarre), Südwestrundfunk (SWR, pour le Bade-Wurtenberg et la Rhénanie-Palatinat) et Westdeutscher Rundfunk Köln (WDR pour la Rhénanie du Nord-Westphalie). S’y ajoute également la Deutsche Welle, le service international allemand, à l’image de France 24 pour la France ou BBC World pour le Royaume-Uni. Chaque chaîne régionale possède des chaînes de télévision et des stations de radio sur son territoire d’émission. L’ARD possède également une part d’ARTE.

La carte des chaînes allemandes de l'ARD, faite pour Wikipédia

La carte des chaînes allemandes de l’ARD, faite pour Wikipédia

En sus de leurs émissions locales, les chaînes de l’ARD produisent également des émissions pour la chaîne nationale de l’ARD, Das Erste. Cette chaîne est reçue partout dans le pays et la plupart de ses programmes sont fait par les chaînes locales allemandes. Avec tout ça, on considère que l’ARD est le deuxième groupe audiovisuel public, derrière la BBC anglaise.

Le loge de Das Erste, la chaîne nationale de l'ARD (Wikipédia toujours)

Le loge de Das Erste, la chaîne nationale de l’ARD (Wikipédia toujours)

Et voilà pour cet article ! Il est vraiment intéressant de faire la différence d’organisation entre la France et l’Allemagne pour les chaînes régionales. Je ne sais pas quel est la meilleure organisation, mais j’espère que ce petit article explicatif vous a intéressé !

 

« Tu me passes ton MSN ? » : Vies et mort de MSN Messenger

Cela vous aura peut-être échappé vu que la principale actualité du moment est une certaine élection dans un petit pays pas connu du tout, mais le site The Verge a révélé lundi 5 novembre que les équipes de Microsoft travaillaient sur une migration des services de Windows Live Messenger vers Skype, racheté en 2011. Le lendemain, la firme de Redmond confirme les informations de The Verge et dit tabler sur une fin de service aux alentours du premier trimestre 2013. Finalement, c’est la mort d’un logiciel emblématique qui vient d’être annoncé, même si son importance a fortement décru au fil des ans.

Fin de service pour Windows Live Messenger

D’ailleurs, beaucoup d’utilisateurs de Windows Live Messenger avaient commencé à se détacher du logiciel dès 2005, lorsqu’il venait de remplacer le très populaire MSN Messenger. En fait, Live Messenger était la version 8.0 de MSN, Microsoft voulant une plus grande synergie entre ses services web (Messenger, Hotmail, Spaces…) C’est à ce moment, pour moi en tout cas, que le service est devenu une véritable usine à gaz et que je me suis détaché petit à petit de Messenger, jusqu’à ce que Facebook donne le coup de grâce.

Mais à l’époque du collège et du lycée triomphant, à ce moment clé où Internet, puis l’ADSL commença enfin à se démocratiser en France, MSN Messenger fut une véritable révolution. Certes, Microsoft n’était pas le seul acteur de ce monde de la messagerie instantanée. On y trouvait également ICQ et le logiciel propriétaire d’Aol, AIM, à l’époque où Aol était l’une des entreprises internet les plus puissantes. Mais dans mon souvenir, c’était bien MSN qui emportait la mise dans nos vertes contrées. Et c’était typiquement le logiciel qu’il fallait utiliser. Je me souviens que j’ai dû attendre fin 2002-début 2003 pour utiliser le logiciel, mon ancien ordi ne le faisant pas tourner (c’était pourtant un monstre de puissance : Pentium 166 Mhz, pas de carte 3D, 2 Go de disque dur !). Mais une fois installé, c’est le logiciel sur lequel je passais le plus de temps, pratiquement le premier que je lançais une fois mon Windows chargé. Et c’était LE lieu de rendez-vous. Où m’on pouvait passer des soirées entières, voire des nuits à parler avec des gens que l’on connaissait ou pas, à réconforter des amis (ou se faire réconforter), à essayer de retrouver des amis perdus de vue, à essayer de dragouiller un peu, à essayer de se réconcilier après quelques mots durs échangés… Bref, MSN était une extension virtuelle de notre vie de tous les jours.

Et là, vous avez un gros coup de vieux en vous souvenant de cette interface.

D’autant plus que c’était l’un des seuls endroit pour les jeunes de collège-lycée où l’on pouvait parler autant de temps que l’on voulait et sans la surveillance des parents. Parents qui s’inquiétaient d’ailleurs au fur et à mesure que les médias essayaient de prouver par a + b que MSN, c’était le mal avec un repaire de grands méchants dangereux pour la jeunesse (un peu comme Facebook aujourd’hui). En tout cas, je pense avoir sur mon ancien disque dur une grande partie de mes historiques de conversation, que je ressortirais  un jour pour me remémorer des souvenirs. En tout cas, MSN m’avait apporté beaucoup : la rencontre de nouvelles personnes, le développement d’amitiés et une mémorable reformation de ma classe d’école primaire tourangelle, qui n’aurait pas été possible sans MSN (et je dois l’avouer aussi, sans Skyblog).

Et MSN est devenu Live Messenger. Et Facebook est arrivé… Quand Facebook s’est démocratisé, c’est tout un pan de l’internet qui s’est retrouvé obsolète du jour au lendemain. Finies les sessions du soir à parler de choses et d’autres, finis les petits sons si caractéristiques qui annonçaient un nouveau message… Bref, cela ne va pas changer ma vie, puisque je n’utilisais plus Live Messenger. Mais c’était un petit article nostalgeek pour une partie de mes jeunes années internet qui disparaît.

La pellicule Kodak ou la nouvelle madeleine de Proust

Je pense que la nouvelle a dû vous parvenir, malgré les présidentielles et le bateau qui navigue sur l’eau et qui coule, mais Kodak, l’entreprise américaine de matériel photographique, vient de se placer sous la protection du chapitre 11 sur la loi américaine sur les faillites. Ce qui veut dire en gros que l’entreprise continue son activité, mais qu’elle est quand même super mal en point et qu’il ne serait pas étonnant qu’elle disparaisse corps et bien dans quelques temps.

Ancien logo de Kodak. Source : Dvelec

Alors bien sûr, je ne suis pas un photographe professionnel et le seul appareil photo qu’il me reste à la maison, c’est un Panasonic Lumix numérique, qui me suffit bien assez pour les quelques photos que je fais. Mais la fin de Kodak me fait écraser une petite larme, nostalgique que je suis. Parce que Kodak est rattaché à mon enfance et à de nombreux souvenirs.

Il n’est pas question de plaindre Kodak sur sa faillite : ils n’ont pas réussi à prendre le virage du numérique et l’entreprise s’est fait plomber par les nouveaux leaders du secteur : Nikkon, Canon, Sony, Panasonic et j’en passe. Mais voilà, la disparition de Kodak, c’est un évènement important pour beaucoup de monde, à mon avis.

Une pub française vantant la pellicule Kodak Gold. Crédits : INA et la Dépêche du Midi

Dans mon enfance, quand on achetait des pellicules pour notre appareil photo, c’était pour la plupart des Kodak. Je n’ai jamais su pourquoi, mais moi ça m’allait. J’aimais beaucoup la couleur des boîtes des pellicules Kodak, orange avec des liserés de couleur. Et puis, l’attente entre le moment où l’on dépose la pellicule pour la développer et celle où on retourne la chercher au magasin pour voir les photos développées. Bien sûr, pour moi, c’était de la magie et je ne comprenais pas comment on pouvait passer de la pellicule à la photo que j’avais entre les mains.

A cette époque, il y avait trois grands dans les pellicules (en tout cas, dans mes souvenirs) : outre Kodak, il y avait Fujifilm et ses boîtes vertes et Agfa et ses boîtes blanches. Il y avait aussi Polaroid, mais c’était un cas à part et pour moi, Polaroid représentait le grand luxe. Ce qui faisait des magnifiques murs de pellicules avec trois couleurs dominantes chez les revendeurs. Pour le commun des mortels, qui ne se passionnent pas forcément pour la photographie, difficile de savoir quelle pellicule était la meilleure. Et chaque famille avait une marque qu’elle prenait habituellement. Chez nous donc, c’était les pellicules Kodak Gold.

Quelques exemples de pellicules Kodak Gold. (Site : PhotoWeb.ru)

Et puis, il y avait cet accessoire indispensable pour toute sortie d’écolier : l’appareil photo jetable ! C’était si pratique pour les parents. Au moins, on ne confiait pas à la progéniture un vrai appareil qui coûtait cher, avec le risque de le retrouver abîmé, quand il n’était pas perdu. Avec l’appareil photo jetable, les enfants faisaient leurs photos et hop, on développait au retour, tout simplement. Par contre, je vous avoue que je ne me souviens plus du prix d’un appareil photo jetable à l’époque. 60 francs ? 70 francs ? Impossible de me souvenir… Si quelqu’un s’en souvient.

Ainsi donc, une féroce bataille s’engageait lors des sorties d’école entre le Kodak Fun et le QuickSnap de Fujifilm, Agfa étant franchement outsider dans les classes où j’étais. Le plus souvent, pour moi, c’était le Kodak Fun, avec sa couleur orange et rouge s’il était sans flash, orange et bleu s’il avait un flash. Classe nature, classe patrimoine… Les Fun et QuickSnap m’ont accompagnés partout. Le dernier souvenir que j’ai d’un appareil phot jetable, c’était pour mon voyage en Italie en 2002. Et après vérification sur les clichés développés, c’était un Fujifilm.

Un vieil appareil Kodak Fun sans flash, trouvé sur Ferapask.altervista.org

Oui, aujourd’hui, on peut développer facilement et en quelques minutes des clichés avec les appareils numériques. Mais sincèrement, je ne le fais plus vraiment. Mon album photo s’est arrêté vers 2005, date à laquelle on a commencé à prendre exclusivement des photos en numérique. Et finalement, ça manque un peu. Voire beaucoup. Je n’ai jamais eu assez de connaissances pour trancher le sempiternel débat « L’argentique est-il mieux que le numérique ? » (D’ailleurs, quel système a la meilleure qualité d’image ? Merci de me donner un coup de main pour répondre à cette question !) mais à la rigueur je m’en fous. Pour moi, l’argentique, ça représente toute mon enfance.

Kodak est sur son lit de mort et les autres anciens grands de la pellicule se sont reconvertis dans le numérique, soit ont coulé. Avec ce petit article, je voulais parler de ce que Kodak et l’argentique ont symbolisé pour moi, pour mon enfance. Et ça doit être pour ça que je suis triste que Kodak ferme. Pour toutes ces photos ratées, mal cadrées, énigmatiques que j’ai découvert après développement, pour ces albums remplis qui resteront longtemps dans la famille, merci Kodak.

"Kodak, c'était bien !", planche dessinée par Martin Vidberg sur son blog L'actu en patates, le 19 janvier 2012. (http://vidberg.blog.lemonde.fr)

Le système de classification des jeux vidéo PEGI : Pourquoi, comment ça marche, est-ce vraiment utile ?

En préambule et pour faire comme tout le monde, joyeuse dernière année avant l’Apocalypse, profitez bien de 2012 et toussa. Voilà, mon quota de voeux de nouvel an est atteint, on peut passer directement à l’article !

Un sujet vidéoludique pour ce premier article de l’année. Je voulais le faire avant les fêtes de Noël mais je n’ai pas trouvé le temps…  En fait, cet article m’a été inspiré par la présentatrice de l’émission 101% de Nolife, Mima, qui a déclaré, en gros, que les indications d’âge minimum ne sont pas très claires sur les pochettes des jeux vidéo et qu’on risquait de s’y perdre. Au début, je n’étais pas du tout d’accord avec elle, surtout que maintenant qu’il y a de la couleur, les indications sont claires. Mais finalement,  je me rends compte que, pour moi qui baigne dans le jeu vidéo, ces indications sont très claires, mais pour les non-habitués à l’achat de jeu vidéo, c’est bien plus compliqué. Et c’est particulièrement vrai en temps de fêtes, quand les parents ou grand-parents veulent offrir un jeu aux plus jeunes, sans trop savoir comment s’y prendre.

Ainsi, et malgré le fait que je pense que la majorité des lecteurs de ce Blogpaper sont au fait de ces symboles, je vous propose un petit rappel du système de classification du jeu vidéo en France, avec quelques logos pour expliciter tout ça.

En Europe, chaque pays possède un organisme qui permet de classer les jeux vidéo en fonction de l’âge conseillé, afin de pouvoir s’y retrouver sans trop de problème. En France, c’est le SELL, le Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs, qui s’en occupe et qui avait un système de pictogrammes qui permettait de s’y retrouver. Il y avait quatre niveaux de classification : « Tous Publics », « Déconseillé aux moins de 12 ans », « Déconseillé aux moins de 16 ans », « Interdit aux moins de 18 ans ». Cette mention était sur la jaquette du jeu, permettant une identification rapide du public visé.

Depuis 2003, les principaux organismes de classification d’Europe se sont accordés sur un système commun à toute l’Europe : le PEGI ou Pan European Game Information. Ainsi, partout en Europe, le même jeu sera identifié par le même pictogramme, ce qui est plus simple, clair et pratique. On dénombre cinq niveau de classification :

Les 5 niveaux de classification PEGI (Souce : Vie de Geek)

3 ans et plus : Le jeu est tout mignon et confient à tous
7 ans et plus : Ne convient pas aux plus jeunes, mais ça reste doux
12 ans et plus : Risque de sang ou alors ce sont des jeu de réflexion où il faut avoir un certain âge pour comprendre les mécanismes du jeu
16 ans et plus : Réservé aux plus vieux ados et aux adultes
18 ans et plus : Sang, sexe, violence… Ca ne convient pas vraiment aux plus jeunes.

Ce pictogramme est inscrit en gros sur la pochette de tous les jeux vendus en France, permettant à tous les acheteurs de jauger le public visé par le jeu d’un simple coup d’oeil. De plus, les principales enseignes de vente de jeu vidéo et les hypermarchés doivent, depuis un accord passé il y a peu, demander la carte d’identité aux acheteurs de jeux 18+.

Sur le verso de la boîte, se trouvent d’autres pictogrammes, qui sont là pour clarifier le classement du jeu : pourquoi tel soft va écoper d’un classement 18+ ? Pourquoi Adibou et Hello Kitty dans l’île aux aventures a été classé 7+ ? Bref, une panoplie de huit pictogrammes existent, les voici :

Les huit pictogrammes en plus. Trouvé sur le site de EA

Violence : On se bat, on tue, c’est sanglant…
Langage grossier : On parle un langage très imagé, avec plein d’insultes et de sous-entendus
Drogue : On voit des éléphants roses, on achète des substances illicites et on va dans le ciel avec des diamants avec Lucy
Discrimination : On accrédite les thèses du Front National, et on considère que les blancs sont supérieurs
Peur : BOUH dans le noir, on s’amuse à s’effrayer
Jeux de hasard : On fait tourner des roulettes et on montre qu’une quinte flush vaut plus qu’une paire de deux
Sexe/Nudité : On fait des galipettes et tu vois ce que je veux dire
Online : Attention, tu risques de rencontrer… d’autres gens

Avec toutes ces indications, vous ne vous tromperez plus sur le public autorisé à jouer à tel ou tel jeu vidéo. Bref, c’est vraiment un outil utile et c’est, à mon sens, important d’avoir un outil unifié à hauteur de l’Europe. Bref, j’espère que ce petit article vous sera utile et vous a intéressé.