Carnet de Voyage à Barcelone – Sixième partie

Jour 6 – Parc Guell/MACBA

C’est en ce sixième jour barcelonais que nous allons finir notre visite des monuments conçus par Gaudi. Il fait chaud, le soleil tape fort, pourquoi ne pas aller dans un parc alors ? Nous nous dirigeons alors vers le parc Guell qui est un peu excentré. Et comme nous sommes très très flemmards, on sort à la station de métro la plus proche du sommet du parc, pour la bonne raison que des escaliers mécaniques mènent directement au parc. Rapide et efficace pour commencer sa visite.

Le parc Guell vient d’un projet imaginé par l’industriel Eusebio Guell qui voulait créer un lotissement de plus de 50 villas placées dans un somptueux parc, conçu par Gaudi. Le projet fit un grand flop (seules 2 villas furent construites) mais le parc continua à exister et Antoni Gaudi habita même au centre du parc durant des années, avant de déménager dans son atelier à la Sagrada Familia.

Le haut du parc est très simple, même s’il offre une vue imprenable sur Barcelone. Les principaux points d’intérêt sont les œuvres du maître comme trois viaducs très gaudiens, les bancs en mosaïque dominant Barcelone et l’entrée, superbe. Bref, un très bon moment de promenade.

L'un des viaducs serpentant dans le parc Guell

L’un des viaducs serpentant dans le parc Guell

Retour au centre-ville. Dans cette cité où beaucoup de musées coûtent cher, nous avions pris l’Articket BCN, qui offre pour 30 € l’entrée à six musées : le MNAC et la Fondation Miro (déjà faits), la Fondation Antoni Tapiés (faite également, malheureusement je suis resté assez imperméable à l’oeuvre de l’artiste), le Musée Picasso et le Centre d’art contemporain (que nous ferons demain) et enfin le Musée d’Art Contemporain de Barcelone. C’est ce dernier que nous allons visiter.

La collection est très éclectique et, comme toute exposition d’art contemporain, certaines œuvres nous parlent et d’autres bien moins… En tout cas, c’est une collection diversifiée et très agréable à parcourir, même les œuvres qui ne nous parlent pas.

Le bâtiment contemporain du MACBA est très simple et élégant

Le bâtiment contemporain du MACBA est très simple et élégant

D’ailleurs, j’ai remarqué une grande différence entre les musées de Barcelone et les musées français. Dans notre pays, beaucoup de musées préfèrent exposer le plus grand nombre possible d’œuvres, quitte à ce que l’oeuvre perde en lisibilité et en force. A Barcelone, peu d’œuvres sont exposées dans chaque salle, mais cela permet d’admirer au mieux l’oeuvre, de prendre le temps de la déchiffrer… A vous de voir ce que vous préférez !

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Carnet de Voyage à Barcelone – Cinquième partie

Jour 5 – Barri Gothic/Palais de la musique catalane/Camp Nou

A force de voir du modernisme partout et de voir les plus belles réalisations de Gaudi, on en oublierait presque que Barcelone a été fondée bien avant le XIXe siècle. En effet, il subsiste encore en centre-ville un grand quartier médiéval, le Barri Gothic, où sont conservés de très belles maisons médiévales ainsi que de magnifiques églises.

Cependant, j’avais un peu oublié qu’on était dimanche. C’est comme ça les longs voyages. A un moment, on perd toute notion du calendrier et il faut se répéter plusieurs fois par jour « On est jeudi, on est dimanche… » pour arriver à se refixer. Or, j’avais un peu oublié de faire ça, ce qui fait que les deux églises qui nous devions visiter ce jour (la Cathédrale et l’église Sainte Marie de la Mer), étaient totalement consacrées au culte et à la messe de sorte que nous n’avons pas pu aller plus loin que le début de la nef. Néanmoins, les deux édifices étaient vraiment magnifiques, témoins d’une justesse architecturale manifeste.

Heureusement pour nous, ce dimanche était le jour d’ouverture à la visite de la mairie de Barcelone, qui se situe également dans le Barri Gothic, entre la Rambla et la via Laietana. C’est un bâtiment à l’intérieur superbe, gothique dans toute sa splendeur bien que certaines parties ont été refaites bien plus tard. Peu de visiteurs nous accompagnaient, nous avons donc pu prendre notre temps. Si jamais vous allez à Barcelone, surtout n’hésitez pas à passer par là !

Intérieur de l'Hôtel de Ville de Barcelone

Intérieur de l’Hôtel de Ville de Barcelone

Après une escapade gothique, retour à du modernisme catalan dans toute sa splendeur avec le palais de la musique catalane. Splendeur n’est d’ailleurs pas un mot volé car là encore, la débauche de couleurs, de symbolisme et de technique se combinent habilement pour donner une salle de spectacles des plus abouties, aussi bien techniquement qu’acoustiquement. Un régal pour les sens.

Verrière de la salle de spectacle du Palais de la Musique catalane

Verrière de la salle de spectacle du Palais de la Musique catalane

Je suis bien conscient d’utiliser peut-être trop souvent les mots « sublime », « splendide », « beau », « superbe », mais je vous jure que c’est véritablement ce que j’ai ressenti. En fait, Barcelone n’est semblable à aucune ville que j’ai pu visité avant et c’est pour ça que tout me paraît nouveau. Au delà de ça, les édifices sont vraiment de toute beauté.

Moins superbe fut la rencontre avec le Camp Nou, le stade de la très connue équipe du FC Barcelone. Qu’on ne se méprenne pas, l’édifice est impressionnant par sa grandeur (c’est l’un des plus grands stades au monde) mais il n’y a pas vraiment de recherche architecturale. On visite plus un symbole qu’une audace esthétique.

Vue un peu lointaine du Camp Nou

Vue un peu lointaine du Camp Nou

Je n’ose imaginer le Camp Nou conçu par Gaudi…

Carnet de Voyage à Barcelone – Quatrième partie

Jour 4 – Sagrada Familia et Casa Battlo

La seule image que j’avais de la Sagrada Familia, outre les photos trouvables sur Internet, c’est le pion à son effigie que l’on peut trouver dans une vieille édition européenne du Monopoly. Autant dire que je n’en connaissais pas grand-chose. Et j’avoue que la vision, à la nuit tombée, de la façade créée par Gaudi me laissa des plus perplexe, tant la complexité et le décor chargé me laissaient dubitatif.

Mais que serait un séjour à Barcelone sans entrer dans cette église ? C’est donc aujourd’hui que nous allons la visiter.

Déjà, il faut attendre. Ce qui est on ne peut plus normal puisque la Sagrada serait, d’après mon ami Wikipédia, le site le plus visité d’Espagne. On prend donc son mal en patience et c’est parti pour une heure de queue pour atteindre l’entrée et la caisse, en tournant autour de ce bien curieux édifice en constante évolution.

J’imagine bien les visiteurs qui, jusqu’à un temps pas si lointain, devaient visiter la nef alors que cette dernière n’était pas encore couverte. Une sensation étrange si vous voulez mon avis. D’ailleurs, l’intérieur même de l’église est pratiquement fini, ne manquent que la plus haute tour et la façade principale pour que la Sagrada Familia soit enfin complétée. Dans le petit musée installé dans l’édifice, on nous parle d’une fin de construction vers 2025-2030. Autant dire encore un certain temps.

Bref, pénétrons dans l’édifice.

Autant l’extérieur m’avait laissé, je vous l’avais dit, extrêmement dubitatif, l’intérieur me conquiert dès les premières secondes. C’est tellement étonnant et tellement beau ! Les piliers qui supportent la nef sont tels les arbres d’une forêt, la décoration est si simple et pourtant si riche, voire complexe à déchiffrer… Si le plan de la Basilique est finalement très semblable aux édifices plus conventionnels (avec une nef, un transept, un chevet, un déambulatoire…), la décoration en fait un édifice unique au monde. Un coup de cœur.

Les colonnes supportant le toit de la nef à la Sagrada

Les colonnes supportant le toit de la nef à la Sagrada

Antoni Gaudi étant mort renversé par un tramway, Salvador Dali a dit que les chauffeurs de tramway « devaient être affectés à la construction de la Sagrada Familia, à titre expiatoire ». Après avoir vu ce que Gaudi avait imaginé pour cette église, je comprends mieux cette phrase.

Mais ça n’était rien à côté de ce que j’ai vu à la Casa Battlo.

C’est une maison située dans le centre-ville de Barcelone, dans le Passeig de Gracia, commandé par un bourgeois, monsieur Battlo, à Gaudi. Gaudi y a fait preuve d’une telle inventivité dans tous les compartiments que l’on ne peut qu’avoir le souffle coupé en visitant cette maison. Les techniques utilisées par l’architecte sont ingénieuses, l’utilisation des couleurs est particulièrement pertinente et le nombre de références est tel qu’on doit passer énormément de temps à scruter le moindre détail pour comprendre tout ce que Gaudi a voulu dire.

La Casa Battlo à la nuit tombée

La Casa Battlo à la nuit tombée

Je crois qu’on peut vraiment le dire, Gaudi était un génie.

Carnet de Voyage à Barcelone – Troisième partie

Jour 3 – Montjuic, deuxième partie

Quand il y en a plus, il y en a encore. Telle pourrait être la devise de cette deuxième partie dans la colline de Montjuic. Puisque l’on n’avait pas pu voir tout ce que l’on voulait mors du premier jour, il fallait y retourner. Mais ce coup-ci, nous y sommes allés en métro et en funiculaire, qui nous a déposés à peu près à mi-hauteur de la colline. Une très bonne idée, puisque l’ascension jusqu’au château, situé au sommet de la colline, est un peu éprouvant, surtout par un soleil cuisant !

Le bâtiment du fort de Montjuic est véritablement impressionnant, puisqu’il défend réellement l’entrée du port de Barcelone. C’était un ancien musée de la Guerre, avant que la ville de Barcelone décide d’enlever tout ça pour en faire (un jour) un centre international pour la paix. En tout cas, pour l’instant, c’est pour le superbe panorama que la visite du château vaut le coup, car la vue qu’il offre sur la cité catalane en vaut la peine !

Entrée du fort de Montjuïc. Nous sommes à près de 180 mètres de hauteur !

Entrée du fort de Montjuïc. Nous sommes à près de 180 mètres de hauteur !

Lorsque nous redescendons, c’est pour nous rendre au parc olympique de Montjuic. En effet, Barcelone a accueilli les Jeux Olympiques d’été en 1992 et, bien que pas vraiment passionné de sport, je m’intéresse beaucoup à l’histoire des jeux olympiques modernes (cherchez pas, c’est dans mes nombreuses lubies…). Et j’ai vraiment eu le coup de cœur, tant pour le Stade Olympique et sa façade très catalane et l’ensemble du parc olympique, simple et beau, où seule la tour de télécommunications conçue par Santiago Calatrava (qui a dessiné la gare TGV de Lyon – Saint-Exupéry) fait preuve d’une fantaisie intéressante. De plus, on peut rentrer dans le stade gratuitement ; ce qui n’est pas négligeable. Car pour tous ceux qui veulent partir dans cette ville, je préfère vous prévenir : Barcelone est belle, mais horriblement chère, peut-être plus que Londres, c’est dire.

Porte-flamme des JO de 1992, toujours en place sur le stade olympique

Porte-flamme des JO de 1992, toujours en place sur le stade olympique

A proximité du stade, le musée de l’Olympisme et du Sport n’est pas indispensable si vous ne goûtez pas aux JO et au sport, mais reste sympa à voir.

Après avoir passé un certain temps dans le parc olympique, on redescend vers le bas de la colline pour se rendre dans un endroit intriguant, le Poble Espanyol, construit lors de l’exposition universelle de 1929. D’ailleurs, on peut considérer que cette Exposition et les JO ont remodelé de façon importante la colline de Montjuic. Bref, le Poble Espanyol se veut un concentré de tous les styles architecturaux du royaume d’Espagne, en fabricant des fac-similés de plusieurs maisons et monuments de toutes les régions espagnoles. Je suis pour ma part très mitigé : si la reproduction des maisons et des différents styles est indubitablement réussie, il y a un grand mercantilisme puisque la plupart des maisons abritent des artisans ou des restaurants. Bref, je reste circonspect.

A travers les rues du Poble Espanyol

A travers les rues du Poble Espanyol

Enfin, il nous faut rentrer dans le centre : de la place d’Espagne, retournons vers le Passeig de Gracia, près de la place de Catalogne. Un petit détour avant de rentrer afin d’apercevoir, à la nuit qui tombe, la Casa Battlo et la Pedrera, deux bâtiments construits par Gaudi, afin de mieux nous préparer à la journée de demain, puisque nous commencerons par la Sagrada Familia !

Carnet de Voyage à Barcelone – Deuxième partie

Jour 2 – Montjuic, première partie

Faut-il prendre de la hauteur pour bien commercer sa visite d’une ville ? En tout cas, pour ce premier vrai jour de visite, nous décidons de nous diriger vers Montjuic, la colline à l’est du centre de Barcelone. En effet, à voir la quantité phénoménale de lieux à voir à cet endroit, c’est le meilleur endroit pour des premières visites.

Pas de voyage en métro pour l’aller : autant marcher depuis la place de Catalogne vu que l’on n’a pas encore trop mal aux jambes ! Arrivés à la place d’Espagne, nous apercevons, dans la perspective des deux copies de campaniles vénitiens, un énorme palais que l’on dirait sorti de l’art baroque austro-hongrois. Il s’agit du Musée National d’Art de Catalogne, musée à priori impressionnant, en tout cas par la grandeur du monument.

Le MNAC est sur la gauche de l'image, vue depuis l'avenue de la reine Marie-Christine

Le MNAC est sur la gauche de l’image, vue depuis l’avenue de la reine Marie-Christine

Autant le dire, le MNAC m’a laissé forte impression, notamment pour ses grandes collections d’art roman et gothique. Du côté roman, le musée a reconstitué des nefs et des absides d’églises afin d’y exposer des fresques d’époque. Du côté gothique, on peut admirer de très belles pièces comme des retables ou des portes peintes monumentales. Superbe !

On y passe bien trois heures, si l’on veut tout visiter comme il faut !

Ensuite, un saut à la fondation Miro, situé non loin du MNAC. Un bâtiment très étonnant pour une collection qui n’en est pas moins. En effet, j’avoue avoir eu un peu de mal à comprendre toute la subtilité de l’œuvre de ce peintre. Néanmoins, j’ai été touché par certaines peintures et même s’il est loin d’être dans mes peintres préférés, la collection des peintures est agréable à parcourir.

Première journée à Montjuic enrichissante, mais épuisante ! Nous allons repartir mais ce coup-ci, par le funiculaire de la colline et par le métro ! Enfin je peux parcourir le monde souterrain, comme je le fais traditionnellement dans chaque ville que je visite !

La nuit est tombée sur Barcelone mais nous décidons, vers 22 heures, de rendre visite à l’une des stars de la ville : la Sagrada Familia. Au moins, à cette heure, il n’y a pas grand monde même si elle est fermée ! L’une des façades, éclairée, brille de mille feux dans la nuit. A première vue, le chef d’œuvre de Gaudi ne me laisse pas indifférent. Même si je conviens que le style est tout à fait unique et indéniablement beau, je ne suis pas transporté d’enthousiasme à sa vue… Peut-être, quand nous irons la visiter plus en profondeur, mon avis changera.

La Sagrada by night

La Sagrada by night

Mais ce ne sera pas demain, puisque dès le matin, nous retournerons à Montjuic !

Carnet de Voyage à Barcelone – Première partie

Quelques mots pour vous expliquer ma démarche.  Je viens de passer une semaine à Barcelone et pour la première fois depuis un certain temps, j’ai écrit un petit journal de voyage, relatant mon épopée dans cette ville que je ne connaissais pas du tout. En rentrant, je me suis dit que ça pouvait être intéressant de vous le faire partager. Toute cette semaine, vous aurez donc vers 16h30 chaque jour un épisode de mon voyage.

Quelques mises en garde : le journal a été écrit pendant mon séjour et n’a qu’été très peu retouché à mon retour. Par choix, j’ai traduit certains noms de rues en français, mais vous pouvez sans trop de peine retrouver les noms originaux avec une petite recherche Google. Ce texte n’a aucune vocation littéraire, prenez le plus comme une récit de la découverte d’une ville qui, à la base, ne m’attirait pas du tout. Enfin, il y a très peu de conseils pratiques, c’est plus dans de la description. Et en cas de questions ou de réactions, les commentaires sont là !

C’est parti.

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Jour 1 – Aéroport/La Rambla/La Rambla del Mar

Barcelone, donc.

Je n’avais pas encore visité cette ville dont pourtant beaucoup d’amis m’ont tressé les lauriers. Moi, je suis bien plus attiré par les pays nordiques. Ainsi la capitale catalane m’est restée inconnue. Et puis, à mon tour de prendre l’avion, de voyager jusqu’en Espagne et de voir par moi-même si oui ou non, Barcelone valait vraiment le coup.

La première impression est mitigée. Si le paysage est superbe, rien ne me transperce le cœur, alors que le bus fait route vers la ville. Cependant, je sais bien que les faubourgs des grandes villes ne sont pas ce que l’on peut appeler des canons de beauté.

C’est au moment où le bus débouche sur la place d’Espagne que Barcelone prend un ton nouveau : une ville beaucoup plus séduisante, ibérique et cosmopolite. Est-ce la majestuosité des anciennes arènes qui provoque ce changement de cap ? En tout cas, la ville me donne bien plus envie, m’invite plus à la découverte.

Les anciennes arènes de Barcelone, transformées depuis en centre commercial

Les anciennes arènes de Barcelone, transformées depuis en centre commercial

A peine le temps de prendre possession de la chambre, c’est parti pour le rendez-vous des touristes : la Rambla. Le choc : de la vie partout, de belles façades, le marché de la Boquera à peine aperçu, mais déjà si beau. Puis le débouché sur le monument à Christophe Colomb et la Rambla del Mar, promenade refaite et agréable près de la Méditerranée. La nuit tombe et Barcelone illuminé devient encore plus belle, avec les lumières lointaines de Montjuic. En rentrant par les Ramblas, la découverte de la place Royale avec ses colonnes et son style colombien (bien que construite bien après, au XIXe siècle), son ambiance particulière finit de me convaincre que Barcelone a bien des choses à montrer.

Allez Barcelone, je te laisse ta chance.

[NHL] Poker menteur entre Glendale, Québec, Seattle… et Las Vegas

Revenons un peu au monde impitoyable de la NHL, alors que se déroule actuellement la finale de la coupe Stanley, entre Boston et Chicago. Il se joue en ce moment une histoire à multiples rebondissements : la vente de l’équipe des Coyotes de Phoenix. Encore une fois, je vais essayer d’être le plus simple possible. Je vous renvoie également à l’article que j’avais publié à propos du déménagement des Trashers d’Atlanta à Winnipeg.

Une équipe en grande difficulté

C’est en 1996 qu’arrive en Arizona l’équipe des Jets de Winnipeg. La concession est achetée par un groupe d’investisseurs mené par le propriétaire des Suns de Phoenix, équipe NBA, et va déménager l’équipe en Arizona, qui prend alors le nom de Coyotes de Phoenix, où ils jouent dans le même aréna que l’équipe de basket des Phoenix Suns. En 2003,  les Coyotes déménagent dans une nouvelle patinoire flambant neuve, le Glendale Arena, nommé aujourd’hui Jobbing.com Arena, située à Glendale, dans la banlieue de Phoenix. Le déménagement de l’équipe en Arizona fait partie d’un plan conçu par Gary Bettman, le commissaire de la NHL. Bettman considère que le hockey sur glace n’est pas assez présent sur le marché américain, qui serait plus lucratif que le marché canadien. En arrivant à Phoenix, ville où sont déjà établies nombres d’équipes sportives professionnelles, la NHL espère capter une partie de la population, intéresser les habitants au hockey et ainsi tirer de nouveaux profits.

Logo actuel des Coyotes de Phoenix (Toutes les images de cet article viennent de Wikipédia)

Logo actuel des Coyotes de Phoenix (Toutes les images de cet article viennent de Wikipédia)

Cependant, les affaires ne sont pas aussi florissantes dans le désert. En mai 2009, le propriétaire de l’équipe à ce moment, Jerry Moyes, annonce la banqueroute de l’équipe, écrasée sous le poids des créances. Les Coyotes se placent alors sous le chapitre 11 de la loi sur les faillites américaines. La Ligue cherche alors des personnes intéressés par l’achat de la concession… et de son maintien à Glendale. Le problème, c’est que personne ne se manifeste pour garder l’équipe en Arizona. Cependant, en novembre 2009, le propriétaire vend l’équipe à la  NHL elle-même, qui va chercher des investisseurs. Pendant ce temps de recherche, la franchise sera possédée par la Ligue dans une situation qui, normalement, devait être temporaire…

« Devait » être, puisqu’à ce jour, les Coyotes de Phoenix sont toujours propriété de la NHL. Cependant, un certain nombre de signes indique une dénouement proche. La ville de Glendale, qui a déjà mis à la main à la poche pour aider les Coyotes, commence à ne plus vouloir financer une équipe qui n’est pas rentable. De plus, si quelques investisseurs ont voulu acheter l’équipe, les négociations capotent toujours quand vient sur la table la question du Jobing.com Arena. Si le bâtiment est propriété de la ville, les futurs acheteurs deviendraient les opérateurs de l’aréna et demandent pour faire ce job une compensation à la municipalité. C’est sur ce point que les négociations échouent, les éventuels investisseurs demandant généralement un prix bien plus élevé que ce que Glendale souhaite donner.

Actuellement, des négociations sont en cours avec un groupe d’acheteurs intéressés. Si un accord est trouvé entre la ville et ce groupe, les Coyotes joueront à Phoenix la saison prochaine. Si non, la franchise sera très probablement déménagée.  Le problème, c’est où relocaliser en un minimum de temps l’équipe. Trois solutions peuvent s’offrir à la NHL.

L’attente de la Belle Province

A Québec, on suit de très près l’avancée du dossier des Coyotes. En 1995, le déménagement de l’équipe locale, les Nordiques, pour Denver dans le Colorado a été vécue comme un véritable crève-cœur pour la ville, qui attend depuis le retour d’une équipe. Depuis quelques temps, on s’active de plus en plus : construction lancée d’un nouvel amphithéâtre, appels du pied marqués de la part de la municipalité et du groupe Québécor… Québec se présente comme une solution parfaite pour l’hébergement des Coyotes en cas de déménagement forcé. Même si le nouvel aréna n’est pas encore construit, la patinoire du Colisée Pepsi, ancienne glace des Nordiques et actuelle maison des Remparts de Québec, peut accueillir provisoirement la concession. En théorie, c’est la destination idéale.

Logo que les Nordiques de Québec auraient dû utiliser s'ils n'avaient pas déménagé...

Logo que les Nordiques de Québec auraient dû utiliser s’ils n’avaient pas déménagé…

Cependant, beaucoup pensent que dans ce dossier, Québec se montre « trop » intéressée. La ville, en cas de négociations avec la NHL, serait en position de faiblesse par rapport à la Ligue, puisqu’il est de notoriété publique que Québec serait prête à beaucoup de concessions pour retrouver une équipe de haut niveau. De plus, il serait plus intéressant pour la Ligue d’accorder à la ville canadienne une équipe dans le cas d’une expansion, où les droits d’entrée sont plus élevés que la cadre d’une simple vente…

Seattle sur les rangs

D’autant que depuis quelques mois un plan B se profile pour la NHL. A Seattle, un pool d’investisseurs (dans lequel on trouve le dirigeant de Microsft, Steve Ballmer) s’est mobilisé pour racheter une équipe de NBA, les Kings de Sacramento. Seattle possédait une franchise NBA jusqu’en 2008, les Seattle Supersonics, mais elle fut vendue et déménagée à Oklahoma City, où elle est toujours actuellement. Dans l’optique d’un retour de la NBA à Seattle, le groupe d’investisseurs est en train de construire une salle pour accueillir une équipe. Mais il aimerait également qu’outre une équipe de NBA, une équipe de NHL réside dans la nouvelle aréna. L’idée à de quoi séduire Gary Bettman, puisqu’une franchise à Seattle permettrait de toucher un nouveau public. Avec le Canada tout près, cela peut déboucher sur une concession lucrative ou tout du moins ne perdant pas d’argent.

Dernier logo des Seattle Supersonics

Dernier logo des Seattle Supersonics

Cependant, le projet a été fortement secoué par l’échec de la vente des Kings de Sacramento au groupe d’investisseurs de Seattle, puisqu’après un vote en mai 2013, les propriétaires des franchises NBA ont voté contre un déménagement vers Seattle. Cependant, le projet d’aréna est toujours d’actualité. En cas de déménagement des Coyotes et en attendant la livraison du nouvel amphithéâtre, l’équipe de hockey pourra jouer au KeyArena, l’ancien parquet des Supersonics. D’ailleurs, la semaine dernière, RDS croyait savoir que Seattle était le plan B de la NHL en cas de relocalisation.

Las Vegas en outsider

En mars, la presse se faisait l’écho d’une grande avancée dans le projet d’aréna à Las Vegas, sous l’impulsion d’AEG (qui gère le Staples Center à Los Angeles ou encore l’O² Arena à Londres) et MGM Resorts, propriétaire notamment du MGM Grand à Las Vegas. La volonté de ce nouvel aréna est de dynamiser un peu la ville, pour qu’elle soit attractive autrement que pour ses casinos et sa possibilité de se marier vite. Cependant, pour animer la salle, ce serait bien qu’une équipe y réside, voire deux. C’est pourquoi AEG et MGM Resorts sont intéressés par l’achat d’une concession NBA ou NHL. Un nouveau marché, voilà ce qui pourrait intéresser la ligue…

Ohhhh... Las Vegas...

Ohhhh… Las Vegas…

En tout cas, le dossier n’est pas fini, on en reparle très bientôt !