Philips

Le jour où Nintendo créa la Playstation

Parlons histoire du jeu vidéo aujourd’hui sur le Blogpaper. En effet, je me suis replongé dans l’histoire de la conception de la Playstation depuis que ma douce et tendre m’a offert une PS2 slim il y a quelques temps, remplaçant au pied levé ma PS2 fat tombée au champ d’honneur. Et finalement, c’est vrai qu’on oublie souvent que la création de la console de Sony puise ses origines d’une collaboration avortée avec Nintendo. Beaucoup de sites à travers Internet relate cet épisode de la guerre des consoles, à mon tour de vous narrer cette magnifique aventure qui, si elle n’avait pas existé, aurait changé le monde du jeu vidéo tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Le CD, une invention nippo-hollandaise

Les origines de notre histoire remontent à la fin des années 1970 où deux entreprises travaillent sur un remplaçant du CD vinyl : le japonais Sony Corporation et l’hollandais Koninklijke Philips Electronics N.V (que nous simplifierons, comme tout le monde, en Philips). On sait que les premières expériences en la matière de l’entreprise hollandaise ont commencé vers 1973 et c’est un peu plus tard que Sony développe un tel projet, aux environs de 1976. Ce qui est sûr, c’est que les deux entreprises décident de joindre leurs efforts en 1979 afin de créer le nouveau standard de lecture de musique. Dans le projet, Philips est chargée de concevoir le support CD et la lentille de lecture alors que Sony s’occupe plus spécifiquement du format audio utilisé et de la méthode pour corriger les erreurs de lecture. A l’époque, il ne faut pas oublier que Philips était l’un des acteurs majeurs de la musique puisque l’entreprise possédait entre autres le label PolyGram ainsi que Deutsche Grammophon, label bien connu des amateurs de musique classique.

De gauche à droite : Joop Sinjou, chef du projet CD chez Philips ; Herbert von Karajan, légendaire chef d'orchestre publié chez Philips et Akiyo Morita, président de Sony. (Source : Philips)

De gauche à droite : Joop Sinjou, chef du projet CD chez Philips ; Herbert von Karajan, légendaire chef d’orchestre publié chez Philips et Akiyo Morita, président de Sony. (Source : Philips)

En 1982, les deux corporations lancent donc sur le marché le Compact Disc (CD). Il peut contenir 74 minutes de musique et l’on dit que c’est à la demande du président de Sony, Norio Ohga, qu’il en est ainsi car ce dernier voulait qu’un enregistrement de la 9ème symphonie de Beethoven dirigée par Herbert von Karajan tienne sur un seul CD. En 1985, l’album Brothers in Arms de Dire Straits est le premier CD à se vendre à plus d’un million d’exemplaires et dès 1988, le CD supplante le vinyl en termes de chiffres de ventes. Sony et Philips seront par la suite associés dans d’autres technologies comme par exemple celle du Blu-Ray.

CD et jeu vidéo, une possible association ?

C’est au moment où le CD prend le leadership des supports pour musiques que l’on commence à sérieusement réfléchir à une possible utilisation de ce nouveau média pour les consoles de salon. La tentative du Famicom Disc System de Nintendo, à base de disquettes propriétaires, a fait long feu et la majorité des machines de l’époque utilisaient un système de cartouches. Mais dès la fin 1988, on voit apparaître une première utilisation du CD-Rom avec la PC-Engine (ou TurboGrafx-16 en Amérique). Cette console, créée par le développeur Hudson Soft en collaboration avec NEC, a bien marché au Japon et a surtout rencontré un gros succès d’estime qui perdure encore aujourd’hui. La PC-Engine utilisait des cartouches au format propriétaire, les HuCards, mais un an après la sortie de la console, Hudson Soft propose le CD-ROM², une extension pour la console utilisant la technologie CD-Rom, vendu à un prix de lancement de 400 $.

La PC-Engine et son CD-ROM², première console de salon à exploiter la technologie du CD (Source : Obsolete Tears)

La PC-Engine et son CD-ROM², première console de salon à exploiter la technologie du CD (Source : Obsolete Tears)

Du côté de Sega, la Megadrive sort fin 1988 au Japon et en 1989 aux Etats-Unis (il faudra attendre 1990 pour la voir débarquer en France) et utilise également un système de cartouches. Mais dès la sortie japonaise, la firme planche sur un projet de lecteur CD-Rom pour la console, sur le modèle du CD-ROM² de Hudson Soft. Ce sera en 1991 que le Mega-CD (ou Sega-CD pour l’Amérique) est dévoilé par Sega. La première version est disponible fin 1991 pour le Japon et un an plus tard aux Etats-Unis. Il faudra attendre 1993 et une deuxième version de l’extension pour la voir arriver en France. Cependant, le bilan du Mega-CD est fortement contrasté, la faute à la qualité des jeux proposés et à son prix jugé excessif.

Nom de code : Play Station

Du côté du leader de la console de salon, on prépare la riposte à la Megadrive qui se basera également sur un système de cartouche. C’est ainsi que la Super Famicom sort le 21 novembre 1990 au Japon, puis le 13 août 1991 en Amérique sous le nom Super NES  et la 11 avril 1992 en France en tant que Super Nintendo. Cependant, Nintendo avait dans ses cartons un projet de lecteur CD-Rom pour sa console 16-bits, à l’instar du Mega-CD. Dès 1988, un accord avait été signé entre Sony et Nintendo pour la conception d’un lecteur CD pour Super NES. Chez Sony, c’est surtout Ken Kutaragi, ingénieur de talent aux idées novatrices, qui va jouer un rôle important dans l’existence de ce projet qui va bientôt prendre le nom de Play Station. En effet, un certain nombre d’employés de Sony voit d’un mauvais œil l’arrivée de l’entreprise sur le marché des consoles, jugé trop instable.

Prototype du lecteur Play Station, publié dans la presse vidéoludique de l'époque (Source : Wikipédia)

Prototype du lecteur Play Station, publié dans la presse vidéoludique de l’époque (Source : Wikipédia)

Le projet avance bien mais très vite il y a un hic :  le président de Nintendo, Hiroshi Yamauchi, trouve que le contrat passé entre sa firme et Sony est bien trop intéressant pour cette dernière. En effet, il est stipulé dans le contrat que les CDs lus par la future extension Play Station seraient propriété de Sony, Nintendo n’ayant pas la main dessus. Le président trouve ça plutôt problématique et va essayer de contourner ce problème…

Coup de poignard dans le dos 

Nous sommes le 31 mai 1991 au Summer Consumer Electronics Show de Chicago et l’ambiance est effervescente : Sony présente alors officiellement la Play Station qui devient une machine unique capable de lire les cartouches de Super Famicom et les CD Sony construits spécialement pour la machine. La presse est enthousiaste et l’on attend avec impatience la conférence de Nintendo le jour suivant qui devrait lever encore un peu plus le voile sur ce produit innovant. Cependant, un coup de théâtre va se produire…

Ce prototype serait la machine présentée par Sony au CES de 1991. Je manque néanmoins de sources pour confirmer cela. (Source : Gaming Precision)

Ce prototype serait la machine présentée par Sony au CES de 1991. Je manque néanmoins de sources pour confirmer cela. (Source : Gaming Precision)

En effet, lors de la prestation du lendemain, Nintendo donne les détails de son alliance avec… Philips ! En effet, les deux firmes ont mené secrètement des négociations dans le dos de Sony afin de produire un lecteur CD pour la Super Nintendo avec un contrat plus avantageux pour l’entreprise nippone ! Quant au projet de Sony, Nintendo annonce la fin définitive de ce projet et la rupture de son accord avec la firme. La stupéfaction est totale et l’incompréhension cède vite le pas à la colère chez Sony qui vient de se faire trahir sans qu’elle n’ait pu se défendre. Les journaux japonais vont, le lendemain, crier au scandale car Nintendo a trahi une entreprise japonaise pour une corporation qui ne vient pas de l’archipel !

Du SNES-CD au CDi

Faisons rapidement un petit aparté sur le devenir de l’association Nintendo/Philips. Le projet de SNES-CD par Philips a fait long feu et aucun lecteur CD-Rom n’a jamais vu le jour pour la 16-bits Nintendo. Cependant, Philips va développer sa propre console : le CD-i (pour interactif) et selon son contrat avec Nintendo, va développer quatre jeux avec des personnages de l’univers de l’entreprise japonaise : 3 jeux Zelda et 1 jeu Mario. Ces quatre jeux sont aujourd’hui considérés comme des atrocités sans nom et le CD-i fut un flop retentissant pour Philips.

Le CD-i 910 de Philips (Source : Wikipédia)

Le CD-i 910 de Philips (Source : Wikipédia)

Abandonner ou continuer, Sony doit choisir

Chez Sony, on est assommé. Même quand on sait que le monde des affaires est plein de coups foireux, c’est quand même un choc. Surtout pour Kutaragi qui voit ainsi ses efforts réduits à peau de chagrin. La question qui se pose maintenant, c’est que doit-on faire du projet Play Station ? Kutaragi souhaiterait le poursuivre malgré l’abandon de Nintendo mais comme je l’ai dit précédemment, une majorité des cadres et des employés de Sony n’est franchement pas favorable à la poursuite du projet. Une véritable guerre des nerfs va se mettre en place dans l’entreprise et c’est dans ce contexte que se déroule, en juin 1992, la réunion de la dernière chance où le comité directeur va statuer sur la poursuite de l’activité console de Sony.

La première Playstation et sa version light, la PS One (Source : SpeedDemosArchives)

La première Playstation et sa version light, la PS One (Source : SpeedDemosArchives)

La quasi-totalité du comité suggère à Norio Ohga de suspendre toute recherche dans ce domaine. C’est alors que Ken Kutaragi va prendre la parole et, dans un discours cherchant à énerver le président de Sony, va le pousser à continuer le développement de la console, ne serait-ce que pour répondre à l’humiliation de Nintendo. Et cette stratégie va être payante car Ohga va se lancer dans une diatribe enflammée sur le coup de poignard de Nintendo et, achevant son intervention, il va regarder Kutaragi et lui dira : « Do it ! », Fais-le ! Le projet de console est alors conservé et celle que l’on nommera alors la Playstation va sortir le 3 décembre 1994 au Japon.

Si cette histoire vous a plu et que vous souhaitez vous documenter plus intensément, je vous recommande deux ouvrages parus aux éditions Pix n’ Love, à savoir La Révolution Playstation – Ken Kutaragi de Reiji Asakura ainsi que la Bible Super Nintendo qui comporte un passage sur cet épisode. En tous les cas, l’histoire du jeu vidéo serait sûrement différente si Sony et Nintendo avaient effectivement construit le SNES-CD !

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Des liens entre équipes sportives et entreprises,histoire et sponsoring

Dans quelques sports, au football notamment, certains supporters dénoncent la place de plus en plus prépondérante  que tient le sponsoring dans la vie économique des clubs. Il est vrai que beaucoup ont l’impression que les joueurs ne sont devenus que des panneaux publicitaires ambulants, vu le nombre d’entreprises représentés sur les maillots. Le recours de plus en plus fréquent au « naming » des stades, pratique consistant à donner à l’enceinte sportive le nom d’une firme en échange de sous, est au centre d’un véritable débat, entre volonté de laisser au stade une identité vierge de marketing et les impératifs économiques d’un club. Néanmoins, il ne faut pas oublier que certaines grandes entreprises sont à l’origine de la création et/ou du développement de grands clubs renommés, en France ou dans d’autres pays. Dans cet article, je souhaite donc évoquer avec vous, à travers plusieurs exemples, les liens qui existent entre le sport et les entreprises entre « simple » sponsoring et histoire fortement liée.

– L’entreprise liée fortement au club, financièrement, visuellement et/ou historiquement

Je ne pouvais pas commencer cet article sans parler de mon club de rugby de cœur  à savoir l’ASM Clermont Auvergne. Vous vous en doutez, l’histoire du club est fortement liée à l’entreprise dominante de la ville de Clermont-Ferrand, à savoir Michelin. C’est en 1911 que la manufacture Michelin fonde l’Association Sportive Michelin (ASM), qui a pour but de divertir les employés des usines clermontoises. C’est un club omnisport qui certes possède une équipe de rugby, mais aussi des sections football, basket-ball ou encore athlétisme. Cependant, en 1922, l’ASM doit changer de nom pour se conformer à une directive de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) qui interdit aux équipes de posséder le nom d’une entreprise dans leur nom, afin de lutter contre la publicité. Michelin décida alors de changer l’Association Sportive Michelin en Association Sportive Montferrandaise, Montferrand étant le nom d’un quartier de Clermont où se situaient à l’époque les installations du club. Aujourd’hui, l’ASM existe toujours, mais je vous avoue que je ne sais pas si le club de rugby à XV fait toujours partie du club omnisport, ni quelle est la participation de Michelin. L’équipe de rugby s’est rebaptisée ASM – Clermont Auvergne en 2004. Le sponsoring de Michelin ne représente plus que 11% du budget du club, mais ce dernier joue toujours au stade… Marcel-Michelin !

Cet écusson reste encore aujourd'hui celui de l'Association Sportive Montferrandaise.

Cet écusson reste encore aujourd’hui celui de l’Association Sportive Montferrandaise.

Dans l’est de la France, un autre club, de football cette fois, possède des liens très forts avec une grande multinationale. Il s’agit du Football-Club Sochaux-Montbéliard, actuel pensionnaire de Ligue 1. Pour ceux qui ne connaissent pas ces villes, c’est ici que se situent le berceau et le siège historique de Peugeot. En 1928, deux salariés des usines des automobiles Peugeot fondent le club du FC Sochaux. Très vite, le directeur de Peugeot Automobile, Jean-Pierre Peugeot, décide de prendre activement part au club, voulant reproduire la recette de l’AS Valentigney. Ce club s’était constitué autour de l’usine des cycles Peugeot. Jean-Pierre Peugeot va alors développer le FC Sochaux, notamment en salariant certains joueurs dans ses usines, prémices d’un professionnalisme affiché. Aujourd’hui encore, un certain lien existe entre Peugeot et le club puisque le vice-président du club est un membre de la famille Peugeot. De plus, c’est bel et bien le loge de l’entreprise qui est représenté sur l’écusson du club, le lion symbolisant Peugeot, mais aussi la Franche-Comté.

En effet, le Lion du FCSM fait énormément penser à une certaine marque de voitures...

En effet, le Lion du FCSM fait énormément penser à une certaine marque de voitures…

Transportons nous maintenant outre-Rhin. Il m’est nécessaire de faire un rappel historique pour bien comprendre le lien unissant une grande entreprise allemande au VfL Wolfsbourg (VfL Wolfsburg en version originale). Dès l’accession au pouvoir du parti nazi, en 1933, Hitler souhaite moderniser l’Allemagne, notamment dans le domaine automobile. Une grande campagne de construction d’autoroutes est alors lancée. Mais pour utiliser ces autoroutes, il faut bien que les Allemands puissent acheter une voiture. Le pouvoir confie alors à Ferdinand Porsche la tâche de créer une voiture à moins de 1000 marks. La voiture sera nommée KdF-Wagen (la voiture KdF, pour Kraft durch Freude, la Force par la joie, un organisme nazi) et une ville entière, Stadt des KDF-Wagen, sera construite près du village de Wolfsbourg pour construire la nouvelle voiture et loger les ouvriers. C’est plus tard que la KdF-Wagen sera renommée en Volkswagen, ce modèle précis étant appelée Coccinelle en France. Volkswagen est depuis les années 1950 étroitement liée au club du VfL Wolfsbourg. Leur stade, le Volkswagen Arena, se situe près des usines. De plus, dans le rapport d’activité 2009 du groupe Volkswagen, il est noté que le VfL fait partie du groupe. C’est donc une importante histoire qui lie le constructeur automobile à l’équipe.

L'apport majeur de Volkswagen à l'équipe de Wolfsbourg ne se voit pas dans leur logo.

L’apport majeur de Volkswagen à l’équipe de Wolfsbourg ne se voit pas dans leur logo.


Si l’on reste en Allemagne, un autre acteur du football germanique illustre parfaitement le lien entreprise/club. Cela se passe dans la ville de Leverkusen. Dans cette ville se trouve l’entreprise Bayer. C’est une multinationale chimique et pharmaceutique, connue notamment pour l’aspirine. En 1904, des ouvriers de l’entreprise demande à Bayer de les soutenir pour créer un club omnisports, demande acceptée par ce dernier. C’est alors la fondation du TuS der Farbenfabriken vorm. Friedrich Bayer & Co 1904 in Leverkusen, équipe plus connue sous le nom actuel de Bayer Leverkusen. Bayer fait ici totalement partie du club, étant présent dès sa création, présent également dans son nom et son logo. Le club est toujours aujourd’hui la propriété du groupe Bayer.

Le logo de la firme pharmaceutique est l'élément central de l'écusson du Bayer Leverkusen.

Le logo de la firme pharmaceutique est l’élément central de l’écusson du Bayer Leverkusen.

Pour finir avec cette partie, il faut parler d’un club de football néerlandais qui a suivit à peu près la même trajectoire que Leverkusen. Il s’agit du PSV Eindhoven. PSV signifie Philips Sport Vereinging pour Association sportive de Philips. En effet, la multinationale fut fondée à Eindhoven dès 1891. En 1913, pour fêter le centenaire de l’indépendance des Pays-Bas, Philips décide de créer une équipe de football, le PSV Eindhoven, qui restera réservée aux salariés de Philips jusque dans les années 1930. Le club fête cette année ses cent ans et appartient toujours à Philips.

La mainmise de Philips n’apparaît pas sur le logo du PSV

La mainmise de Philips n’apparaît pas sur le logo du PSV

– L’entreprise présente dans le club dans un but de sponsoring et de marketing

Si les équipes que nous avons cités précédemment possèdent des liens historiquement fort avec les entreprises, d’autres ont été totalement phagocytés par des entreprises dans un but de promotion et de visibilité. En France, on peut citer l’Evian – Thonon – Gaillard Football Club. Cette équipe est une descendante directe de l’équipe de Croix-de-Savoie est compte comme actionnaire principal le groupe Danone. Si l’arrivée du groupe en 2006 a permis d’assainir les finances, Croix-de-Savoie ayant dû faire face à de gros problèmes financiers, beaucoup de supporters ont dénoncé les actions de Danone. D’une part, la création de nouveaux maillots roses, assortis au logo de la marque d’eaux Evian, propriété de Danone. D’autre part, la présence d’Evian dans le nouveau nom de l’équipe. En effet, le siège social de l’ETG est à Thonon et l’équipe joue ses matchs à Annecy. Or, Evian n’est là que pour faire de la publicité à la marque d’eaux minérales, le nom Evian étant d’ailleurs écrit avec le même logotype que celui présent sur les bouteilles d’eaux. Certains s’inquiètent des ambitions de Danone à long terme. En effet, si le groupe décide de se retirer du sport professionnel, qui sait ce qu’il adviendra de l’ETG ?

Si le logo de l'ETG reorend celui de Croix-de-Savoie, il rajoute le logo d'Evian au-dessus

Si le logo de l’ETG reorend celui de Croix-de-Savoie, il rajoute le logo d’Evian au-dessus

Retournons outre-Rhin, mais dans un sport totalement différent : le hockey sur glace. Le vénérable club de la ville de Düsseldorf, le Düsseldorfer EG (DEG) fut fondé en 1935. Il fait partie aujourd’hui de l’élite du hockey allemand, la Deutsche Eishockey Liga. En 2001, une grande entreprise de la ville décide de sponsoriser le club. Il s’agit du groupe Metro, propriétaire des magasins de gros du même non. Sous l’impulsion de l’entreprise, le club change de nom en DEG Metro Stars qui restera son nom jusqu’en 2012. Cette année là, Metro décide de se désengager et le club passe tout près de la disparition, ne trouvant pas de nouveaux sponsors. Un grand nombre de joueurs part alors. Cependant, le DEG réussit à se sauver financièrement et participe à la saison 2012/13. Las, les résultats sont catastrophiques et l’équipe finit bon dernier de la DEL. Le sponsoring de Metro n’a jamais permis au club de remporter un titre.

Le logo du DEG à l'époque du sponsoring avec Metro

Le logo du DEG à l’époque du sponsoring avec Metro

Mais l’entreprise qui fait de plus en plus parler d’elle dans le monde sportif, c’est bien Red Bull. Le fabricant de boissons énergisantes possède en effet un grand nombre d’équipe sportives à travers le monde. Si la plus connue est la Team Red Bull en Formule 1, on la retrouve au football (Red Bull Salzbourg, Red Bull New York, Red Bull Brazil, Red Bull Ghana, RB Leipzig) ou encore au hockey sur glace (Red Bull Salzbourg, Red Bull Munich). On sait qu’une grande partie des revenus de la marque est liée à la publicité, la stratégie de Red Bull est donc de sponsoriser le plus grand nombre de clubs. Ce mouvement peut néanmoins paraître inquiétant. Si d’aventure les revenus de Red Bull chutaient, les clubs ne seraient-ils pas condamnés ? De plus, cela conduit à une standardisation des clubs, qui possèdent le même logo, la même stratégie… Ne deviennent-ils pas alors des clubs banals ?

Le logo des Red Bulls de New-York. Le logo des autres équipes possédées par Red Bull suit ce modèle.

Le logo des Red Bulls de New-York. Le logo des autres équipes possédées par Red Bull suit ce modèle.

 

Ce tour d’horizon m’inspire une réflexion. S’il est nécessaire pour une équipe sportive de haut niveau d’avoir des sponsors pour boucler leur budget, il reste dangereux qu’une entreprise possède totalement une équipe. La débâcle du Düsseldorfer EG après le retrait de Metro en est un parfaite illustration. Il faudrait réussir à arriver à un certain équilibre entre les partenaires. A contrario, les clubs liés depuis leur fondation aux entreprises tirent un force de cette histoire. Les liens sont solides et participent à une pérénité de l’équipe, l’entreprise se sentant plus responsable de son existence.

Si vous voyez des erreurs dans cet article, n’hésitez pas à les corriger dans les commentaires. Vos réflexions sont également les bienvenus !