Le Stade des Chartrons : le stade des Girondins qui a disparu du paysage

Long temps de silence sur ce blog. Me voici de retour pour un nouvel article commun avec Tim d’Invisible Bordeaux. Je vais essayer de reprendre des mises à jour *un peu* plus rapprochées. En tout cas, n’hésitez pas à lire les articles que j’écris sur Mandorine !

CityStade

Les Girondins de Bordeaux vont bientôt quitter le Stade Chaban-Delmas pour déménager dans leur nouveau stade dans le quartier du Lac. Mais saviez-vous que dans les premières années du club, les Girondins alternaient leurs rencontres à domicile dans deux enceintes différentes : le Parc Lescure (désormais Chaban-Delmas) et le Stade des Chartrons, très justement situé dans le quartier du même nom ?

Pour faire la lumière sur cette affaire, c’est une nouvelle fois avec Tim d’Invisible Bordeaux que je me suis associé afin d’avoir le fin mot de l’histoire. Par pure coïncidence, Tim venait de recevoir au même moment, une demande de la part de David Ledru, le gérant de l’excellent site Scapulaire.com (la base de données la plus à jour et un très bon guide sur l’histoire des Girondins de Bordeaux), qui recherchait des informations sur les immeubles qui ont remplacé le stade à la demande des descendants d’Olivier Lhoste-Clos, un ancien président du club.

Par où commencer ? L’histoire du club de football des Girondins commence en 1919 où il est créé en tant que section du club “omnisports” dont les racines se situent en 1881, lorsque la Société de gymnastique et de tir des Girondins est fondée (d’où le “1881” qui figure sur le blason actuel du club). La section football est bientôt connue en tant que Girondins Guyenne Sport (suite à la fusion de 1924 avec Guyenne Sports du quartier Saint-Augustin).

Blason actuel des Girondins de Bordeaux

Blason actuel des Girondins de Bordeaux

En 1936, sous la présidence d’Olivier Lhoste-Clos et du secrétaire du club Raymond Brard, les Girondins fusionnent encore avec le Bordeaux FC… et deviennent l’année suivante champions de France amateur de football. Désormais connus en tant que Girondins de Bordeaux Football Club (et à cette époque, leurs maillots s’ornent du désormais célèbre scapulaire), ils essayent de devenir professionnels. Il y a eu précédemment deux équipes professionnelles à Bordeaux : le Sporting Club de la Bastidienne et le Club Deportivo Espagnol de Bordeaux, qui se sont transformés en une seule équipe, le FC Hispano-Bastidienne… Mais l’expérience tournera court. Les Girondins vont alors devenir la seule équipe de football professionnelle de la ville et prennent part pour la saison 1937-38 au groupe B de la seconde division française.

La structure du club prend forme et, avec l’aide financière du Racing Club de France, les Girondins achètent un terrain marécageux dans le quartier des Chartrons, entre la rue de Leybardie et la rue Chantecrit. Cet endroit est destiné à devenir le quartier général de la section football des Girondins – jusqu’alors il jouait au Parc de Suzon à Talence (les bureaux du club se situent alors sur le cours Clémenceau). Des terres arables sont transportées depuis les environs de Bruges pour servir de base à la pelouse. Et par une heureuse coïncidence, la ville de Bordeaux a totalement démonté les tribunes de 10 000 places du stade pensé par Cyprien Alfred-Duprat pour laisser la place à un plus moderne Parc Lescure, inauguré pendant la Coupe du Monde de football 1938. Ces tribunes seront entièrement reconstruites aux Chartrons et ainsi naît le stade des Chartrons.

En haut à gauche : photo de septembre 1938 des Girondins portant leur nouveau maillot au scapulaire, probablement pour leur match inaugural au stade des Chartrons (source: Scapulaire.com). Les deux autres images montrent des matchs en cours au stade. Source en haut à droite: Sud Ouest via Histoire Caychac, en bas : Scapulaire.com (notez la publicité style années 1930 pour le site).

En haut à gauche : photo de septembre 1938 des Girondins portant leur nouveau maillot au scapulaire, probablement pour leur match inaugural au stade des Chartrons (source: Scapulaire.com). Les deux autres images montrent des matchs en cours au stade. Source en haut à droite: Sud Ouest via Histoire Caychac, en bas : Scapulaire.com (notez la publicité style années 1930 pour le site).

Le match inaugural des Girondins dans leur nouveau stade s’est tenu le 18 septembre 1938 et les locaux atomisent Dunkerque 8-1. Selon les journaux de l’époque, le match s’est tenu “en présence d’une foule dense malgré la concurrence faite par la revanche du championnat du monde de demi fond, au stade municipal [Lescure]”. Pourtant, les années suivantes, les Girondins n’étaient qu’un des nombreux résidents de Lescure, partageant l’espace avec les cyclistes, les athlètes et des équipes de rugby. Au Stade des Chartrons, les Girondins jouent vraiment à domicile, dans leur propre stade entièrement dédié au football.

Blason des Girondins de Bordeaux après leur fusion avec l'Association Sportive du Port

Blason des Girondins de Bordeaux après leur fusion avec l’Association Sportive du Port

En 1940, le club s’associe avec l’Association Sportive du Port (une ancre est ajoutée sur le blason du club à ce moment-là), Cette évolution est principalement parce que, en ces temps de guerre, les sportifs des Girondins sont appelés comme pompiers pour le Port de Bordeaux. Le fait de rejoindre le club épargne à ces nouveaux membres du club d’être déportés ou affectés à des tâches comme la construction du Mur de l’Atlantique. Il faut également noter que durant la guerre, les soldats allemands et italiens stationnés à la base sous marine proche utilisaient les installations sportives des Chartrons. Pendant ce temps, retour sur le terrain, les Girondins gagnent la Coupe de France 1941 après une série de finales (le format de la Coupe de France était fortement perturbé par la situation de guerre). Le club ne regagnera pas la Coupe avant 1986!

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Finaliste de la Coupe une nouvelle fois en 1943. Debout à droite, partiellement masqué, leprésident du club, Olivier Lhoste-Clos (source: Scapulaire.com)

Les Girondins ont cependant continué leur ascension sportive et deviennent champions de France pour la première fois en 1950. Ils alternent toujours entre Lescure et les Chartrons jusqu’au 28 septembre 1958 quand le club, alors en 2ème division, devient le locataire principal du Parc Lescure. On peut dire que, selon les archives, le dernier match des Girondins aux Chartrons est, en toute probabilité, une victoire 1-0 contre le Stade Français le 17 septembre.

Les Girondins continuent alors de s’entraîner au stade, qui n’accueille plus de rencontres de haut niveau, jusqu’à 1962 et un changement important. Le club omnisport fait l’acquisition du Domaine de Rocquevieille à Mérignac qui devient le terrain d’entraînement de l’équipe de football. Le stade des Chartrons n’est alors plus d’aucune utilité et est cédé à la mairie de Bordeaux qui a d’ambitieux plans pour cette parcelle de 16 681 mètres carrés qui vient de se libérer : cela pourrait être un endroit parfait pour reloger une partie de la classe ouvrière sur le point d’être expulsée du quartier de Mériadeck, qui devait passer du statut de quartier insalubre d’échoppes à celui de quartier administratif et d’affaires ultra-moderne…

En 1962, le stade est donc démoli et laisse la place de deux grandes résidences: Résidence Chantecrit et Résidence des Chartrons. Cette dernière peut être rejointe depuis la rue Leybardie par une impasse nommée Cité Lhoste-Clos, en mémoire de l’homme qui était à la tête des Girondins entre 1934 et 1945, et qui fut, comme nous l’avons précisé auparavant, l’homme qui a permis la construction du stade des Chartrons.

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Le quartier sur Google Earth et la localisation présumée du stade

 

 

Une vue aérienne du même secteur, repérée par mon ami Vincent Mourgues sur Google Earth et son outil Chronologie.

Une vue aérienne du même secteur, repérée par mon ami Vincent Mourgues sur Google Earth et son outil Chronologie.

Nouvelle vue trouvée sur Géoportail par mon ami Gaël Barreau. La qualité est excellente !

Nouvelle vue trouvée sur Géoportail par mon ami Gaël Barreau. La qualité est excellente !

Après avoir visité les lieux un matin Tim et moi, notre théorie est que l’ancienne entrée principale du stade pouvait se situer à la fin de cette impasse qui est aujourd’hui encore flanquée de maisons qui doivent dater des années 1930 ou des alentours. Bref, nous aimons l’idée que la vue du chemin vers l’entrée du stade a très peu changé. Mais aucune trace de l’héritage footballistique supposé de cet endroit n’est présent là où se serait trouvé le terrain de jeu.

Vue de la Cité Lhoste-Clos et de là où devait se trouver la pelouse du stade.

Vue de la Cité Lhoste-Clos et de là où devait se trouver la pelouse du stade.

À la place, c’est aujourd’hui une combinaison d’immeubles d’appartements, d’agréables espaces verts et de pratiques places de parking. C’est, très fonctionnel et, vu de l’extérieur, semble être un environnement très plaisant pour les résidents de la copropriété.

Du côté de la rue Chantecrit, un “City-Stade” peut permettre à un photographe de prendre un des immeubles de la résidence dans un environnement sportif. Nous pensons avec Tim que c’est à cet endroit que se situait, à l’époque où le stade était debout, une usine de charbon. Avec le temps, les fumées noires se sont déposées sur les tribunes et le stade gagna alors un surnom ironique : le Stade des Charbons.

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Le charbon, comme le stade, est parti depuis longtemps, le quartier a continué à se développer et les Girondins ont continué à grandir pour devenir une des équipes les plus titrées de France. En 1981, la section football devient une entité indépendante du club omnisports (une convention l’autorise à garder le nom Girondins de Bordeaux) et s’installe au Domaine Bel Air, un château situé au Haillan. Cependant, les installations sportives de Rocquevielle continuent à être utilisées aujourd’hui par le club omnisports des Girondins.

En haut : le complexe de Rocquevieille à Mérignac qui est toujours le siège du club omnisport des Girondins. En bas : Le siège du Haillan et les installations d'entraînement du club de football des Girondins.

En haut : le complexe de Rocquevieille à Mérignac qui est toujours le siège du club omnisport des Girondins. En bas : Le siège du Haillan et les installations d’entraînement du club de football des Girondins.

 

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À la redécouverte des grands magasins de Bordeaux

Pour de nombreux Bordelaises et Bordelais, une journée « en ville » est synonyme de shopping dans le quartier de la rue Sainte-Catherine. Mais quelles histoires insolites ou méconnues se cachent derrière ces enseignes ?

Dans le cadre de ce dossier réalisé conjointement avec Invisible Bordeaux et publié sur nos deux sites, nous partons à la recherche des grands magasins d’antan afin d’identifier comment le paysage commercial d’hier contribue aux enseignes d’aujourd’hui. Notre voyage commence aux Galeries Lafayette…

(N’oubliez pas de cliquer sur les images pour les agrandir !)

Les Dames de France / Galeries Lafayette

Le magasin "Aux Dames de France" sur d'anciens cartes postales, précédemment publiées sur le site Commerces Immarcescibles

Le magasin « Aux Dames de France » sur d’anciens cartes postales, précédemment publiées sur le site Commerces Immarcescibles

Les incontournables Galeries Lafayette donc, où l’on distingue clairement sur les murs et certaines vitrines les mystérieuses lettres « DF » ! En effet, pendant plus de 80 ans cet immeuble était celui du grand magasin « Les Dames de France ». Le bâtiment de style néobaroque a été construit en 1900 d’après les dessins de l’architecte Ruben Dacosta et la décoration sculpturale des façades ont été conçues par Gaston Schnegg. Les coupoles aux angles arrondis du bâtiment rappellent celles du magasin Le Printemps à Paris.

Galeries Lafayette

Le magasin était d’abord la propriété des Grands Magasins du Commerce et de l’Industrie (d’où l’inscription le long de la façade côté rue Sainte-Catherine), société anonyme qui a fait faillite en 1902, un an après l’ouverture du magasin. Racheté par la société Paris-France, le nouveau magasin Les Dames de France a rapidement connu un succès important. Tout comme les coupoles, le magasin était alors calqué sur les grands magasins parisiens. La marque a disparu vers 1985 après son rachat par les Galeries Lafayette.

Quelques traces du passage des Dames de France et le magnifique baromètre Naudin & Cie, visible à l'une des entrées du magasin

Quelques traces du passage des Dames de France et le magnifique baromètre Naudin & Cie, visible à l’une des entrées du magasin

Nouvelles Galeries

Non loin de là, l’immeuble qui abrite aujourd’hui les magasins Fnac, H&M, Sephora et Go Sport était autrefois les Nouvelles Galeries, ou « les Nougas » pour de nombreux Bordelais. Inaugurées en 1894, les Nouvelles Galeries ont fermé leurs portes en 2000 pour cause d’une trop grande proximité avec les Galeries Lafayette, et victime de la fusion entre les deux marques en 1991.

A gauche, une vieille carte postale nous montre les anciennes Nouvelles Galeries. Précédemment publiée sur Commerces Immarcescibles

A gauche, une vieille carte postale nous montre les anciennes Nouvelles Galeries. Précédemment publiée sur Commerces Immarcescibles

Cet énorme magasin (16 000 mètres carrés) était équipé de toutes les technologies les plus avancées (ascenseurs…) et servit d’inspiration à l’architecte Paul Auscher pour la création du bâtiment des magasins Félix Potin à Paris. Les « Nougas » bordelais s’étalaient sur plusieurs adresses : 54, 56 et 58 rue Sainte-Catherine, 5 rue Miqueu, impasse de la Merci, ainsi que le 54 rue du Cancera… où sur une ancienne façade (désormais adossé par une résidence moderne) on peut encore apercevoir l’inscription « Grands magasins des Nouvelles Galeries » !

Fronton Nouvelles Galeries

Magasin Vert / Le Printemps

Nous voici sur la Place Gambetta et le magasin que beaucoup associeront longtemps à feu Virgin Megastore. L’immeuble, qui date de la fin du 19e siècle, était à l’origine le Magasin Vert (sa devanture était peinte de couleur verte), à savoir une mercerie familiale fondée par les frères Chaumette, d’abord installée au n°15 place Gambetta vers 1854 avant de s’étendre progressivement sur la place et sur les rues Bouffard et des Glacières.

Ex-Virgin

Suite à la première Guerre mondiale, cette enseigne a fusionné avec les magasins Printemps. C’est sous ce nom printanier que le grand magasin de la Place Gambetta a été connu pendant une grande partie du 20e siècle jusqu’à sa fermeture en 1990. Virgin a repris les murs jusqu’en 2013 en faisant l’empire bordelais du CD et du VHS. L’immeuble est aujourd’hui tristement vide…

Marks & Spencer

Nous sommes devant le magasin Galeries Lafayette Hommes qui, pendant cinq petites années de 1996 à 2001, était un magasin Marks & Spencer. Les prédécesseurs de l’enseigne britannique étaient La Redoute avant que ces derniers ne partent au nouveau centre commercial Les Rives d’Arcins à Bègles (ouvert en 1995).

Marks Spencer

Marks & Spencer accueillait en moyenne 11 000 clients par semaine et, à la fin des années 90, a fait d’énormes efforts en matière de publicité avec pour objectif de fidéliser sa clientèle avant le purgatoire des travaux du tramway qui allait perturber l’activité commerciale du centre-ville. Mais la société-mère a pris la décision de fermer tous ses magasins en France. Les 49 salariés de Marks and Spencer-Bordeaux ont appris cette nouvelle inattendue peu avant l’ouverture du magasin le jeudi 29 mars 2000… La presse et la Bourse étaient déjà au courant ! Marks & Spencer a depuis revu sa position et est revenu en France, mais pas encore à Bordeaux.

Parunis / Tati

Notre tour des magasins se termine devant Tati, où se trouvait jadis le grand magasin Parunis, appartenant aux mêmes propriétaires que les Dames de France (devenues, souvenez-vous, Galeries Lafayette). Le grand magasin a d’abord ouvert en 1887 sous le nom Grand Magasin du Bon Marché, avant d’être donc repris en 1903 par Paris-France. Le magasin est alors devenu « Paris-Bordeaux » puis Parunis.

Parunis

Le bâtiment a été en grande partie détruit en 1986 dans le cadre de fouilles archéologiques qui sont largement documentées . Les restes de trois sites significatifs ont été découverts : d’abord le couvent des Grands Carmes (du 13e siècle, vendu et détruit à la Révolution) ; ensuite, une petite maison romaine, du premier siècle après Jésus-Christ ; et enfin un « mithraeum », temple du dieu Mithra, avec une remarquable statuaire. De nombreuses pièces trouvées sont exposées au Musée d’Aquitaine, notamment une magnifique rosace gothique de l’église des Grands Carmes et un fragment de vitrail du couvent.

Musée d'Aquitaine

Ainsi s’achève notre sortie « shopping » à fort accent historique. Merci à vous de nous avoir accompagnés sur ce parcours et merci à Jean-Paul Devienne d’avoir autorisé l’utilisation des photos anciennes parues d’abord sur son excellent site Commerces Immarcescibles.

Le jour où Nintendo créa la Playstation

Parlons histoire du jeu vidéo aujourd’hui sur le Blogpaper. En effet, je me suis replongé dans l’histoire de la conception de la Playstation depuis que ma douce et tendre m’a offert une PS2 slim il y a quelques temps, remplaçant au pied levé ma PS2 fat tombée au champ d’honneur. Et finalement, c’est vrai qu’on oublie souvent que la création de la console de Sony puise ses origines d’une collaboration avortée avec Nintendo. Beaucoup de sites à travers Internet relate cet épisode de la guerre des consoles, à mon tour de vous narrer cette magnifique aventure qui, si elle n’avait pas existé, aurait changé le monde du jeu vidéo tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Le CD, une invention nippo-hollandaise

Les origines de notre histoire remontent à la fin des années 1970 où deux entreprises travaillent sur un remplaçant du CD vinyl : le japonais Sony Corporation et l’hollandais Koninklijke Philips Electronics N.V (que nous simplifierons, comme tout le monde, en Philips). On sait que les premières expériences en la matière de l’entreprise hollandaise ont commencé vers 1973 et c’est un peu plus tard que Sony développe un tel projet, aux environs de 1976. Ce qui est sûr, c’est que les deux entreprises décident de joindre leurs efforts en 1979 afin de créer le nouveau standard de lecture de musique. Dans le projet, Philips est chargée de concevoir le support CD et la lentille de lecture alors que Sony s’occupe plus spécifiquement du format audio utilisé et de la méthode pour corriger les erreurs de lecture. A l’époque, il ne faut pas oublier que Philips était l’un des acteurs majeurs de la musique puisque l’entreprise possédait entre autres le label PolyGram ainsi que Deutsche Grammophon, label bien connu des amateurs de musique classique.

De gauche à droite : Joop Sinjou, chef du projet CD chez Philips ; Herbert von Karajan, légendaire chef d'orchestre publié chez Philips et Akiyo Morita, président de Sony. (Source : Philips)

De gauche à droite : Joop Sinjou, chef du projet CD chez Philips ; Herbert von Karajan, légendaire chef d’orchestre publié chez Philips et Akiyo Morita, président de Sony. (Source : Philips)

En 1982, les deux corporations lancent donc sur le marché le Compact Disc (CD). Il peut contenir 74 minutes de musique et l’on dit que c’est à la demande du président de Sony, Norio Ohga, qu’il en est ainsi car ce dernier voulait qu’un enregistrement de la 9ème symphonie de Beethoven dirigée par Herbert von Karajan tienne sur un seul CD. En 1985, l’album Brothers in Arms de Dire Straits est le premier CD à se vendre à plus d’un million d’exemplaires et dès 1988, le CD supplante le vinyl en termes de chiffres de ventes. Sony et Philips seront par la suite associés dans d’autres technologies comme par exemple celle du Blu-Ray.

CD et jeu vidéo, une possible association ?

C’est au moment où le CD prend le leadership des supports pour musiques que l’on commence à sérieusement réfléchir à une possible utilisation de ce nouveau média pour les consoles de salon. La tentative du Famicom Disc System de Nintendo, à base de disquettes propriétaires, a fait long feu et la majorité des machines de l’époque utilisaient un système de cartouches. Mais dès la fin 1988, on voit apparaître une première utilisation du CD-Rom avec la PC-Engine (ou TurboGrafx-16 en Amérique). Cette console, créée par le développeur Hudson Soft en collaboration avec NEC, a bien marché au Japon et a surtout rencontré un gros succès d’estime qui perdure encore aujourd’hui. La PC-Engine utilisait des cartouches au format propriétaire, les HuCards, mais un an après la sortie de la console, Hudson Soft propose le CD-ROM², une extension pour la console utilisant la technologie CD-Rom, vendu à un prix de lancement de 400 $.

La PC-Engine et son CD-ROM², première console de salon à exploiter la technologie du CD (Source : Obsolete Tears)

La PC-Engine et son CD-ROM², première console de salon à exploiter la technologie du CD (Source : Obsolete Tears)

Du côté de Sega, la Megadrive sort fin 1988 au Japon et en 1989 aux Etats-Unis (il faudra attendre 1990 pour la voir débarquer en France) et utilise également un système de cartouches. Mais dès la sortie japonaise, la firme planche sur un projet de lecteur CD-Rom pour la console, sur le modèle du CD-ROM² de Hudson Soft. Ce sera en 1991 que le Mega-CD (ou Sega-CD pour l’Amérique) est dévoilé par Sega. La première version est disponible fin 1991 pour le Japon et un an plus tard aux Etats-Unis. Il faudra attendre 1993 et une deuxième version de l’extension pour la voir arriver en France. Cependant, le bilan du Mega-CD est fortement contrasté, la faute à la qualité des jeux proposés et à son prix jugé excessif.

Nom de code : Play Station

Du côté du leader de la console de salon, on prépare la riposte à la Megadrive qui se basera également sur un système de cartouche. C’est ainsi que la Super Famicom sort le 21 novembre 1990 au Japon, puis le 13 août 1991 en Amérique sous le nom Super NES  et la 11 avril 1992 en France en tant que Super Nintendo. Cependant, Nintendo avait dans ses cartons un projet de lecteur CD-Rom pour sa console 16-bits, à l’instar du Mega-CD. Dès 1988, un accord avait été signé entre Sony et Nintendo pour la conception d’un lecteur CD pour Super NES. Chez Sony, c’est surtout Ken Kutaragi, ingénieur de talent aux idées novatrices, qui va jouer un rôle important dans l’existence de ce projet qui va bientôt prendre le nom de Play Station. En effet, un certain nombre d’employés de Sony voit d’un mauvais œil l’arrivée de l’entreprise sur le marché des consoles, jugé trop instable.

Prototype du lecteur Play Station, publié dans la presse vidéoludique de l'époque (Source : Wikipédia)

Prototype du lecteur Play Station, publié dans la presse vidéoludique de l’époque (Source : Wikipédia)

Le projet avance bien mais très vite il y a un hic :  le président de Nintendo, Hiroshi Yamauchi, trouve que le contrat passé entre sa firme et Sony est bien trop intéressant pour cette dernière. En effet, il est stipulé dans le contrat que les CDs lus par la future extension Play Station seraient propriété de Sony, Nintendo n’ayant pas la main dessus. Le président trouve ça plutôt problématique et va essayer de contourner ce problème…

Coup de poignard dans le dos 

Nous sommes le 31 mai 1991 au Summer Consumer Electronics Show de Chicago et l’ambiance est effervescente : Sony présente alors officiellement la Play Station qui devient une machine unique capable de lire les cartouches de Super Famicom et les CD Sony construits spécialement pour la machine. La presse est enthousiaste et l’on attend avec impatience la conférence de Nintendo le jour suivant qui devrait lever encore un peu plus le voile sur ce produit innovant. Cependant, un coup de théâtre va se produire…

Ce prototype serait la machine présentée par Sony au CES de 1991. Je manque néanmoins de sources pour confirmer cela. (Source : Gaming Precision)

Ce prototype serait la machine présentée par Sony au CES de 1991. Je manque néanmoins de sources pour confirmer cela. (Source : Gaming Precision)

En effet, lors de la prestation du lendemain, Nintendo donne les détails de son alliance avec… Philips ! En effet, les deux firmes ont mené secrètement des négociations dans le dos de Sony afin de produire un lecteur CD pour la Super Nintendo avec un contrat plus avantageux pour l’entreprise nippone ! Quant au projet de Sony, Nintendo annonce la fin définitive de ce projet et la rupture de son accord avec la firme. La stupéfaction est totale et l’incompréhension cède vite le pas à la colère chez Sony qui vient de se faire trahir sans qu’elle n’ait pu se défendre. Les journaux japonais vont, le lendemain, crier au scandale car Nintendo a trahi une entreprise japonaise pour une corporation qui ne vient pas de l’archipel !

Du SNES-CD au CDi

Faisons rapidement un petit aparté sur le devenir de l’association Nintendo/Philips. Le projet de SNES-CD par Philips a fait long feu et aucun lecteur CD-Rom n’a jamais vu le jour pour la 16-bits Nintendo. Cependant, Philips va développer sa propre console : le CD-i (pour interactif) et selon son contrat avec Nintendo, va développer quatre jeux avec des personnages de l’univers de l’entreprise japonaise : 3 jeux Zelda et 1 jeu Mario. Ces quatre jeux sont aujourd’hui considérés comme des atrocités sans nom et le CD-i fut un flop retentissant pour Philips.

Le CD-i 910 de Philips (Source : Wikipédia)

Le CD-i 910 de Philips (Source : Wikipédia)

Abandonner ou continuer, Sony doit choisir

Chez Sony, on est assommé. Même quand on sait que le monde des affaires est plein de coups foireux, c’est quand même un choc. Surtout pour Kutaragi qui voit ainsi ses efforts réduits à peau de chagrin. La question qui se pose maintenant, c’est que doit-on faire du projet Play Station ? Kutaragi souhaiterait le poursuivre malgré l’abandon de Nintendo mais comme je l’ai dit précédemment, une majorité des cadres et des employés de Sony n’est franchement pas favorable à la poursuite du projet. Une véritable guerre des nerfs va se mettre en place dans l’entreprise et c’est dans ce contexte que se déroule, en juin 1992, la réunion de la dernière chance où le comité directeur va statuer sur la poursuite de l’activité console de Sony.

La première Playstation et sa version light, la PS One (Source : SpeedDemosArchives)

La première Playstation et sa version light, la PS One (Source : SpeedDemosArchives)

La quasi-totalité du comité suggère à Norio Ohga de suspendre toute recherche dans ce domaine. C’est alors que Ken Kutaragi va prendre la parole et, dans un discours cherchant à énerver le président de Sony, va le pousser à continuer le développement de la console, ne serait-ce que pour répondre à l’humiliation de Nintendo. Et cette stratégie va être payante car Ohga va se lancer dans une diatribe enflammée sur le coup de poignard de Nintendo et, achevant son intervention, il va regarder Kutaragi et lui dira : « Do it ! », Fais-le ! Le projet de console est alors conservé et celle que l’on nommera alors la Playstation va sortir le 3 décembre 1994 au Japon.

Si cette histoire vous a plu et que vous souhaitez vous documenter plus intensément, je vous recommande deux ouvrages parus aux éditions Pix n’ Love, à savoir La Révolution Playstation – Ken Kutaragi de Reiji Asakura ainsi que la Bible Super Nintendo qui comporte un passage sur cet épisode. En tous les cas, l’histoire du jeu vidéo serait sûrement différente si Sony et Nintendo avaient effectivement construit le SNES-CD !

Le métro VAL de Bordeaux, deuxième partie

Tel un monomaniaque, je vais continuer à vous parler d’un sujet déjà évoqué dans ce Blogpaper : l’ancien projet de métro automatique qui aurait dû équiper Bordeaux à la fin du siècle précédent. En effet, j’avais parlé dans un premier article de la chronologie du projet, quand il a apparu et quand il fut enterré. Pour les amoureux de la langue de Shakespeare et ceux qui veulent en savoir un peu plus, n’hésitez pas à vous reporter à ce texte publié chez mon confrère bloguesque, Invisible Bordeaux (encore une fois, un blog d’excellente qualité). Je ne pensais pas revenir sur ce thème jusqu’à ce que je tombe sur un document fort instructif et intéressant : l’évaluation du projet Métro VAL et l’étude d’impact de la première phase.

C'est un beau pavé ça, madame.

C’est un beau pavé ça, madame.

Pour cet article, on ne va donc pas revenir sur le pourquoi de ce projet ni relancer un sempiternel débat métro contre tram, mais vous allez en apprendre plus sur ce qu’avait projeté la Communauté Urbaine de Bordeaux pour ce métro léger qui devait rouler dès 1996/1997 et qui finalement ne vit jamais le jour. Cependant, vous allez aussi voir que les études qui ont été faites pour le projet ont été très utiles pour la construction du futur tramway bordelais…

Hey mais attends ! C’est quoi le document dont tu parles ? Je n’ai pas tout compris !

En fait, vous vous doutez bien qu’une ligne de tramway ou de métro, on ne la fait pas en traçant des traits au hasard sur une carte de la ville. On réalise énormément d’études sur le coût prévisionnel, le type d’infrastructures prévues, l’effet sur les déplacements quotidiens (en gros, est-ce que c’est justifié de construire un tel machin), les répercussions financières et patrimoniales du projet etc. Tous ces documents sont des aides pour les décideurs politiques afin de confirmer (ou d’infirmer) un choix de transport ainsi que pour déterminer quel tracé est le plus intéressant. Toutes ces études sont ici synthétisés en un seul gros document (185 pages) assez simple d’accès qui regroupe les principaux points informatifs sur le projet.

Il a été conçu par l’Agence d’Urbanisme de Bordeaux et la version que j’ai consultée date d’avril 1991. Il se concentre sur la première phase du projet VAL. En effet, comme la construction d’un TCSP réclame de nombreuses ressources financières, on décide le plus souvent de diviser un projet en phases successives. Pour le VAL bordelais, la CUB avait projeté trois phases différentes.

Trois phases ? Et comment allaient-elles être réparties ? 

Le projet avait déjà pas mal été modifié, mais le tracé définitif se composait ainsi. La première phase (celle qui nous intéresse ici) comprenait la créations des deux premières lignes. La ligne A aurait relié la place Ravesies et la gare Saint-Jean, via les Quinconces, la place de la Comédie, la Victoire et les Capucins. Pour la ligne B, on allait la construire entre l’hôpital Pellegrin et l’avenue Thiers, via la Bastide, les Quinconces, la place Gambetta et Mériadeck.

Station Rihour du métro de Lille (vu sur Zoom sur Lille). On peut supposer que l'architecture des stations bordelaises aurait ressemblé à ça.

Station Rihour du métro de Lille (vu sur Zoom sur Lille). On peut supposer que l’architecture des stations bordelaises aurait ressemblé à ça.

La deuxième phase aurait vu la création d’une ligne C, partant de la Victoire ou de la gare Saint-Jean et desservant Pessac et le Domaine Universitaire (enfin). D’autre part, la ligne A s’étendait jusqu’aux Aubiers et la ligne B jusqu’à Mérignac – Mondésir. L’ouverture de ces lignes devait avoir lieu 2 à 3 ans après la première phase.

Quant à la troisième phase, elle aurait dû voir la desserte du Lac, de l’aéroport et des Hauts de Garonne (Lormont et Cenon). Mais il n’y avait pas de date prévue : c’est que ça allait commencer à coûter cher tout ça !

Question technique, tu peux nous en dire plus ?

Pour les habitués des métros de Lille, Toulouse et Rennes, il est facile de vous dire qu’on retrouve le même schéma que dans vos réseaux puisque c’est le même constructeur, Matra (qui deviendra Siemens Mobility France) qui allait être en charge de la construction du réseau. Les stations auraient eu peu ou prou les mêmes architectures que dans ces métros. Le matériel choisi était le VAL 206 comme à Toulouse et à Lille. Dû à l’automatisation totale du réseau, la présence d’agents en station aurait été limitée au strict minimum, voire totalement absente.

VAL206_Ligne_A_Toulouse

En ce qui concerne les voies de circulation, aucune portion n’allait être construite en aérien durant la première phase. Plusieurs méthodes étaient prévues pour réaliser les installations souterraines, mais retenez qu’en grande partie le métro allait être en mono-tube (un seul tunnel pour les deux sens de circulation) et en bi-tube (un tunnel par sens de circulation).

C’est combien le métro que tu as acheté ? Mais non, je ne vais pas crier… COMBIEN ?

Dans le document, l’Aurba prévoit que, pour la construction de la première phase et l’achat des premières rames, la CUB allait devoir dépenser 5,237 milliards de francs 1990. Si l’on ne tient pas compte de l’inflation (on devrait d’ailleurs, veuillez m’en excuser), ça fait à peu près 800 millions d’euros. A titre de comparaison, on considère que le métro de Lille a coûté près de 3 milliards d’euros 2003. Cependant, le réseau lilois est bien plus étendu. La cause du coût élevé du métro bordelais est le fait qu’il aurait fallu creuser très profondément pour éviter d’éventuels éboulements.

Le métro de Rennes est le dernier VAL a avoir été construit dans une ville française (via Wikipédia)

Le métro de Rennes est le dernier VAL a avoir été construit dans une ville française (via Wikipédia)

On peut supposer que les phases ultérieurs auraient préconisé une utilisation plus importante de portions aériennes afin d’alléger la facture. D’ailleurs, la portion Grand Parc – Ravesies était conçue dès le départ comme beaucoup moins profonde pour accueillir une extension vers les Aubiers en aérien.

Bon, les stations, tu peux nous en parler ?

Oh que oui. Ce sera mon dernier point mais il va être très long. En effet, le document indique l’emplacement de toutes le stations prévues en première phase ! En voici le catalogue et vous pourrez dire à vos amis lorsque vous vous promènerez en ville : « Tiens, la station du métro aurait dû être ici ! ». Vous brillerez ainsi en société!

(Je précise que les localisations Google Maps ne sont pas précises au millimètre près. Elles sont là pour vous situer « en gros » les stations).

Ligne A : Gare Saint-Jean <-> Ravesies

Station Gare Saint-Jean

Elle aurait pris place juste en dessous du dépose minute dont on voit l’entrée dans le sous-sol de la cour de départ de la gare. Un accès direct au souterrain desservant les voies aurait été construit et les deux accès extérieurs se seraient situés de part et d’autre du parvis de la cour départ.

Station Capucins

Sans surprise, elle se serait située proche de l’entrée Nord du marché, sous la place du même nom. Une entrée aurait été créée près du marché, l’autre en direction de Saint-Michel.

Station Victoire

Elle aurait été faite sous le cours Pasteur, pratiquement à l’endroit de l’actuelle station du tram B. Trois accès pour cette station : deux près de la Porte d’Aquitaine (presqu’à l’endroit de l’actuel kiosque à journaux), une autre dans un immeuble situé entre la rue Saincric et la rue Henri IV. A noter l’idée de construire une grande gare pour les bus à proximité de la station.

Station Victor Hugo 

Là encore, pas besoin de me lancer dans des explication compliquées : elle se situe à l’endroit même de l’actuelle station de tram Musée d’Aquitaine. Un seul accès était prévu : sur le cours Victor-Hugo, contre le musée. Un accès ascenceur était néanmoins prévu dans l’immeuble à l’angle du cours Pasteur et de la rue de Cursol.

Station Saint-Projet

Vous voyez la place Saint-Projet ? Alors c’est simple : la station est juste en-dessous. L’accès se serait fait en plein milieu de la place et des ascenseurs auraient été placés dans un bâtiment à l’ouest de la place. A noter la profondeur élevée de cette station : 23 mètres !

Station Comédie

Comme son nom l’indique : sous la place de la Comédie, entre le Grand Théâtre et le Grand Hôtel de Bordeaux. Elle aurait fait l’attention d’une décoration plus soignée. L’accès principal aurait été rue Sainte-Catherine, dans l’immeuble où se trouve aujourd’hui l’Apple Store. Un autre accès aurait pris place devant le Grand Hôtel.

Station Quinconces

Attention, on voit les choses en très grand, puisque c’est la station de correspondance des deux lignes avec la présence du poste de commande en prime ! Un gros projet de gare de bus et de cars devait également voir le jour près de la station. Cette dernière, en revanche, n’était pas prévue près de la station actuelle du tram, mais de l’autre côté de la place, à l’angle du cours du Maréchal Foch et des allées de Bristol ! Un autre accès était prévu, toujours cours Foch.

Station Paul Doumer

Située au même endroit que la station de tram C du même nom (décidément !), les deux accès seraient situées au milieu de la place. Une station toute simple !

Station Grand Parc

Contrairement à la station de tram du même nom, la station VAL se serait trouvée beaucoup plus dans la cité, place de l’Europe très précisément. Les accès se seraient fait en face de la chapelle de la Trinité.A noter la disposition particulière de la station : construite juste la chaussée, seul les quais sont en souterrain. La salle des billets se serait située au niveau du sol.

Station Ravesies

Terminus de la première phase, la station se situe à l’angle de la place du même nom et des allées de Boutaut avec de accès de part et d’autre de la rue. Je sais que la place s’appelle Ravezies mais mais dans le document, elle est orthographiée comme ça. Étrange…

Ligne B : C.H.R <-> Thiers-Galin

Station C.H.R.

Assez vaste par les entrées, elle se serait située à l’angle de la rue de la pelouse de Douet et de la place Amélie Raba-Léon, ce qui est peu ou prou la situation de l’actuelle station Hôpital Pellegrin. Trois accès prévus : Sur la rue de la Pelouse de Douet, sur la place Amélie Raba-Léon et rue du Grand Mauran. A noter qu’ne autre variant du tracé de la ligne avait été étudiée et plaçait la station C.H.R. du côté de la maternité, près du Parc Lescure. Le projet a été abandonné.

Station Gaviniès

La station et les entrées auraient pris place sur la place du même nom, là où aujourd’hui on trouve la station tram Gaviniès. Dans la variante étudiée, il était prévue, à sa place, une station Stade Municipal près du parc Lescure, sur les Boulevards.

Station Préfecture

Pour desservir Mériadeck, il était prévu une station rue Claude Bonnier, juste en face de la préfecture. Un accès aurait débouché devant le bâtiment, un autre dans l’immeuble utilisé actuellement par le parking Front du Médoc avec un accès également au niveau de la dalle. Dans la variante étudiée, elle aurait été remplacé par une station Patinoire, placée au niveau de l’actuelle bibliothèque.

Station Raynal

Pour desservir l’autre partie de Mériadeck, une station aurait pris place juste sous la galerie des Beaux-Arts. Galerie qui d’ailleurs devait être démolie pour la construction de la station ! L’accès principal devait se situer en face de la galerie.

Station Gambetta

Elle aurait pris place sous la place du même nom, du côté du jardin nord. Les deux entrées se seraient situées sur la place également.

Station Quinconces

Voir ligne A

Station Bastide

Après la traversée subaquatique de la Garonne, direction la Bastide. La station se serait inscrite dans un projet de reconstruction du quartier (qui sera abandonnée quelque temps plus tard). On l’aurait construite rue Nuyens, une autrée dans un grand centre commercial (non construit) et l’autre dans un grand jardin aménagé qui se serait situé à l’emplacement du parking du cinéma Mégarama.

Station Thiers – Le Rouzic

Juste sous l’avenue Thiers, une station devait être implantée, entre les cours Le Rouzic et la rue Bonnefin (près de l’actuelle station Thiers – Benauge). Deux accès prévus du côté habitations de l’avenue Thiers et un autre côté SNCF Fret. Un variante avait été étudiée pour implanter une station « Calixte Camelle », près de la place du même nom, mais il n’y a pas eu de suite.

Station Thiers – Galin

Et voilà le terminus, installé sur l’avenue Thiers, côté rue Puyol (mais près de l’actuelle station Galin). Dans les environs proches du terminus étaient également prévus un parking relais, un énorme terminus bus et car ainsi que le dépôt-atelier des VAL !

Voilà, vous en savez désormais plus sur le projet de métro bordelais, tel qu’il fut présenté en avril 1991. Après d’autres modifications, il fut finalement abandonné. Mais encore une fois, je voudrais souligner que le travail préparatoire fait a beaucoup aidé pour le projet de tramway : certains stations ont repris l’emplacement prévu pour celles du métro et finalement, les tracés des lignes de tram ne sont pas fondamentalement différents des celles des lignes VAL ! Qui sait, si je tombe sur d’autres découvertes, je vous en reparlerai !

[Tram de Bordeaux] Des images de l’extension du tram C au Nord

Tiens, cela fait longtemps que je n’avais pas parlé de tramway bordelais sur ce Blogpaper. Avouez que ça vous a manqué hein ?
Non ?
Tant pis pour vous car de toute façon, vous n’y couperez pas. Aujourd’hui, on va parler des travaux du tramway. Cet été, les parcours des lignes B et C avaient été quelque peu rétrécis afin de pouvoir faire quelques travaux liés à l’extension de 2014-2015. A Pessac, les voies de la branche vers l’Alouette ont été installées à Bougnard, opération qui ne pouvait se faire sans interruption du trafic pour une certaine période. Du côté de l’extension nord de la ligne, des aménagements ont également été faits, profitant du terminus partiel mis en place à Place Ravezies – Le Bouscat. Me trouvant de passage de ce côté de l’agglomération, j’en ai rapporté quelques photos.

La première chose qui fut faite a été de placer l’aiguillage qui connecte la ligne C au futur tram-train du Médoc (TTM). Rappelons rapidement le principe : c’est une ligne nouvelle qui va partir d’une nouvelle station située sur la ligne C entre Place Ravezies – Le Bouscat et Les Aubiers nommée Cracovie. Cette ligne fait ensuite route vers Bruges et Blanquefort, ce qui va permettre à ces deux communes d’avoir une liaison bien plus rapide avec Bordeaux.

Alors, ce n’est pas vraiment un tram-train, puisque cette appellation désigne en réalité une ligne utilisant voies de tramway et voies de train avec un matériel spécifique pouvant rouler sur ces deux types d’infrastructure (le meilleur exemple étant celui du tram-train de Mulhouse). Dans le cas du TTM, une nouvelle voie type tramway est construite le long des voies de train et uniquement des rames de tramway classique circuleront. On voit donc bien que ce n’est pas un tram-train au sens propre du terme. Après, il y aura peut-être une évolution à long terme vers une véritable infrastructure de ce type. Quoi qu’il en soit, le TTM va apporter une vraie meilleure desserte de ce côté de la CUB.

L’aiguillage de Cracovie a donc été effectivement posé et relié à la ligne C actuelle. D’autre part, le gros oeuvre de la nouvelle station Cracovie a été réalisé, ce qui montre que les travaux ont bien avancé. Le TTM est maintenant prévu pour ouvrir en 2015.

Aiguillage du Tram-train du Médoc sur la ligne C. A gauche (hors image) se situe la future station Cracovie.

Aiguillage du Tram-train du Médoc sur la ligne C. A gauche (hors image) se situe la future station Cracovie.

Du côté de l’extension nord de la ligne C proprement dite, je rappelle que cela consiste en quatre nouvelles stations dont les noms provisoires sont : Berges du Lac, 40 Journaux, Palais des Congrès et Parc des Expositions (plus un dépôt-atelier au delà du nouveau terminus). Du côté des ouvrages d’art, il faut noter la construction d’un nouveau pont au-dessus de la rocade. La date de mise en service a été légèrement modifiée : mise en service partiel vers Berges du Lac en janvier 2014 (dans très peu de temps donc) et totale en 2015.

Autre modification dans le projet : le nombre de voies. Pour réaliser un projet plus économique, l’extension devait consister en une voie unique entre 40 Journaux et Parc des Expositions. Or, il a été voté en conseil de CUB le doublement de la voie car à proximité du terminus, il y a non seulement le Parc des Expositions, mais aussi le futur Grand Stade de Bordeaux, qui va amener un grand nombre de voyageurs. Une infrastructure en voie unique risquait de vite montrer ses limites.

Je me suis promené du côté du nouveau « éco-quartier » en construction du côté du Lac, Ginko, qui sera desservi par deux nouvelles stations : Berges du Lac et 40 Journaux. Il y a encore beaucoup à faire car il reste encore pas mal de terrains vierges, mais ça commence à pousser. Voici quelques images.

Future station Berges du Lac. On voit que le gros oeuvre de la station est pratiquement fini et que les caténaires sont pratiquement installées. C'est donc, à priori, le futur terminus partiel de la ligne C.

Future station Berges du Lac. On voit que le gros oeuvre de la station est pratiquement fini et que les caténaires sont pratiquement installées. C’est donc, à priori, le futur terminus partiel de la ligne C.

Vue de la voie entre Berges du Lac et 40 Journaux. Si la voie est finie, les caténaires ne sont pas posées. Hors image sur la gauche, Auchan et la zone commerciale du Lac

Vue de la voie entre Berges du Lac et 40 Journaux. Si la voie est finie, les caténaires ne sont pas posées. Hors image sur la gauche, Auchan et la zone commerciale du Lac

Vue de la station 40 Journaux. La station est présente mais il reste des travaux à faire. La caténaire n'est pas posée, de même que les poteaux de soutien de cette dernière. Au fond, le lac et à droite (hors image) IBM et Ikea

Vue de la station 40 Journaux. La station est présente mais il reste des travaux à faire. La caténaire n’est pas posée, de même que les poteaux de soutien de cette dernière. Au fond, le lac et à droite (hors image) IBM et Ikea

Voilà ces quelques clichés, je n’ai pas eu le temps de continuer vers le parc des expositions. La page dédiée du blog « Travaux du tramway de Bordeaux » va contenir les nouvelles informations sur l’ouverture de la ligne. Si je le peux, je prendrais de nouveaux clichés sur les autres extensions !

 

 

L’héraldique des clubs de football

Héraldique : adj. et n.f. 1. Relatif au blason 2. L’héraldique : connaissance des armoiries
– Le Petit Robert

Osons aujourd’hui faire un parallèle un peu étonnant. Il faut convenir qu’aujourd’hui, l’étude des blasons et autres armoiries de villes ou de familles nobles n’intéresse plus que certains érudits ou passionnés. Auparavant, la place du blason était pourtant centrale : elle signalait les armées sur le champ de bataille et montrait qui vous étiez (au moins un personnage extrêmement important), elle vous identifiait. Et si les tournois et le système de blasons ont disparu de nos jours, on pourrait se dire que cela a été largement réutilisé par les clubs de football.

On peut partir du principe qu’un match de football est comme un champ de bataille médiéval, le sang et les morts en moins. Or, pour s’identifier et encourager leur équipe préférée, les supporters s’attachent à certains éléments principaux du club, notamment leurs couleurs. Cette dernière était une composante importante de la compréhension du blason et pour certaines équipes, la couleur de leur maillot les identifie immédiatement. Ne parle-t-on pas des Reds de Liverpool, des Blues de Chelsea, des Canaris de Nantes, des Sang et Or de Lens ou encore des Verts de Saint-Etienne (car qui c’est les plus forts, évidemment c’est les Verts) ?

Il y a également une histoire d'étoile, mais on y reviendra un peu plus bas

Il y a également une histoire d’étoile, mais on y reviendra un peu plus bas

Or, outre la couleur, l’équipe de football est également représentée par son écu. Beaucoup d’équipes utilisent aujourd’hui un logo plus marketing pour s’identifier, mais certaines continuent à laisser une représentation proche du blason dans leur écu. C’est flagrant pour celui du Football Club de Barcelone, mais encore pour le nouvel écu de l’OGC Nice, celui de West Ham ou, dans versions plus reliftées et marketing, ceux d’Arsenal ou du FC Nantes.

Outre celles sur les maillots, la couleur joue un rôle capital dans un blason de football. Il est fréquent que les couleurs utilisées soient celles de la ville où le club réside ( à l’instar de l’Olympique Lyonnais ou du Paris Saint-Germain, qui utilise les couleurs bleu et rouge de Paris et désormais la fleur de lys pour Saint-Germain en Laye. Que dire des couleurs rouge et jaune catalanes fièrement exhibées par le FC Barcelone ou les armes bavaroises du Bayern de Munich ?) ou bien de l’entreprise qui a fondé le club (le vert stéphanois rappelant le vert du groupe Casino).

L'ancien écu du PSG était inétressant à plus d'un titre, car outre les couleurs et la Tour Eiffel pour Paris, on y voyait le blason de St Germain en Laye : la fleur de lys et le berceau de Louis XIV

L’ancien logo du PSG était inétressant à plus d’un titre, car outre les couleurs et la Tour Eiffel pour Paris, on y voyait le blason de St Germain en Laye : la fleur de lys et le berceau de Louis XIV

Couleur et forme, on assiste également à a la présence d’éléments sur les blasons, évoquant encore une fois les armoiries du Moyen-Age. La présence d’animaux est souvent remarquée, soit pour commémorer le surnom des joueurs du club (le Dogue du Lille OSC en est un parfait exemple), un lien de sponsoring important (le lion Peugeot pour le FC Sochaux-Montbéliard)  ou plus prosaïquement pour se rattacher à la ville (le lion héraldique pour l’OL ou Chelsea). La végétation n’est pas en reste, pour preuve le chardon trônant en bonne place sur le blason de l’AS Nancy Lorraine. Certains éléments spécifiques, liés généralement à l’histoire du club, peuvent être présents : on pensera aux marteaux ornant l’écu de West Ham FC ou les deux flammes du Liverpool FC commémorant les morts de la tragédie de Hillsborough.

Le blason de Liverpool reste l'un des plus chargés en symboles

Le blason de Liverpool reste l’un des plus chargés en symboles

Enfin, l’élément le plus sujet à controverse concernant sa signification reste l’étoile, pour la simple raison que chacun fait un peu ce qu’il veut. Par convention, une étoile représente dix titres de champion national, ce choix ayant été fait pour l’étoile stéphanoise et les deux de la Juventus de Turin. L’Allemagne a un système codifié et gradué, expliquant la présence de quatre étoiles sur le maillot du Bayern de Munich. D’autres clubs frappent d’une étoile leur blason en cas de victoire en Ligue des Champions (celle de l’Olympique de Marseille en est un exemple). Enfin, il faut souvent chercher dans l’histoire et le palmarès du club la raison de l’étoile… ou pas (les trois étoiles du blason de Manchester City sont purement esthétiques).

Ici, l'étoile dorée symbolise la ligue des Champions gagnée par l'OM

Ici, l’étoile dorée symbolise la ligue des Champions gagnée par l’OM

Ce n’est qu’une première approche et de nombreux éléments ne sont pas traités ou alors très vaguement. Mais vous le voyez, l’analyse héraldique d’un blason de club de foot peut se révéler fort instructif et intéressant. N’hésitez pas à vous documenter si cela vous intéresse (On citera notamment certains articles des Cahiers du Football ou la rubrique Héraldique Tribune du Moustache Football Club).

Carnet de Voyage à Barcelone – Dernière partie

Jour 7 – Musée Picasso/Musée d’Histoire de Barcelone/CCCB/Cathédrale

Ça y est, c’est le dernier jour de visite à Barcelone. Le lendemain sera entièrement consacré à l’aéroport d’El Prat et à notre retour à Bordeaux. C’est donc aujourd’hui que l’on profite de la ville, de son soleil, de ses bruissements. Journée encore une fois chargé, vous allez vous en rendre compte.

Le gros morceau du jour est bien entendu le musée Picasso, qui reste l’un des musées les plus visités de la ville. Situé dans d’anciennes demeures médiévales, il présente un grand nombre d’oeuvres de jeunesse de Picasso. N’espérez pas voir beaucoup de tableau cubistes ou de la période bleue, il n’y en a pratiquement pas. Cependant, les peintures et les sculptures présentées permettent de mieux comprendre l’évolution du peintre, entre ses premières réalisations et la période cubiste la plus connue. Une collection digne d’intérêt, mais une énorme file d’attente… que nous avons contourné grâce à notre Articket précédemment acheté. Il nous a été bien utile, celui-la !

L'intérieur du musée Picasso

L’intérieur du musée Picasso

Se dirigeant vers le CCCB, mon attention se porta vers le musée d’Histoire de la ville de Barcelone, que nous n’avions pas prévu dans notre programme. Comme nous avons un peu de temps, nous décidons de le visiter. En fait, il s’agit de la visite des ruines de la Barcelone antique protégées par un palais gothique qui a été déplacé dessus pierre par pierre au XXe siècle. Très sincèrement, ce fut une excellente surprise : Prix d’entrée raisonnable, ruines bien conservées et bon audioguide, vraiment super !

Reprenant notre route, direction le CCCB, un centre d’art contemporain organisant régulièrement des expositions temporaires. Au moment de notre venue, c’était une exposition sur Pier Paolo Pasolini, le cinéaste et écrivain italien. Si malheureusement, peu de de choses sont traduites en anglais, la scénographie de l’exposition était très bien, permettant même aux personnes ne comprenant ni l’espagnol ni le catalan de comprendre certaines facettes de la vie de ce réalisateur controversé.

Le bâtiment du CCCB allie très bien l'ancien et le nouveau

Le bâtiment du CCCB allie très bien l’ancien et le nouveau

A la sortie du CCCB, ayant encore un peu de temps avant la fermeture des monuments et des musées, nous décidons de repartir vers la Cathédrale, afin de la visiter en entier. Un fois le droit d’entrée acquitté, nous avions accès non seulement à l’église, mais aussi au cloître gothique, au petit musée situé dans le cloître et à l’ascenseur permettant de monter sur le toit ! Visite du toit moyennement rassuré, vu que l’on marchait sur des échafaudages, mais vu superbe, tout aussi superbe que la cathédrale en elle-même, bijou d’architecture gothique qui abrite la tombe de Sainte-Eulalie de Barcelone.

Calme et tranquillité dans le cloître de la Cathédrale

Calme et tranquillité dans le cloître de la Cathédrale

C’est avec la visite de la Cathédrale que s’achève le voyage à Barcelone. J’étais tellement réticent au début, la ville ne m’attirant pas plus que cela. Pourtant, elle jouit d’une richesse patrimoniale et artistique énorme. Barcelone ne ressemble qu’à Barcelone et c’est maintenant à mon tour de vous enjoindre à visiter la capitale catalane. C’est vraiment un merveilleux moment !